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On a testé: La Rougaille Créole
La Rougaille Créole, restaurant situé à Grand-Baie, sert du poisson frais et propose un dessert «unique à Maurice»: la fricassée de fruits gratinée. Un excellent choix pour un dîner tranquille, si l’on met de côté l’attente… interminable le jour de notre visite.
HEURE : 20h30, ce mercredi soir. On avait réservé à 20 heures, mais comme arriver à l’heure relève de l’exploit, on a un peu de retard. Qu’importe, notre table est toujours là, en terrasse. Une trentaine de touristes ont déjà envahi le restaurant, situé dans une petite ruelle parallèle à la route royale, à Grand-Baie. Les deux serveurs sont débordés.
AMBIANCE : «A travers ce modeste restaurant, […] nous partageons la joie de perpétuer l’art de vivre à la créole», annonce la carte. Murs peints en orange, terrasse bordée de plantes vertes, sièges en bambou, tableaux représentant des pêcheurs au mur… Nous voilà plongés dans une case mauricienne typique.
En terrasse, avec un peu de vent, le cadre est appréciable mais la vue sur la route semble moins plaisante. Les tables en bois sont simples, grandes – un peu trop même. Il faudra parler fort pour s’entendre, et ce d’autant plus que les motocyclettes pétaradantes interrompent notre conversation à intervalles réguliers.
REPAS : Ce soir-là, après deux rotis et quelques gâteaux zoreilles grignotés devant l’ordinateur au travail, nous n’avons pas trop faim. Dommage, car le choix est varié et les mets servis en abondance: bouillabaisse à la mauricienne, rougaille d’ourites, curry de l’océan, langouste grillée, daube de boeuf, pêche du jour au beurre d’ail et au beurre rouge à l’ail, curry d’agneau aux jacques...
Nous optons finalement pour deux entrées : un gratin de fruits de mer présenté dans son coquillage – divin – et des pinces de crabe plongées dans leur délicieux bouillon. Je fais remarquer à mon voisin de table qu’il n’est pas toujours évident de rester digne en mangeant du crabe, mais lui soutient, droit dans les yeux et bouts de crustacé sur la joue, que c’est au contraire enfantin : il suffit de le regarder faire. On enchaîne sur un rougaille de vielle rouge, accompagné de lalos, pour deux. Et l’on se félicite immédiatement de ce choix: le plat est extrêmement copieux. C’est fin, c’est gourmand, la sauce est parfaite. Rien à redire. On finit sur le dessert fétiche du chef: la fricassée de fruits. «Celle-là, vous ne la trouverez qu’ici à Maurice», nous promet le serveur, tout sourire.

SERVICE : Disponibles et affables, les serveurs sont irréprochables… Mais l’attente, elle, est beaucoup trop longue! Une demi-heure avant de voir une bouteille d’eau se poser sur la table, trois quarts d’heure pour l’entrée, encore vingt minutes pour le plat (qu’on est même allé quémander en cuisine). Un sérieux bémol que la soupe de crabe, aussi succulente soit-elle, ne parvient pas à faire oublier. «Et mentionne bien que nous n’avons pas eu les petits beignets en apéritif !, insiste mon congénère. Tout le monde en a eu, sauf nous!»
VALUE FOR MONEY : Rs 1 000 à deux, avec un rhum arrangé à la vanille, deux entrées à Rs 225 chacune, un plat à Rs 450 et un dessert à deux. C’est certes délicieux, mais plus cher, quand même, que la moyenne. Et l’attente nous rend moins enclins à régler une note salée.
PROCHAINE VISITE : La prochaine fois, on arrivera à l’heure, promis, pour éviter de passer après toutes les tables de touristes. Et on testera le crabe à l’étouffée, à Rs 500. Avec un peu moins d’attente, nous nous sentirons plus disposés, c’est certain, à goûter «l’art de vivre à la créole»…
NOTE : 6,5/10
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