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Où est passée la discipline ?
L’indiscipline de nos jeunes est une fois de plus montrée du doigt. À l’heure de la rentrée scolaire, de nouvelles décisions ont été prises par le ministre du Transport, Nando Bodha, pour prévenir les nombreux cas rapportés d’indiscipline d’élèves dans les autobus. Des sanctions seront prises contre ceux qui ne respecteraient pas les règlements et qui récidivent malgré les avertissements.
Dans de tel cas, les «Student’s bus pass» donnant droit au transport gratuit pourraient être annulés et des caméras sont appelées à faire leur apparition dans les autobus bientôt. Pour la psychologue clinicienne Virgine Bissessur, les actes d’indiscipline des élèves sont de plus en plus récurrents. «Il y a un vrai laisser-aller.»
DONNEZ L’EXEMPLE
Dans les écoles, Virigine Bissessur affirme que le personnel «a peur de signaler la situation par peur de l’agressivité de certains parents», souligne-t-elle avant d’ajouter «l’éducation a peur de tout le monde sauf de bien faire».
De leur côté les parents se déresponsabilisent en rejetant la responsabilité sur l’école. Mais selon la psychologue, l’éducation de l’enfant commence à la maison. «Ce sont les pères qui représentent la discipline. Ils ont un rôle d’autorité. Mais à Maurice, le père ne prend que rarement part à l’éducation de l’enfant.»
En ce qu’il s’agit de discipliner l’enfant, Virginie Bissessur parle d’éduquer plutôt que de sanctionner ou de «dresser». «La discipline, c’est exercer une autorité bienveillante sur l’enfant. Afin qu’il ne mette pas en danger les autres, ni qu’il ne se mette en danger. Les parents ne sont pas là pour ‘dresser’ l’enfant mais plutôt pour l’éduquer».
La discipline commence ainsi dès le plus jeune âge de l’enfant. «Dès qu’il commence à marcher et à toucher à tout», précise la psychologue. Cette dernière explique que si on veut que son enfant soit discipliné, il faut être discipliné soi-même. «On ne peut pas dire à son enfant ‘tu ne dois pas frapper ton ami’ alors que l’on est soi-même violent. La violence n’a jamais été une manière d’éduquer. De plus cela a des séquelles sur les enfants. » Il faut donc à tout prix éviter des actions que vous ne souhaitez pas voir adopter par vos enfants – mentir, voler, ou être violent.
Des sanctions en fonction des actes commis
Les sanctions sont nécessaires mais ne doivent pas être abusives. «Sanctionnez votre enfant selon la gravité de l’acte commis. Les sanctions peuvent prendre la forme de suppression de ce qu’aime l’enfant à l’instar de la privation de portable, de TV. Ou on peut le faire faire ce qu’il n’aime pas comme nettoyer sa chambre…»
La psychologue affirme que les sanctions, si elles ne sont pas accompagnées de récompenses pour les bonnes actions, n’ont plus de valeur. «Si on ne fait que sanctionner sans jamais récompenser, au bout d’un moment l’enfant ne voudra plus faire d’efforts. Il faut qu’il trouve un intérêt à bien se comporter.»
Pour Virginie Bissessur, la solution serait de parler à ses enfants et de leur expliquer les choses. «On pense à tort que les enfants ne comprennent rien». Au cas où la situation échapperait complètement aux parents, une aide professionnelle leur serait nécessaire.
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