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Affaire Dantier: l’inspecteur Murugesan entre en piste onze ans après
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Affaire Dantier: l’inspecteur Murugesan entre en piste onze ans après
Il est un des plus fins limiers de sa génération. Reconnu par ses pairs pour avoir élucidé le viol en série de Sandra O’Reilly à Belle-Rive, l’inspecteur Sandiren Murugesan est, depuis bientôt six mois, collé au dossier Nadine Dantier.
Ancien responsable de la Criminal Investigation Division (CID) de Mahébourg, l’inspecteur Murugesan fouille dans cette affaire vieille de 11 ans depuis son retour à la police criminelle. Plus particulièrement depuis qu’il tient les rênes de la CID de Beau-Bassin, après un passage à vide au poste de police de Camp-Levieux.
Piste «serieuse»
L’officier aurait obtenu une piste «sérieuse» sur un des violeurs de cette étudiante de l’université de Maurice. Âgée de 20 ans, elle avait été étranglée avec son propre pull-over en début de soirée du mercredi 25 juin 2003, sur un terrain vague à Albion. Elle venait alors de descendre d’un autobus de l’United Bus Service en provenance de Rose-Hill.
Très peu de détails transpirent sur ce suspect, sauf qu’il aurait été condamné à une peine de prison quelques jours à peine après le crime. Ce qui expliquerait pourquoi il serait passé à travers les mailles du filet, tendu à l’époque par la CID de Petite-Rivière, la Major Crimes Investigation Team ainsi que le Central Criminal Investigation Department (CCID).
L’information sur le suspect aurait été donnée à l’inspecteur Murugesan alors qu’il travaillait sur d’autres dossiers à la Western Division. Il s’attellerait à faire une «short-list» des condamnés ayant déjà été inquiétés pour des délits sexuels et qui avaient pour habitude d’écumer ce petit village de la côte Ouest.
Grosse bourde
Techniquement, le dossier est toujours demeuré sous la responsabilité du CCID. Ce, bien que cette équipe ait commis une grosse bourde en procédant à l’arrestation du maçon Marcelin Azie, le 28 juillet 2003, rien que parce qu’il avait travaillé dans la cour de l’église, à côté de l’arrêt du bus où la victime était descendue, qu’il s’était teint les cheveux et qu’il était resté chez un oncle à Cassis.
Il avait été forcé à avouer le crime, mais sa déposition n’a toutefois jamais collé avec les conclusions de l’autopsie et le constat du service médicolégal. Il aura fallu un test ADN auprès de la police sud-africaine pour le blanchir dans cette affaire.
Il y a deux ans, l’échantillon du mince filet d’empreinte génétique prélevé sur la jambe de Nadine Dantier a été transmis à un laboratoire spécialisé de Bordeaux. Les résultats sont tombés. Mais en l’absence d’un suspect avec lequel comparer cet échantillon, les proches de la victime restent sur leur faim. À l’époque, le Federal Bureau of Investigation américain a offert un logiciel au Forensic Science Laboratory mauricien pour des tests comparatifs sur l’ADN de toute personne arrêtée pour des délits sexuels, mais cet exercice n’a rien donné non plus.
De tels tests ont permis de confondre des assassins à travers le monde, plusieurs années après le crime. Cette semaine, à Manchester, un suspect a été confondu par son ADN 20 ans après avoir assassiné une fille de 18 ans, Natalie McLean.
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