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“Je ne crois pas qu’un entraîneur étranger soit la solution”

31 mai 2007, 00:00

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● <B> Comment s’est déroulé le stage ?</B>

—La formation s’est bien

passée. Pour certains participants, c’était la première fois qu’ils bénéficiaient d’un stage de ce niveau alors que pour d’autres, c’était une occasion pour mettre mise à jour leur connaissance. L’objectif était de créer des thinking coaches. Ils ont été soumis à un exercice pratique et théorique. Je dois dire que les entraîneurs étaient très réceptifs. Ils sont prêts à mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

● <B>Quelles sont les responsabilités d’un entraîneur ?</B>

—Il n’y a pas de responsabilités spécifiques. Elles sont différentes pour un entraîneur de club, régional et national. À titre d’exemple, l’entraîneur national est responsable de l’élaboration d’un programme de travail et de son application. Il est aussi appelé à évaluer les joueurs. Pour la détection, vous avez besoin d’un autre type d’entraîneur, qui saura créer, chez les jeunes, un intérêt pour la discipline. Vous pouvez profiter, pour cet exercice, de l’expérience d’anciens joueurs de haut niveau qui ont une bonne technique de base. Vous avez aussi un troisième type d’entraîneur, le coach education. Ce dernier est un pédagogue qui comprend en partie la théorie de ce sport. Il peut diriger les jeunes vers la discipline et, ainsi, contribuer à créer un réservoir de talents. Bien sûr, ce serait un avantage si l’entraîneur a un passé de joueur. Il servira ainsi de role model auprès de ses élèves. Il sera aussi plus facile pour lui de faire des démonstrations sur le court et résoudre les problèmes rencontrés par les joueurs.

● <B>Le niveau du badminton mauricien a chuté considérablement ces dernières années. Le président de l’AMB, Ravin Sandrasagren, est convaincu que la solution serait de recruter un entraîneur étranger. Partagez-vous cet avis ?</B>

—Compte tenu de la situation actuelle et des événements qui se sont succédé ces dernières années, je ne crois pas qu’un entraîneur étranger soit la solution. Vous devez vous poser la question : pourquoi voulez-vous un entraîneur étranger ? Est-ce parce que les autres en ont un ? Avez-vous le material pour s’assurer que ses services soient utilisés à bon escient ? Si la réponse à la dernière question est oui, alors vous pouvez allez de l’avant avec le recrutement d’un entraîneur étranger.

● <B>Que voulez-vous dire par “material” ?</B>

—En langage technique, material veut dire talents. Je tiens à préciser qu’on ne recrute pas un entraîneur étranger pour produire uniquement des champions des Jeux des îles. Ce n’est pas comme ça que cela marche. Vous devez-vous assurer que les compétences du technicien sont pleinement utilisées tant au niveau des seniors que des juniors.

<I>“On ne recrute pas un entraîneur étranger pour produire uniquement des champions des Jeux des îles. Ce n’est pas comme ça que cela marche”</I>

● <B> Selon vous, quelle est la solution pour relancer le badminton mauricien ?</B>

— Vous devez emmener les jeunes vers les courts, d’abord en tant que spectateurs afin de créer chez eux un engouement pour la discipline. Vous devez toujours garder en tête que le badminton est en concurrence avec d’autres disciplines. Les jeunes vont aller là où il y a plus d’intérêt. La détection est importante pour s’assurer que vous ayez un réservoir de talents susceptibles de défendre les couleurs mauriciennes à l’avenir.

● <B>Les entraîneurs mauriciens ont-ils le charisme pour diriger les entraînements nationaux ?</B>

—Pas vraiment. Il y a des entraîneurs, à l’instar de Sylvain Hennequin et Stéphane Beeharry, qui peuvent prendre en charge la sélection junior. Ils pourront éventuellement se perfectionner à travers des stages saisonniers dans nos trois centres d’entraînement de haut niveau, notamment à Sofia, à Guangzhou et à Saarbrucken. En ce qui concerne la sélection nationale, je pense que vous avez encore besoin d’un technicien étranger. À une condition que vous ayez le material pour que l’entraîneur puisse travailler.

● <B>Justement, parlons du centre de Saarbrucken. Certains joueurs ont critiqué les conditions de vie dans cette institution…</B>

—À ma connaissance, le centre fonctionne de manière professionnelle. Dans toute structure de haut niveau, il existe une discipline rigoureuse et des règlements à respecter. Sans efforts et sacrifices, il n’y a pas de réussite. Le centre de Saarbrucken est doté de toutes les facilités. J’ai eu l’occasion d’y séjourner personnellement. Je ne vois pas de quoi les joueurs pourraient se plaindre. La nourriture est bonne et les conditions de logement sont irréprochables. Les joueurs ont tout ce qu’il faut.

● <B>Et au niveau des résultats ?</B>

—Voyez par vous-même les résultats obtenus par les sociétaires du centre dont le Zambien Eli Mambwe aux Internationaux de Maurice. La Zambie, qui était autrefois à la traîne, avait tout à apprendre de vous. Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire. C’est à vous de tirer des leçons de la méthode zambienne. *

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