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Navigation: les pièges de la passe de l’île Plate

17 mars 2015, 18:30

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Navigation: les pièges de la passe de l’île Plate

«La mer des Charpentiers.» C’est ainsi que se nomme la passe de l’île Plate. Elle est surtout réputée pour sa dangerosité. Le samedi 14 mars, une touriste française, Josiane Guibert, y a laissé la vie. Elle se trouvait avec d’autres touristes sur le trimaran Babacool lorsqu’une grosse vague l’a projetée par-dessus bord et comme elle ne savait pas nager, le drame est vite arrivé. Il y a quelques années, un skipper avait également été propulsé hors de son bateau dans la passe. Il n’avait pas survécu. Pourquoi l’endroit est-il si périlleux ?

 

«La passe se trouve entre deux récifs et les vagues qui déferlent l’obstruent», soulignent, en substance, des habitués des lieux. Il faut dire que la mer des Charpentiers est étroite. Elle ne fait que neuf mètres de large.

 

LA NCG AVISE DU DANGER

 

Les officiers de la National Coast Guard (NCG) expliquent, pour leur part, que quand la mer des Charpentiers est obstruée, les sorties hors lagon sont risquées. Les skippers et les pêcheurs sont informés du danger et ils doivent rebrousser chemin.

 

«La NCG est équipée d’un bateau doté d’un moteur puissant mais quand la passe est obstruée personne n’ose s’y aventurer», fait ressortir un officier de la NCG de Grand-Baie. Il ajoute que des skippers font souvent fi des conseils. «C’est dangereux car les vagues arrivent par surprise sans que les skippers puissent réagir.»

 

«Aux skippers de décider s’ils veulent prendre le risque ou non»

 

Christian Bon, skipper ayant 23 ans de service, confirme que les officiers de la NCG avisent les skippers du danger. «Mais c’est aux skippers de décider s’ils veulent prendre le risque ou non, fait-il ressortir. Ils doivent réaliser les dangers qu’ils courent.»

 

Un autre skipper abonde dans son sens. «Certains, précise-t-il, attendent le calme» avant de s’aventurer dans la passe. «Même les pêcheurs rencontrent des problèmes quand ils vont pêcher. Ils entrent dans la passe oui, mais ils n’arrivent pas à en sortir», confie-t-il.

 

«La mer des Charpentiers n’est jamais calme»

 

Qu’en est-il de la houle sourde, phénomène dont aurait été victime la Française Josiane Guibert? «La houle sourde est constituée de trois vagues. La première est faible, la deuxième forte et la troisième puissante», révèle le skipper.

 

«Quand il y a des houles sourdes, on attend les trois vagues passer avant d’accéder à la passe», raconte, pour sa part, Jérôme Émilien, 64 ans. Pêcheur depuis plus de 40 ans et habitué des lagons du Coin de Mire, il avoue que la pêche est fructueuse de ce côté. Toutefois, prévient l’habitant du Nord, «la mer des Charpentiers n’est jamais calme».

 

Les habitués des lieux affirment que depuis quelque temps l’accès à la passe de l’île Plate et l’îlot Gabriel est devenu difficile en raison des coraux qui l’ont bouchée. «Kan la passe bouse, kan enn vague vini, li vinn craze lor la passe ek li vinn en houle, li fer resac, li vinn pli fort», déclare le pêcheur.

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