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“Mon ex-mari Rajesh ne projetait pas de s’en aller”

30 août 2004, 20:00

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L’ex-épouse de Rajesh Dhayam, Veena, est formelle. Aucun élément ne laissait présager que son ex-mari allait quitter durablement sa maison de Quatre-Bornes. “Li imposib ki Rajesh inn ale par limem. Li pa kadre avek mo ex-misie. Bizin inn ena enn zafer forcing ladan. Bizin enn lot dimounn inn pous li”, maintient Veena Dhayam, âgée de 47 ans. Le cadavre Rajesh, assistant administratif au Mahatma Gandhi Institute a été retrouvé vendredi dernier avec neuf autres dans la maison des Mawooa à St.- Paul.

Keshav, âgé de 17 ans, partage l’avis de Veena. Il dit n’avoir noté aucun changement dans le comportement de son père avant sa disparition le 6 août dernier. Keshav se doutait que son père vivait séparé de sa mère depuis 1992. Une séparation souhaitée par Veena qui trouvait son mari excessivement jaloux. Elle savait également que son ex-mari avait une petite amie pour avoir parfois surpris une conversation téléphonique.

Une semaine avant sa disparition, Rajesh Dhayam sortait pendant une heure en soirée. “Mais rentrait toujours à la maison ensuite”, explique Keshav.

L’adolescent n’a pas noté de pratiques religieuses différentes chez son père. “Il se rendait au shivala à côté de la maison, allait une fois l’an à Grand-Bassin et c’est tout”. Ni lui, ni sa mère ne se représentaient Rajesh Dhayam adhérant à une secte. “Ce n’était pas un homme influençable”, déclare Veena.

Ce qui les trouble davantage, c’est qu’en allant fouiller la maison du défunt après sa disparition, tout indiquait qu’il ne s’était absenté que momentanément. “La porte de son domicile était entre-baillée et la clé se trouvait sur la table. Toutes ses affaires étaient en place, y compris son passeport. Dans la cuisine, des gros pois avaient été mis à tremper. Le riz était déjà cuit. Du giraumon avait été coupé et une casserole avec de l’huile était sur le feu, prête à être utilisée. Dans le réfrigérateur, nous avons trouvé de la viande qui avait été mise à mariner. Sur la table, nous avons vu un reçu tiré le 4 août, soit deux jours avant sa disparition, attestant d’un paiement pour sa deuxième année de Masters en Management à l’Université de Technologie. Quelqu’un qui a décidé de quitter ce monde n’aurait jamais fait tout cela.”

Les seuls documents manquant à l’appel sont l’acte de naissance de Rajesh Dhayam et ses diplômes. Mais les membres de sa famille pensent qu’il s’en serait servi pour postuler pour un autre emploi.

Keshav ne pense pas que son père ait eu des difficultés financières. Ce dernier continuait à lui payer ses leçons particulières, ses cours de natation et de flûte et à lui donner son argent de poche. “Une fois par mois, il m’emmenait au restaurant. Et il payait à moitié les études de ma sœur Nadima qui se spécialise en informatique en Australie. Je ne crois pas qu’il avait des problèmes d’argent.”

La dernière fois que Veena Dhayam a aperçu son ex-mari, c’était le 18 mars dernier dans les rues de Port-Louis. “Nos regards se sont croisés. Il avait l’air pressé.” La dernière fois que Keshav a entendu son père, c’était le 6 août, alors qu’il revenait de ses leçons particulières pour passer une semaine de vacances chez sa mère à Flacq. “Il m’a téléphoné et je lui ai dit que j’allais chez maman. Il m’a prévenu que si à mon retour la semaine d’ensuite, je ne le voyais pas, je devais aller chez mes grands-parents à Montagne-Blanche. Il paraissait dans son état normal. Toute cette histoire n’a pas de sens.”

Pour les Dhayam et en particulier pour Veena, depuis vendredi, jour de la découverte du cadavre de Rajesh Dhayam dans la maison des Mawooa à St.-Paul, la vie s’est arrêtée. Tant que sa dépouille n’est pas récupérée, Veena ne peut reprendre le cours normal de son existence. “D’après les rites hindous, nous ne pouvons pas allumer de feu, ni cuisiner. Nous devons dépendre des voisins. De mon côté, je ne peux même pas sortir. Je fais donc un appel aux autorités pour qu’elles nous restituent rapidement le corps de Rajesh et pour que nous puissions tenter de vivre normalement…”

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