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Dîner annuel de la MCCI: test de crédibilité pour Ramgoolam face aux opérateurs économiques
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Dîner annuel de la MCCI: test de crédibilité pour Ramgoolam face aux opérateurs économiques
Les opérateurs économiques auront les yeux braqués sur Navin Ramgoolam ce vendredi 27 juin. La première sortie du Premier ministre en tant que ministre des Finances, poste qu’il occupe depuis le départ de Xavier-Luc Duval, est très attendue dans la sphère économique.
L’actualité politique des dernières semaines ayant fait passer le secteur au second, beaucoup s’attendent à ce que Navin Ramgoolam redresse la barre. Un discours du type « business as usual » sera probablement de mise, pensent certain, à l’instar de l’observateur politique Rajiv Servansingh. Le but pourrait être de convaincre les opérateurs que le gouvernement garde le cap.
«Comme ce sera sa première déclaration publique sur l’économie, Navin Ramgoolam se saisira de ce forum pour remettre l’économie au centre des priorités de son gouvernement et rassurer la communauté des affaires sur le fait que la relance des investissements occupera une place de choix dans son agenda», estime l’observateur.
Une analyse que partage Ahmed Parkar, Chief Executive Officer du groupe Star Knitwear et président du Joint Economic Council (JEC). Face à l’incertitude qui règne actuellement dans le monde des affaires, souligne-t-il, il est nécessaire de redonner confiance aux chefs d’entreprises et aux investisseurs locaux et étrangers. «Les investisseurs n’aiment pas agir dans le flou ou quand il a un manque de visibilité à court et moyen termes dans les affaires», soutient le patron de Star Knitwear.
Et d’ajouter que d’ores et déjà, d’importants défis économiques se dressent. Ahmed Parkar cite notamment l’absence de réformes structurelles pour poursuivre celles qui ont été enclenchées en 2006.
De son côté, le directeur du JEC, Raj Makoond, souligne que le pays doit exécuter des réformes structurelles pour créer de nouveaux espaces afin d’attirer des investissements privés dans des secteurs économiques traditionnels et émergents. «Maurice doit avoir un taux d’investissement de 30 % (contre 21 % actuellement) pour qu’il puisse raisonnablement viser un taux de croissance de 6 %. Pour le moment, on est loin du compte», poursuit le directeur du JEC.
Toutefois, le Managing Partner d’Ernst & Young, GeraldLincoln, a une autre lecture.Dans une déclaration àl’express récemment, il avaitindiqué qu’il ne croyait pas«dans ces réformes structurelles auxquelles on fait référence actuellement pour doper la croissance. Il y a forcément certains secteurs qui nécessitent un nouveau dynamisme, voire un re-engineering. Mais je ne pense pas qu’il faut aller aussi loin pour parler de réformes».
Quant à Swadicq Nuthay, il pense, néanmoins, que le Premier ministre tentera, ce soir, de fixer le cap et de définir sa feuille de route jusqu’aux prochaines élections. «Il doit envoyer des signaux forts pour montrer que son gouvernement a la situation bien en main.»
D’autres opérateurs se montrent plutôt sceptiques. Le discours de Navin Ramgoolam, disent-ils, sera un «non-event». «Fidèle à son habitude, il essaiera de noyer le poisson car il sait bien qu’il ne dispose pas d’une grande marge de manoeuvre pour amener de véritables réformes économiques», expliquent-ils.
Les attentes seront grandes ce soir. Reste à voir si Navin Ramgoolam réussira son show, en attendant celui de novembre : la présentation de son premier budget.
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