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Tamarin: Abdool Mamode partage son art inspiré de la mer

13 mars 2015, 04:55

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Tamarin: Abdool Mamode partage son art inspiré de la mer

C’est un personnage qu’on ne présente presque plus à Tamarin. Abdool Mamode a été l’un des premiers à se lancer dans la création de bijoux en épines d’oursins dans cette localité dans les années 80. Artiste, créateur de bijoux et de mobiles, il a aussi un parcours qui se raconte et se partage à travers son art.

 

Dans son atelier, c’est une table avec un assortiment de coquillages, oursins, fils et matériaux en tous genres qui sert de lieu de création. Dans cette pièce, se trouve une cuvette remplie de ses trouvailles, ces trésors dont la mer de Tamarin regorge et qu’il va ramasser tous les jours : bois flottants, os, coquillages ou autres débris qui attirent son attention.

 

Des cadeaux de la mer

«Je me fais un devoir de marcher sur la plage tous les matins. Je ramasse les épines d’oursins qui sont la base de mon travail mais il y a aussi plus rarement des fragments de vrais trésors», déclare-t-il d’un air mystérieux en montrant un morceau de porcelaine, de bois d’ébène et d’autres pièces qui, selon lui, viendraient des vestiges d’un ancien navire ayant fait naufrage dans la baie de Tamarin.

 

Ces cadeaux de la mer, il en est reconnaissant car c’est ce qui lui a permis de gagner sa vie pendant des années et de se faire un nom dans le domaine de la production de bijoux. Maintenant c’est plus à la fabrication de mobiles qu’il s’adonne.

 

Pendant tout le temps que nous lui parlons, chaque mouvement de l’air fait tinter ses créations. Des sons variés créés par les éléments cristallins que sont les «crayons disab» (NdlR, épines d’oursin) mélangés aux colliers ou autres coquillages et bouts de bois que rejette la mer.

 

«Chaque pièce est unique, souvent personnalisée selon la commande. Chaque morceau utilisé a d’ailleurs baigné dans la mer de Tamarin qui fournit un bois déjà traité avec aussi une histoire derrière.»

 

Comme ses matériaux, Abdool Mamode a longtemps bourlingué avant de rentrer au port : il était marin. Marié à une artiste française, il a sillonné l’Europe et des pays d’autres continents, exposant aux côtés de son épouse qui, elle, peignait. «La Bretagne, l’Espagne, l’Angleterre, la Grèce, la Turquie, l’Australie sont quelques-uns des régions que nous avons découvertes ensemble», raconte-t-il.

 

Partager son art

Il a toutefois perdu sa muse il y a 15 mois et c’est une nouvelle expérience de la vie en solo qui a débuté. «Ses oeuvres sont encore là et moi j’essaie de continuer à laisser place à ma créativité. Notre art était un art qui se partageait plus qu’il ne se vendait», confie celui qui offrait ses trésors surtout aux amis.

 

Pour continuer dans cet élan de partage, il ouvre les portes de son atelier au public, à ceux qui voudraient découvrir le travail fini de ses matières de prédilection ou l’artiste qu’il est. «J’ai toujours été partisan de ce concept convivial et familial où on reste porte ouverte, donc si quelqu’un passe par Tamarin et veut venir à l’atelier, c’est en face de l’église», dit l’artiste qui aspire à un renouveau dans ses créations.

 

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