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Bras de fer DPP-CCID: suivez notre chronologie pour mieux comprendre l’affaire
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Bras de fer DPP-CCID: suivez notre chronologie pour mieux comprendre l’affaire
Les choses se sont accélérées depuis l’affidavit déposé en cour par le DPPmardi 14 juillet. Dans le document, Satyajit Boolell implique un ancien juge mais aussi le directeur de la commission anticorruption et le directeur des enquêtes de l’institution. Selon le DPP, l’ancien juge lui aurait fait comprendre que s’il acceptait de démissionner, l’enquête initiée dans l’affaire Sun Tans erait abandonnée.
Cette affaire porte sur un avis légal donné par le DPP au ministère du Logement concernant la société Sun Tan Hotels. Compagnie dont son épouse, l’avocate Urmila Boolell est actionnaire.
La commission anticorruption a initié une enquête sur le bail de Sun Tan Hotels Ltd, le 6 juillet, à la suite d’une communication que lui a adressée le ministère du Logement et des Terres. Le DPP aurait donné un avis légal au ministère du logement concernant cette société tout en sachant que son épouse possédait 17,3 % d’actions, à ce moment-là. De plus, le ministère avait accédé à la requête de la compagnie lors d’une réunion à laquelle Satyajit Boolell était présent.
Dans son affidavit, Me Boolell soutient que le directeur général de l’ICAC, Lutchmyparsad Aujayeb, l’a appelé pour lui donner l’assurance que rien ne lui arriverait. Il l’a également invité à donner sa version des faits. Selon Me Boolell, Lutchmyparsad Aujayeb lui a révélé que la commission anticorruption subit d’énormes pressions dans cette affaire. Et c’est ce que lui aurait fait comprendre également le directeur des enquêtes, Chinmunlall Ghoorah.
2 heures : La police convoque le directeur des enquêtes de l’ICAC, Chinmunlall Ghoorah pour qu’il donne sa version des faits sur les pressions dont il aurait fait état au DPP.
6 heures : le directeur des enquêtes est autorisé à rentrer chez lui.
7 heures : cette fois, c’est au domicile du directeur de la commission anticorruption qu’une descente policière a lieu. Cependant, Lutchmyparsad Aujayeb se rendra à son bureau comme à son habitude vers 9 heures.
8 h 30 : L’avocat de Satyajit Boolell indique que la police compte procéder à une descente policière chez ce dernier à Vacoas. Il s’y rend d’urgence.
8 h 45 : Première descente policière au domicile du DPP, à Vacoas. Les enquêteurs du CCID, selon l’avocat Hervé Duval, disent avoir un mandat pour le conduire Satyajit Boolell aux Casernes centrales. Des hommes de l’Emergency Response Services et de la Divisional Supporting Unit - Central sont sur place. L’avocat du DPP, Hervé Duval, objecte et se rend en compagnie du DPP en Cour suprême.

9 h 45 : Deux autres équipes du CCID, dirigées par le surintendant Seeparsad Mannaram, débarquent au domicile du DPP en vue de l’arrêter. Ils repartiront bredouilles 10 minutes après avoir constaté que ni le DPP ni son épouse ne sont sur place.
9 h 45 : Au bureau du DPP, les locaux sont déserts. Tous le personnel s’est rendu en cour en guise de soutien à Satyajit Boolell. Plusieurs membres du barreau sont également présents.
9 h 46 : En cour, présence remarquée d’Arvin Boolell.

10 h 00 : Le DPP se présente devant la juge Ah-Fook Chui Yew Cheong. L’audience se tient en chambre.
10 h 30 : Me Hervé Duval indique que la police a émis un mandat d’arrêt contre lui ainsi que contre Me Anwar Moollan, un autre avocat faisant partie du panel qui défend les intérêts de Me Satyajit Boolell.
11 h 00 : «C’est la première fois de ma carrière que je vois la police essayer d’intercepter un avocat et son client alors qu’ils se rendent devant un juge», commente Me Hervé Duval.
12 h 00 : La juge émet un ordre pour que le CP soit présent pour l’audience.
12 h 15 : Le commissaire de police, Mario Nobin, ainsi que l’ACP Jangi se rendent d’urgence en cour.

12 h 30 : Dans l’enceinte de la cour suprême, c’est l’effervescence. Avocats et membres du bureau du DPP sont présents en force.

13 h 25 : Après plus de trois heures, finalement la décision tombe : tous les mandats d’arrêt émis, incluant celui de Satyajit Boolell ont été annulés.
13 h 45 : «Je remercie Me Glover qui est venu m’apporter son soutien. Je n’ai aucune intention de laisser la police m’impressionner», réagit Me Hervé Duval.
13 h 30 : Dans la cour suprême, les applaudissements fusent. Pendant plus de dix minutes, ceux présents ne cesseront de saluer la décision du judiciaire.
13 h 32 : Me Satyajit Boolell :«Je ne vais pas commenter cette affaire par éthique professionnel. Je laisse le choix à mes avocats de prendre le relais. Dans toute cette affaire, ce sont les institutions qui souffrent et c’est le public qui devient victime. Moi, je reprends ma fonction en toute sérénité et indépendance et je ferai ce que j’ai à faire d’après la loi.»
13 h 36 : Me Raymond D’Unienville : «Je n’ai jamais vu une situation telle que celle que nous venons de vivre. C’est absolument sans précédent. Dans cette situation, le warrant of arrest a été cassé parce qu’il était illégal. Je voudrais vous faire un appel comme journalistes, utilisez tous vos moyens pour ramener l’île Maurice sous la constitution et dans une démocratie.»
13h 39 : Me Antoine Domingue, président du Bar Council : «ça reprend demain. Je suis content de voir que les choses sont allées dans le bon sens. Le bon sens a prévalu, common sense.»
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