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“Le Transporteur 2”

20 octobre 2005, 20:00

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Les films produits par Luc Besson, et écrits par lui, finissent par se ressembler au point que l’on sait généralement à quoi s’attendre rien qu’en voyant son nom au générique. Bien que portant le nom de Louis Leterrier à la réalisation, Le Transporteur 2 ne fait pas exception à la règle. Sont au programme grosses scènes d’action et intrigue sommaire au point qu’elle peut être résumée en deux phrases : Frank Martin (Jason Statham) qui exerce maintenant à Miami, travaille comme chauffeur pour la famille du responsable américain de la lutte antidrogue, et entreprend de sauver son petit garçon des griffes de dangereux terroristes.

Il le fait comme ça, de sa propre initiative et par pure bonbougrerie, juste parce qu’il avait promis au petit qu’il ne laisserait personne lui faire de mal. Notre homme est plus qu’un simple transporteur avec un passé de soldat d’élite, il est un véritable chevalier des temps modernes.

Le cinéma d’action en a produit un bon nombre ces vingt dernières années. Et comme tous les autres, Jason Statham a le physique de l’emploi, et son personnage est un virtuose des arts martiaux, capable de toutes les prouesses physiques en plus d’être un expert dans le maniement des armes et des explosifs, etc.

Au point que rien ne le distingue des autres héros de films d’action. Les méchants non plus n’ont pas une once d’originalité : le chef des kidnappeurs a l’aspect très latin (un mafieux, dans ce genre de production), pour que le public sache bien qu’il a affaire à un bandit machiavélique. Il y a aussi la tueuse experte et psychopathe : maigre et toujours juchée sur ses talons hauts, elle a tout l’aspect d’un mannequin de Vogue. Tous les personnages sont aussi typés que dans une enquête de l’inspecteur Derrick.

Le Transporteur 2 est un produit destiné à un marché. On pourra toujours déplorer l’existence d’un tel marché ou le fait qu’il ait été créé par une certaine presse, force sera de reconnaître que ledit produit livré est selon les spécifications. Jason Statham cogne dans une bande de voyous dès les premiers moments du film, histoire de poser le personnage. Puis, il sème la désolation dans une clinique (privée, heureusement), se fait poursuivre en voiture, poursuit un bandit en jet ski, met hors service toute une bande de malfrats avec une lance à incendie, poursuit un biréacteur d’affaires en voiture, s’écrase en mer dans ce même biréacteur, etc.

On pourra difficilement parler de vol, puisque Luc Besson nous en donne pour notre argent. Mais on peut aussi dire que non seulement il ne nous donne que le strict minimum, mais qu’en plus, il ne semble pas particulièrement gêné qu’on s’en aperçoive. On aura rarement vu attitude plus méprisante.

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