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Inondations côtières: ces régions qui se noient

30 décembre 2014, 04:57

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Inondations côtières: ces régions qui se noient
Plus de dix ans que, l’on attend des solutions. Dans certaines zones jugées aujourd’hui à risques, l’inquiétude gagne les habitants dès qu’apparaissent les grosses averses. Ces deux dernières semaines ont mis leurs nerfs à rude épreuve, et cela, malgré la présence du nouveau ministre de l’Environnement, qui a même fait une descente sur le terrain. Et tandis que le changement climatique est mis en cause, les inondations ne cessent de s’intensifier sur les régions côtières.
 
Quatre-Soeurs, Grand-Sable, Rivière-des-Galets… Ces régions côtières font toutes face à des inondations : d’une part, il y a la montée du niveau de la mer et d’autre part les eaux de pluie qui s’accumulent, surtout dans les maisons et les cours se trouvant sur le littoral ou en aval des ruisseaux et rivières.
 
Par exemple, à Rivière-des-Galets, un habitant de la région souligne qu’à chaque grosse averse, l’eau attaque ces habitations des deux côtés : par la mer et la terre. La raison : des habitats ont été construites sur le passage de l’eau sur des terres appartenant à l’État, il y a plus d’une vingtaine d’années. Ne sachant pas le danger que cela comportait, des générations se sont succédé sur ces terres et sont aujourd’hui menacées par les flots.
 
À Cité Vallijee, les drains ont permis l’évacuation de l’eau.
 
Si le gouvernement précédent avait un plan directeur pour résoudre le problème des inondations dans ces régions, la protection des côtes ne suffisait pas : il fallait aussi un vaste projet de réhabilitation et de sensibilisation.
 
Cependant, le gouvernement actuel compte revoir ces projets. D’ailleurs, Maurice s’est garanti l’obtention de fonds d’aide de la United Nation Framework Convention on Climate Change.
 
Pourtant, durant ces cinq dernières années, le pays n’a cessé de se battre contre la montée des eaux et les inondations. Des travaux ont été complétés sur les plages de Poudre-D’Or et de Cap-Malheureux, au coût de Rs 32,8 millions en 2013. Les plages de Grande-Rivière-Sud-Est, Quatre-Soeurs, Baie-du-Cap et Bain-Boeuf ont subi le même type de travaux.
 

«Des maisons ont été construites sur le passage de l’eau.»

 
D’autres projets de protection ont coûté quelque Rs 200 millions. Il y a même eu la publication d’un rapport. Des experts japonais s’étaient déplacés à Maurice pour réaliser des études avant d’entamer les projets et créer un cadre permettant au gouvernement de réagir aux différents cas de figure. Le rapport intitulé National Climate Change Adaptation Policy Framework a pour objectif d’intégrer le changement climatique dans toute politique ou dans toute stratégie de développement couvrant plusieurs secteurs.
 
Un Climate Change Information Centre a ainsi été ouvert au sein même du ministère. Ce centre, doté des outils informatiques nécessaires, agit comme un guichet unique pour recueillir, en temps réel, toutes les informations disponibles au niveau mondial sur le changement climatique.
 
Dans le cadre du programme Climate Change Adaptation Programme in the Coastal Zone of Mauritius, des projets avaient démarré dans les zones côtières les plus vulnérables, notamment à Mon-Choisy, Rivière-des-Galets et Quatre-Soeurs. D’ailleurs, un terrain a été acquis à Quatre-Soeurs pour la construction d’un centre de refuge destiné aux populations en cas de raz de marée. Il y a aussi eu la mise en terre de plus de 20 000 mangroves pour lutter contre l’érosion à Grand-Sable et à Quatre-Soeurs. Ces travaux n’ont semble-t-il fait que ralentir la dégradation.
 
Une rivière en crue ? Non il s’agit d’une route inondée à Pailles.
 
Comment le pays se retrouve-t-il dans cette situation ? Selon des experts du monde entier, les phénomènes météorologiques extrêmes créent des conditions qui font grimper le niveau de la mer. Il faut y ajouter des vents violents et une faible pression atmosphérique qui peuvent être causés par les cyclones tropicaux ou des dépressions tropicales.
 
Ces vents agissent sur la marée ; de grosses vagues, qu’elles soient mues par des vents locaux ou par la houle associée à des tempêtes lointaines, sont à l’origine de la hausse du niveau des eaux et peuvent provoquer de grandes vagues et être dommageables lorsqu’elles atteignent la côte. Déjà qu’en temps normal, le niveau élevé des marées est causé par les variations dans le cycle de marée astronomique. Mais lorsqu’une tempête frappe une île durant la marée haute, le risque d’inondation augmente de manière significative.
 
Dans les régions comme Grand-Sable et Rivière-des-Galets, les effets des tempêtes, sont combinés aux rivières en crue, aux bassins en aval des montagnes, entre autres. Ceci a un effet aggravant lors de grosses averses, occasionnant des inondations. Il est important de noter que les inondations côtières sont différentes des inondations de rivières, qui sont généralement causées par de fortes précipitations. Sur les côtes, c’est l’effet conjugué d’eau de mer et de pluies qui prend au piège une région.
 
Cependant, la solution est d’évacuer la région et de permettre aux populations de trouver refuge ailleurs lors des intempéries. Et ce, pour éviter des drames.
 
 

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