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?2008, année cruciale pour le sucre?

11 juillet 2006, 00:00

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Les défis s?accumulent pour l?industrie sucrière. A la baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen s?ajoute la concurrence venant des pays les moins avancés (Pmas). Pour le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, ces deux conditions concorderont dans deux ans. Il est intervenu, hier matin, au démarrage de la coupe à l?établissement sucrier de Médine.

?Si nous ne remettons pas en cause le statu quo, nous nous dirigerons vers la catastrophe. Les effets du triple choc économique se font déjà ressentir. 2008 sera une année cruciale avec l?entrée en vigueur de l?initiative Lamy. Nous ne savons pas ce que l?avenir réserve au Protocole Sucre?, a-t-il fait ressortir.

D?une part, le prix garanti chute de 17 % en juin 2008. Et de l?autre, les Pmas auront un accès facilité au même marché, grâce à l?initiative de Pascal Lamy, alors commissaire européen au commerce. Une politique qui culminera en 2009 en un accès libre, sans imposition de quota ni droits de douane au sucre de ces pays.

Elle a démarré en 2006 avec une hausse du quota assorti d?une réduction des barrières tarifaires. En 2008, les Pmas bénéficieront d?un quota de 195 000 tonnes frappés de droits d?entrée de 20 %. De fait, leur sucre serait en mesure de concurrencer la production mauricienne et des pays du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP).

Nous n?en sommes pas là. Les Pmas producteurs de sucre ont affirmé, lors de précédentes discussions avec l?Union européenne, leur désir d?obtenir un quota et un prix fixe, une réglementation de marché qui serait plus propice aux échanges commerciaux. Ce souhait ainsi exprimé devrait être pris avec des pincettes. D?un point de vue diplomatique, ils n?ont pas toujours transcrit dans des faits concrets leur volonté, abondant parfois dans le sens contraire.

L?administrateur de l?établissement sucrier de Médine, Jacques Forget, reconnaît ces défis. Les préférences commerciales disparaissent, le secteur sucrier est appelé à se réinventer. ?Si nous voulons survivre, nous aurons à savoir, vouloir et pouvoir saisir les opportunités et faire de notre secteur sucrier actuel un nouveau pôle de développement moderne, efficient, inventif et rentable, certainement différent de ce qui a existé?, a-t-il souligné.

Qui plus est, a indiqué Jacques Forget, l?industrie sucrière ne sera plus comme avant. A ce registre, selon ce dernier, le challenge est immense. Les 36 % de réduction sur quatre ans ne sont pas évidents. De fait, il a mis l?accent sur le fait que le ?moment n?est pas à la lamentation, mais plutôt au travail productif, à l?innovation, au pouvoir d?adaptation et à la flexibilité voulue dans notre secteur. Ce n?est qu?à ce prix que notre secteur s?en portera mieux ?.

Et Médine a su s?adapter avec son temps, en assumant son rôle social dans son intégralité. Comme l?a indiqué l?administrateur, Médine ?a, durant ses 90 ans d?existence, toujours été à l?écoute de sa région?. A travers son plan directeur pour les 20 prochaines années, l?établissement a fait une ?déclaration claire de sa philosophie par rapport au partage du fruit du développement?.

Le ministre de l?Agro-industrie a poussé sa vision plus loin. Les planteurs et les travailleurs font partie intégrante de l?équation, d?où son appel au secteur corporatif pour permettre une participation de tout un chacun. ?Le sucre a un prix à la fois économique, politique, social et culturel?, a-t-il souligné, avant de procéder au démarrage officiel des machines.

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