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“Je peux encore progresser”

12 septembre 2004, 20:00

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Vous aviez confié à Athènes avoir ressenti une immense émotion sur le podium. Vendredi, devant votre poste de télévision, l’émotion était-elle encore plus forte ?

– Oui, bien sûr. Depuis ma défaite en quarts de finale de l’US Open, j’étais très tendue. J’attendais la fin de ce tournoi avec impatience pour connaître mon classement. J’ai suivi la fin du match de Lindsay Davenport. L’attente était terrible. Et je me suis dit, “ça y est”, l’objectif est atteint. Je ne réalise pas encore très bien. Beaucoup d’images me reviennent en tête. Ce sont des flashes, je pense à tous les gens qui me sont venus en aide. Cela fait vingt ans que je joue au tennis, j’ai vingt-cinq ans. Cela représente toute une vie.

Avez-vous repensé à vos débuts raquette en main, à tout le chemin parcouru ?

– Encore une fois, il y a beaucoup d’images qui défilent dans ma tête. J’ai repensé à mes tout débuts, à 4-5 ans. Le rêve d’une petite fille est devenu réalité. Même si je vis ce rêve depuis plusieurs années. Aujourd’hui, je touche à la consécration en devenant n° 1 mondiale.

Vous êtes la première Française de l’histoire à atteindre cette place de n° 1 mondiale. Est-ce que cela représente quelque chose de plus à vos yeux ?

– Bien sûr. Cela donne encore plus de saveur de se dire qu’aucun Français, aucune Française n’a réussi cela avant moi. C’est vraiment un moment d’émotion. Je suis fière .

À Flushing Meadows, votre défaite face à Elena Dementieva en quarts de finale a déçu. Pensez-vous avoir progressé dans la façon d’aborder ces grands matches ?

– Bien sûr, mais j’ai encore du chemin à faire. C’est d’ailleurs assez rassurant de se dire qu’on a encore une marge de progression. Ce jour-là, j’étais très en dessous de mon meilleur niveau.

Comment comptez-vous remédier au blocage mental que vous ressentez dans les grandes occasions, comme lors de votre récente défaite contre Elena Dementieva à l’US Open ?

– Je ne suis pas certaine que le problème soit d’ordre mental uniquement. Dans mon jeu, il y a encore du travail à effectuer, des choses à améliorer. Bien sûr, il y a un côté émotionnel à gérer, mais je continue de penser que le problème est aussi à la fois technique et tactique.

Les esprits chagrins vont critiquer le fait que vous accédez à la place de n° 1 mondiale, sans avoir remporté de titre du Grand Chelem…

– Un classement, c’est une constance sur toute une saison, c’est le fruit de beaucoup de travail. J’ai gagné trois tournois cette année, j’ai disputé trois autres finales, dont celle des Jeux olympiques d’Athènes, dont je suis très fière. Ce système de classement existe depuis trente ans, il n’a jamais été remis en question. Encore une fois, cette première place récompense une forme de constance au plus haut niveau.

Il y a deux ans et demi, vous annonciez ce désir de devenir n° 1. Quels ont été les différents paliers de progression qui vous ont conduit au sommet ?

– Il y en a eu plusieurs. J’ai beaucoup évolué en tant que femme. Physiquement aussi, j’ai changé, et mon jeu s’est développé. Je me suis aussi rendue compte qu’une certaine rigueur était nécessaire. Il me fallait davantage m’investir pour aller tout là-haut. J’ai essayé de mettre en place une structure pour mettre tous les atouts de mon côté. J’ai mis deux ans pour y arriver.

Ce projet que vous avez mis en place dénote une forte motivation. Avez-vous toujours été très ambitieuse ?

– Je me suis fixé des objectifs par paliers. Cette place de n° 1 mondiale, j’en ai parlé à l’Open d’Australie en 2002. À ce moment-là, je savais que c’était possible. Je ne voulais pas me contenter d’être parmi les dix meilleures.

Après avoir gagné la Fed Cup et être devenue n° 1, il vous reste encore un objectif à atteindre, celui d’une victoire en Grand Chelem. Est-ce que cette consécration va vous y aider ?

– Je ne sais pas du tout, c’est encore trop frais. Devenir n° 1 est une libération. Mais je ne sais pas quelle sera ma réaction sur le terrain. Une chose est sûre : ça me donne envie de retourner au travail. Peut-être que cela va m’apporter un soupçon de confiance en plus qui me permettra de passer les quarts ou les demi-finales en Grand Chelem, et d’aller au bout.

On dit souvent que le plus dur est de conserver la place de n° 1…

Sûrement (sourire). Mais on verra, je savoure d’abord. Même si les prochains tournois du Grand Chelem sont déjà dans un coin de ma tête.

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