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Premchand Boojhawon : «Il n’y a jamais eu de trafic de cadavres»
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Premchand Boojhawon : «Il n’y a jamais eu de trafic de cadavres»
Les cadavres acheminés au «SSR Medical College» n’ont pas été vendus mais donnés, explique le directeur de l’ashram de Calebasses.
◗ Depuis une semaine, l’ashram que vous dirigez est au coeur de l’actualité. Y a-t-il eu trafic de cadavres ?
Depuis 2000, il y a eu un accord verbal entre l’ancien directeur Dhandeo Bauhadoor et le directeur du SSR Medical College, R.P.N. Singh. Selon cet accord, l’hospice pouvait faire don des cadavres qui ne sont pas réclamés (unclaimed bodies). Autant que je sache, six corps ont été acheminés vers le SSR Medical College entre 2001 et 2007.
◗ Contre quelle somme ?
Cela n’a jamais été une histoire d’argent. Vous pensez que nous allons faire de l’argent sur des cadavres ? C’est une donation que l’ashram a faite au SSR Medical College. Je sais que beaucoup de rumeurs circulent sur une prétendue vente de cadavres ; je vous donne la garantie que ceux-ci n’ont pas été vendus.
Il n’y a pas eu de trafic comme veulent le faire croire certaines personnes. Vous pensez que le Human Service Trust aurait fait un commerce sur des cadavres ? Ce serait contre le principe du Swami Krishnanand, notre guide qui nous a montré qu’il faut toujours oeuvrer en faveur des pauvres et les personnes qui sont laissées à elles-mêmes.
◗ Pourquoi cet arrangement avec le SSR Medical College ?
Quand le SSR Medical College a été créé au début des années 2000, des jeunes étudiants, issus de familles modestes, ont eu l’occasion d’apprendre la médecine à Maurice à un coût raisonnable. Il fallait avoir des cadavres pour la pratique, donc en notre âme et conscience, nous avons avant tout aidé ces jeunes Mauriciens.
◗ Quelles sont les procédures à suivre dans le cas des corps qui ne sont pas réclamés ?
Nous les acheminons vers la morgue de l’hôpital SSRN de Pamplemousses. Après l’enregistrement, c’est le ministère de la Santé qui prend en charge ces corps qui sont ensuite enterrés dans une fosse commune au cimetière de Bois-Marchand.
◗ Y a-t-il beaucoup d’internes à l’ashram qui n’ont pas de parents ?
Sur les 144 internes actuellement, il n’y en a que trois ou quatre.
◗ Comment se passe l’admission à l’ashram ?
Dans la grande majorité des cas, c’est le ministère de la Sécurité sociale qui réfère les personnes chez nous. Dans quelques rares cas, nous acceptons ceux dont nous connaissons bien la famille. Je précise que ces personnes n’ont rien à payer pour être hébergées à l’ashram.
◗ Vous avez fait une déposition à la police mercredi. Comment cela s’est-il passé ?
C’est la police qui est venue enregistrer ma déposition à l’ashram. En un peu plus d’une heure, j’ai raconté à la police tout ce que je viens de vous dire.
PORTRAIT
C’est en 2007 que Premchand Boojhawon devient directeur de l’ashram. Il y officiait déjà à temps partiel, le «Human Service Trust» ayant repris la gestion du couvent de Calebasses après que la Congrégation des filles de Marie l’abandonne, en 1983. L’engagement de Premchand Boojhawon dans le social remonte à 1967. Il s’est notamment inspiré du Swami Krishnanand, surtout depuis son arrivée chez nous à la fi n des années 70. Il se souvient qu’à cette époque, il faisait partie du Seva Shivir, dont un des dirigeants était Harish Boodhoo. Originaire de Lallmatie, il a fait ses études secondaires au collège Eastern, à Centre-de-Flacq, avant de s’envoler pour la Grande péninsule. Il a étudié la sociologie à la Vikram University de Madhya Pradesh. Après trois ans, il a été stagiaire en journalisme au «Times of India» pendant un an. À son retour au pays, il a pris de l’emploi comme «Village Development Offi cer» dans une unité créée par le ministère du Plan et du développement économique. Parallèlement, il a travaillé comme freelance à la MBC, où il présentait des bulletins d’informations en hindoustani. Premchand Boojhawon a grimpé les échelons pour devenir «Acting Senior Regional Development Offi cer» jusqu’à 2007, quand il a pris sa retraite de la «National Development Unit».
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