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Vinod Seegum, président de la GTU : «Les leçons particulières ne sont pas la création de l’enseignant»
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Vinod Seegum, président de la GTU : «Les leçons particulières ne sont pas la création de l’enseignant»
Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union (GTU), qui regroupe environ 50 000 enseignants du primaire, souligne que les leçons particulières relèvent de la loi de l’offre et de la demande.
Est-ce que la présentation du Nine-Year Schooling (NYS) n’aurait pas dû être suivie d’un vaste débat national avant sa mise en œuvre ?
Nous sommes du même avis. Mais il faut souligner que la ministre a pris son bâton de pèlerin pour expliquer le NYS. Elle était sur une radio privée la semaine dernière. Nous sommes certains qu’elle offrira les explications tant attendues.
Les non-core subjects seront enseignés pendant les heures de classe et non plus après comme dans l’ancien Enhancement Programme. Vous avez dit que 340 Special Teachers seront recrutés. Que feront-ils exactement et combien coûteront-ils à l’État?
Ces 340 Holistic Development Educators seront spécialisés dans l’enseignement des non-core subjects comme la musique, l’éducation physique, le civisme, les valeurs morales, les arts…. Il y a toujours eu une demande pour le recrutement de tels enseignants, et cela ne se concrétise que maintenant dans le cadre du NYS. Ces sujets non-core sont essentiels, mais ils se perdent dans le système actuel, qui est hyper compétitif. Avec ces enseignants et un enseignement pendant les heures de classe, il y aura plus d’intérêt, plus d’uniformité dans les écoles de la République. Si leur salaire est aligné sur celui des enseignants du mainstream, ils coûteront environ Rs 86 millions (Rs 19 575 x 13 x 340).
Lors d’une table ronde sur les ondes d’une radio privée, le secrétaire parlementaire privé Stéphane Toussaint a déclaré qu’un test aura lieu dès l’entrée de l’élève à l’école primaire. Est-ce exact ?
Non, il n’y aura pas de test ou d’évaluation dès l’entrée de l’élève à l’école primaire. Il y aura une observation et une identification, comme cela se fait depuis toujours. La Remedial Education, une autre nouveauté, débute dès la première. Les enfants dits ‘faibles’ seront pris en charge par le Remedial Teacher et retrouveront ensuite leur place dans le mainstream.
Il paraît qu’on n’aura plus de recalés avec le NYS grâce à la Remedial Education ?
C’est ce que préconise le NYS, car il est question de neuf ans de scolarité continue. Le redoublement aura lieu après le Grade 9 (Form 3).
Le CPE prend fin cette année. La nouveauté du Primary School Achievement Certificate (PSAC), c’est le Continuous Assessment (CA) ou contrôle continu. À partir de quel grade (classe), dans quelles matières aura lieu le CA ? Et quel pourcentage de la note du CA par rapport à celle de l’examen écrit ?
C’est bien la fin du CPE et son remplacement par le PSAC. Le contrôle continu ne sera pas introduit pour le PSAC. Ces examens se feront sur la même base que ceux du CPE. Toutefois, le contrôle continu sera introduit pour les non-core subjects et sa mise en place demandera du temps.
Combien gagne un enseignant du primaire, quelle est la fourchette de son salaire ? Et un maître d’école ?
La GTU avait fait de l’alignement salarial dans le secondaire son cheval de bataille et après les négociations, on a réalisé ce rêve. Aujourd’hui, un enseignant du primaire a le même salaire qu’un enseignant du secondaire jusqu’au diplôme. Lorsque les enseignants du primaire obtiendront leur Bachelor of Education (B.Ed) – qui est tant attendu ! –, ils dépasseront le Qualification Bar pour obtenir le même salaire qu’un enseignant du secondaire ayant une licence. Pour l’instant, un enseignant du primaire (et du secondaire), détenteur d’un diplôme, gagne entre Rs 19 575 et Rs 39 575. Quant à un maître d’école, il perçoit entre Rs 30 950 et R 51 575.
Les leçons particulières continuent toujours ! Combien coûtent-elles par matière ?
Les leçons particulières ne sont pas la création de l’enseignant. C’est la loi de l’offre et de la demande. En fait, la gangrène des leçons particulières existe au niveau du secondaire, avec des leçons par matière et par batch. Et avec des fees exorbitants. Tout le monde le sait. Quant au primaire, il n’y a pas de leçons dans toutes les écoles, mais l’attention du public est malheureusement braquée sur le primaire. Injustement. L’enseignant du primaire n’a jamais donné des leçons par matière. Il donne des leçons dans cinq matières (as a package) pour lesquelles il réclame d’habitude Rs 200, mais pas plus de Rs 400 dans les régions huppées. Faites le compte et vous verrez combien cela coûte par matière.
Au niveau de la formation des enseignants, quelles propositions feriez-vous au Mauritius Institute of Education (MIE) à la lumière de votre propre expérience comme enseignant & président de la GTU ?
Nous réclamons toujours une formation en prenant en considération la réalité du terrain. Souvent, ce que l’on apprend au MIE est déphasé par rapport à cette réalité du terrain. Nous voudrions un programme adapté et adaptable. Par ailleurs, le B.Ed proposé il y a 30 ans, n’est toujours pas une réalité. Le MIE Act attend d’être amendé pour que le MIE devienne une Degree Awarding Institution. Nous demandons à la ministre de faire diligence et de considérer le fait que plusieurs enseignants vont à la retraite sans le B.Ed.
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