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On a testé: Palais de Barbizon, à Chamarel

9 novembre 2014, 09:21

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On a testé: Palais de Barbizon, à Chamarel
Heure : Presque 15 heures. On se croirait à l’heure espagnole, si loin du fuseau horaire mauricien en matière de repas! Nous avions cependant pris soin de passer plus tôt, pour demander les heures du service. La salle était archi comble à ce moment et le maître de céans nous a dit qu’il servait jusqu’à 14h30-15 heures. Nous l’avons prié d’attendre que nous revenions des terres de sept couleurs. J’ai tout fait pour que nous les visitions au pas de course, parce que question couleurs, celles des plats du Palais de Barbizon sont beaucoup plus chatoyantes à mon goût.  
 
 
Ambiance : Le gros des touristes arrivait quand nous partions des terres de sept couleurs. Il reste cependant deux ou trois grandes tablées. Ce qui contraste grandement avec la ruche d’avant. Mais avec une gamine de trois ans et un bébé de deux mois, question ambiance, on n’a pas besoin des autres.  
 
Les tables et les chaises sont hétéroclites, en bois, en plastique, certainement achetées au gré des rentrées d’argent, de l’usure des précédentes et de l’augmentation du nombre de convives. Les murs sont peints à grands coups d’éponge, en orange et blanc. Deux «fresques» les ornent, l’une représentant la mer, le Coin de Mire et une pirogue, façon collégien, et  l’autre, plus imaginative, des hommes qui dansent, comme des ombres étirées. Le restaurant est annexé à la boutique des propriétaires, aussi chargée de produits que le restaurant est vide de décoration, à part deux cartes postales de Barbizon, une tortue «empaillée» et des fils qui pendent. C’est en effet le village français de Barbizon, connu comme celui des peintres pré-impressionnistes, qui a donné son nom à ce palais.  
 
Service : Rico et sa belle-sœur officient. Madame L’Intelligent, le grand chef, vient sur la fin. Nous la félicitons chaudement. C’est la cuisine du cœur, celle de la maman, de la maison. Et le service est identique : simple, sans fioritures, naturel. Je demande à Rico s’il a du cochon marron et, bon magicien, il exauce mes voeux. Me dit que cela coûtera Rs 1 000 mais il n’en est rien. La surcharge est minime. Et le cochon maxime. Les dames se prêtent avec patience et sourire au jeu de photos de l’un de nous, tombé en admiration devant tant d’authenticité.
 
 Le repas : Le principe est simple : pas de carte, un seul menu identique. Mais il est composé de plusieurs plats à partager : le fameux cochon marron, façon rôti, mais un peu moins épicé, poisson à la créole, curry de poulet, salade de gâteaux piments, gros pois, brèdes songes, épinards avec bringelles, chouchou, pommes de terre avec cresson.  
 
Et là, je marque dix points d’un coup. Mes hôtes n’en reviennent pas. Ils ne savent pas quels plats ils préfèrent. Ils sont aux anges devant un tel péché de gourmandise. C’est de la cuisine que l’on ne trouve qu’ici. Tellement loin des sempiternels restaurants qui font de la nourriture «mauricienne, chinoise, indienne, européenne», qui, en fait, se limite toujours à la même chose... Le cochon est meilleur qu’à Rodrigues, c’est dire! Sûrement parce qu’il est «marron». Toute comparaison avec les taxis est par contre totalement inappropriée. Il y a encore la banane flambée en dessert, mais nous n’en pouvons plus.  
 
Value for money : Rs 2 000 pour cinq adultes avec deux bouteilles de bière et de l’eau. Le menu, sans le cochon, est à Rs 350 ! Et cela fait des années que ce prix n’a pas changé. Il est toujours affiché sur le mur, gravé sur une plaque d’immatriculation résistant aux méfaits du temps qui passe et du temps qu’il fait. De nos jours, Rs 350, c’est bien souvent le prix d’une seule entrée.  
 
Prochaine visite : Ce serait dommage d’attendre un autre séjour de proches. Dès qu’il sera possible de faire une virée à Chamarel. Et puis discuter avec Rico (bonne source pour tout journaliste qui se respecte), c’est aussi pittoresque que les terres de sept couleurs.  
 
NOTE :7,5/10  

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