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Elle accuse le couple qui l’a recueillie de planter du gandia

24 octobre 2015, 12:13

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Elle accuse le couple qui l’a recueillie de planter du gandia
C’est un coup monté. C’est ce qu’affirment Nawaz* et Alisha* chez qui sept graines de gandia ont été retrouvées par la police, le lundi 18 octobre. Le couple est convaincu qu’il s’agit d’un acte de vengeance de la part de Sanjana*, une jeune fille de 14 ans qu’il avait accueillie mais qu’il a dû remettre à ses parents. Elle avait prétendu qu’on l’avait chassée du toit familial alors qu’elle avait fugué. C’est elle qui a confié à la police que ses «bienfaiteurs» cultiveraient du gandia.
 
Suivant ses allégations, le couple s’est pris une douche froide en début de semaine. «Lundi, la police a débarqué chez nous et m’a demandé si nous étions impliqués dans la culture de gandia, déclare l’habitante de Rose-Belle. Ils avaient un mandat pour perquisitionner la maison. Au cours de l’exercice, ils ont trouvé sept graines. Et ils m’ont embarquée.» 
 
Au moment de l’arrestation, Nawaz était sur son lieu de travail. Après avoir appris l’arrestation de son épouse, il s’est rendu au poste de police de Rose-Belle. Sur place, les policiers lui ont expliqué que des informations selon lesquelles Alisha et lui cultivaient du gandia leur avaient été données par Sanjana. 
 
«Pour que je ne sois pas emprisonnée, Nawaz a accepté que l’accusation soit logée contre lui», confie Alisha. En effet, les policiers leur ont dit qu’il fallait que l’un ou l’autre reconnaisse les faits, vu que les graines ont été retrouvées à leur domicile.
 
Le mari a été traduit en cour de Mahébourg, mardi. Ce n’est que hier, vendredi 23 octobre, qu’il a retrouvé la liberté, son épouse ayant réuni la somme nécessaire pour payer sa caution. Quant à l’adolescente, qui serait une enfant à problèmes, elle a été placée dans un Youth Rehabilitation Centre.

Comme leur propre fille

Le couple, qui n’a pas d’enfant, l’avait recueillie par pitié. C’est suivant une photo que l’ami de Nawaz lui a montrée, où on pouvait voir l’adolescente dormir dans un buisson.
 
«On lui a demandé pourquoi elle dormait là et depuis combien de temps elle n’était pas rentrée chez elle. Elle a répliqué que ses proches l’avaient mise à la porte et qu’elle n’avait nulle part où aller. Elle était dans un sale état», explique l’habitante de Rose-Belle. Elle raconte qu’ils s’occupaient d’elle comme si elle était leur propre fille, en lui procurant tout ce dont elle avait besoin. 
 
Mais deux mois plus tard un ami leur avait signalé que Sanjana est, en fait, portée disparue depuis plusieurs mois. «Quand nous avons su où habitaient ses parents, nous les avons informés que leur fille se trouvait chez nous.»
 
Aussitôt alertés, les proches de la jeune fille seraient venus la récupérer. Le départ de Sanjana, souligne Alisha, a été un coup dur pour eux car ils s’étaient attachés à elle. Mais elle s’est dit qu’elle serait mieux chez elle, entourée de ses proches.
 
Ce n’est que quelques jours plus tard que Nawaz a appris que l’adolescente a été placée dans un centre du ministère de l’Égalité des genres. Sanjana, raconte Alisha, n’en serait d’ailleurs pas à sa première fugue. Selon ses recoupements, la jeune fille, qui sortait avec des hommes plus âgés qu’elle, passait souvent la nuit en dehors du domicile familial.
 
*prénoms modifiés

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