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“Pulse”, thriller raplapla...
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“Pulse”, thriller raplapla...
En plus de faire entrer la pornographie, les spams et la Mauritius Broadcasting Corporation dans nos foyers, Internet est aussi un conduit par lequel démons, fantômes, succubes, “minisprinces”, etc. entrent dans notre dimension. Ces entités malfaisantes voyagent le long du spectre EM, glissant sur la bande passante comme sur des vagues et de temps à autre, lorsqu’elles ont une petite faim, se nourrissent d’étudiants. Elles aspirent toute envie de vivre dans la moindre fibre de leur victime, la transformant en tâche de graisse. Le seul moyen d’échapper à un sort aussi funeste que peu reluisant est de tapisser tous vos murs, portes et fenêtres de bande adhésive rouge. Inutile de retourner vos savates et de réciter un “Je crois en Dieu”, ça ne marchera pas.
Tel qu’il se présente, l’argument principal de Pulse, film américain réalisé par Jim Sonzero, a de quoi faire hurler de rire. Pourtant, dans sa version originale, signée du japonais Kiyoshi Kurosawa, Pulse fut un film remarqué – dans le bon sens du terme – au festival de Cannes 2001. La raison étant que le divertissement (un film d’épouvante) était alors accompagné d’une pertinente réflexion sur les dangers des nouvelles technologies.
Pulse est donc le dernier film d’horreur venu du continent asiatique à avoir été l’objet ou plutôt la victime d’un remake à l’Américaine. Au vu des commentaires enthousiastes que suscita l’original, l’insipidité de cette adaptation la désignera comme la pire de toutes, laissant loin derrière celles de The Grudge ou The Ring. D’une manière générale, Pulse, dans cette version américaine n’a d’intéressant que des images empruntées aux maîtres asiatiques du genre. Jim Sonzero est un réalisateur venu de la publicité – encore un – et comme bon nombre de ses collègues issus de ce milieu, il sait soigner ses images.
L’ensemble du film est baigné de teintes sombres tournant autour du gris mat créant une ambiance pré-apocalyptique. Les apparitions de spectres sont visuellement réussies, même si elles n’ont rien d’original, Danny et Oxide Pang ou Hideo Nakata lui ayant tracé le chemin. Et, il y a ça et là, quelques scènes relativement inspirées comme celle où l’héroïne est ensevelie par des mains grises sorties de nulle part. Mais, faire des images est une chose et raconter une histoire à travers des images en est une autre.
En dépit de l’atmosphère pesante, on n’est jamais réellement pris de frayeur ou saisi par l’angoisse. Même quand les films d’épouvante n’ont d’autre prétention que celle de divertir, leur mécanisme repose essentiellement sur la surprise. Or, tout dans Pulse, apparition de spectres ou disparition (mort) de personnages, arrive comme on s’y attend et au moment où on s’y attend le plus.
À défaut de surprise, l’aspect tragique de cette histoire aurait peut-être trouvé quelque résonance si le public avait eu une raison de s’attacher aux personnages. Ces derniers appartiennent à cette catégorie que les rubriques IT nomment la “cyber-génération” (cyber-crétins, plutôt), ne vivant et n’existant qu’à travers leurs ordinateurs, Internet et leurs portables 3G. Peut-on alors les plaindre lorsqu’ils se font dévorer par les spectres ? Ou, doit-on se lamenter du vide pathétique de leur existence avant, et ne voir en leur trépas qu’un malaise passager les menant à un néant auquel ils aspiraient de toutes les façons ?
La seule et unique surprise que nous réserve ce scénario provient du fait qu’il ait été co-écrit par Wes Craven. Il faut croire que la contribution de ce dernier a dû être “éditée” afin de dépouiller le film de toute réflexion pour n’avoir plus qu’un film d’ados ; et un mauvais, qui plus est.
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