Publicité
Yousouf Ismaël, Chief Executive Officer de Global Finance Mauritius : «L’introduction d’impôt aurait été mal perçue»
Par
Partager cet article
Yousouf Ismaël, Chief Executive Officer de Global Finance Mauritius : «L’introduction d’impôt aurait été mal perçue»
■ Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Finances, affirme avoir présenté un «no-tax Budget ». Comment va-t-il le financer ?
Puisqu’aucune forme d’impôt n’a été introduite, le terme no-tax Budget est approprié. Il était indispensable d’envoyer un tel message, d’autant plus que le taux d’imposition uniforme a été bénéfique à l’économie. Le ministre a présenté un Budget qui favorise l’investissement. L’introduction d’impôt aurait été mal perçue. L’exemption d’impôt pour les petites et moyennes entreprises de même que le recours à la compétence de la diaspora sont des mesures qui vont dans la bonne direction.
Le déficit budgétaire est maintenu à un taux de 3,5 % du produit intérieur brut grâce au fait que les dépenses sont rigoureusement contrôlées. Il y a une volonté pour justifier chaque dépense, aussi minime soit-elle. Le budget de développement passe à Rs 12 milliards. L’émission de titres et celle de bons du Trésor sont autant de moyens devant permettre au gouvernement de remplir ses caisses.
■ Quelle est la face économique cachée de la garantie fournie par Narendra Modi, le Premier ministre indien, à l’effet
que son pays ne fera rien susceptible d’être préjudiciable à l’intérêt de Maurice ?
La convention de non-double imposition a permis tant à l’Inde qu’à Maurice d’envisager de nouvelles perspectives économiques. Les deux protagonistes sont avides d’élargir les perspectives existantes sur le long terme. L’Inde autant que Maurice a tiré le maximum de bénéfices de cette convention. Les pays qui dépendent énormément de l’impôt sur les profits des sociétés sont confrontés au phénomène BEPS, l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Traduisez, la technique utilisée par des sociétés multinationales pour exploiter les failles des règles fiscales nationales dans le seul but d’effectuer un transfert artificiel des bénéfices vers des paradis fiscaux. Maurice n’a pas de choix. Il doit apprendre à se passer des avantages associés à la convention. L’Inde est disposée à aller dans cette direction. La raison est qu’elle se sait gagnante dans le cadre d’un projet de partenariat économique plus élargi. Ce qui inclut également le renforcement de sa posture géopolitique et de ses visées politiques.
■ Quelle est donc la principale implication de l’assurance de Narendra Modi ?
Le secteur des services financiers doit s’adapter aux nouvelles configurations qui se dessinent. Avec l’aide du ministère des Finances, c’est tout à fait possible.
■ Bref, la diversification à l’intérieur comme en dehors du cadre de la convention ne devrait-elle pas constituer une priorité absolue ?
Nous sommes en train d’exploiter des opportunités telles que celles qui ciblent les sociétés engagées dans le secteur de l’assurance captive. L’ouverture de la Bourse de Maurice à l’Inde pour la levée de capitaux est également envisagée. La visite du président des États-Unis est significative, vu que les fonds d’origine américaine peuvent être orientés en direction de Maurice. Nous, au niveau de Global Finance, nous sommes satisfaits que nos recommandations ont été bien reçues. Il ne faut pas négliger la portée de la mesure préconisant l’exemption d’impôt sur les dividendes. Si tel était le cas, c’aurait été au détriment de l’intérêt du secteur. Outre la garantie fournie par le Premier ministre indien, il existe des institutions spécialisées dans la formation du personnel pour le secteur financier. Ce qui constitue un atout considérable dans le cadre de notre projet de diversifier les activités de ce secteur en y introduisant des produits à haute valeur ajoutée. Une autre mesure non moins importante concerne l’exemption d’impôt proposée aux détenteurs de bons du trésor pour les inciter à ne pas retenir les taxes. Nous nous orientons vers le centre mondial de la finance. La diversification est une obligation. L’incitation de gestionnaires de fonds disposant d’importants portefeuilles à utiliser notre juridiction est indispensable. Cela nous aidera à disposer de plus de substances dans ce secteur.
■ Quels sont les travers qu’il faut éviter dans le cadre de campagnes de promotion du secteur des services financiers ?
L’union fait la force. Toutes les parties concernées devraient travailler de façon cohérente et concertée. Elles doivent toujours privilégier une posture proactive. Le contraire ne nous fera que du tort. Tel est notre défi. Avec l’accord du Sénégal, de Madagascar et de Ghana de mettre à la disposition de Maurice des zones de développement économique spécifiques, Maurice sera au coeur de l’Afrique. Maurice a besoin de l’Afrique. L’Afrique a besoin de Maurice. Il nous faut des conseillers en matière d’investissement et d’économie de calibre. Ceux-ci devraient travailler en étroite collaboration avec les ambassades. Il faut redonner à la diplomatie économique ses lettres de noblesse.
Publicité
Publicité
Les plus récents