Publicité
VIH/SIDA: la transmission hétérosexuelle gagne du terrain
Par
Partager cet article
VIH/SIDA: la transmission hétérosexuelle gagne du terrain
Si les cas de transmission du VIH par voie intraveineuse diminuent, on assiste, par contre, à une hausse dans la transmission hétérosexuelle. Ainsi, entre 2009 et 2013, le pourcentage est passé de 58,9% à 72% chez les femmes et de 10,3% à 36,4% chez les hommes.
Autant les nouveaux cas de transmission du VIH par voie intraveineuse diminuent depuis 2005, autant on assiste à une légère hausse dans la transmission hétérosexuelle. C’est ce qu’indiquent les Gender Statistics du ministère des Finances, de même que celles du ministère de la Santé sur le VIH/SIDA pour les mois de janvier et février 2014. Les cas de transmission du virus par voie hétérosexuelle sont passés de 10,3% à 36,4% chez les hommes entre 2009 et 2013, et de 58,9% à 72% chez les femmes durant la même période.
Le Dr Renganaden Poonoosamy, Acting Officer in Charge à l’AIDS Unit, parle de «petite augmentation». Malgré cela, souligne-t-il, il faut redoubler les campagnes de prévention. Nicolas Ritter, président de l’association Prévention, information et lutte contre le sida (PILS), pense que cette augmentation, si petite soit-elle, doit interpeller. «Compte tenu que la grande majorité des homosexuels se marient pour diverses raisons, menant une double vie, il y a un facteur de vulnérabilité chez les femmes. Il faut être vigilant car une épidémie à transmission sexuelle est beaucoup plus compliquée à gérer.»
Il estime que le moment est venu pour l’État d’introduire le Premarital Counselling. En sus de tous les documents à produire lorsqu’un couple se marie civilement, il devrait obligatoirement y avoir un certificat d’un médecin attestant avoir abordé la question des infections sexuellement transmissibles avec lui et lui avoir proposé le dépistage. «La décision à propos du dépistage devrait revenir au couple, mais le certificat médical devrait être obligatoire», pense Nicolas Ritter.
Réduction de risques
Par contre, en ce qui concerne la transmission du virus par injection de drogue par voie intraveineuse, les statistiques révèlent une baisse apparente: de 92% en 2005 à 38,1% en 2013 et 40% par la même voie pour les mois de janvier et février 2014. Une tendance baissière que le Dr Renganaden Poonoosamy impute à l’introduction du programme d’échanges de seringues et la distribution gratuite de méthadone.
Nicolas Ritter est plus nuancé. «Il est possible, grâce à ce programme de réduction de risques, que pratiquement tous les usagers de drogue par voie intraveineuse aient été testés. Mais je dis qu’il faudrait affiner l’analyse.» Car, souligne-t-il, un groupe n’est pas du tout considéré par les autorités.
Il s’agit des personnes homosexuelles et bisexuelles vulnérables au VIH, que ce soit par voie intraveineuse ou par voie sexuelle. Les deux études comportementale et biologique menées par PILS auprès de 340 homosexuels et bisexuels en 2010 et 2012 indiquaient un taux de prévalence du VIH de 8% et 20% respectivement. «Malgré une éventuelle marge d’erreur, c’est élevé. Or, ce groupe n’a jamais été testé par les autorités», affirme le président de PILS.
Publicité
Publicité
Les plus récents