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Émile Biayenda, le marieur des rythmes sacrés
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Émile Biayenda, le marieur des rythmes sacrés
Pendant cinq jours, de lundi à vendredi derniers, Menwar et ses musiciens étaient en résidence au Centre Charles Baudelaire, à Rose-Hill. Un séjour de luxe puisqu?ils ont pu profiter de l?expérience et des conseils prodigués par le batteur et percussionniste Émile Biayenda.
À l?issue de la résidence, un concert a été donné dans les jardins du centre. Il servira de mise en jambe à Menwar pour sa prochaine tournée réunionnaise. ?Avec son expérience, son oreille et avec ce qu?il a vu, Émile a pu apporter une nouvelle dimension à notre travail qui s?inscrit déjà dans une tendance World?, reconnaît Menwar.
Virtuose de la percussion, Émile Biayenda est également le directeur artistique du groupe Les Tambours de Brazza. Après avoir exploré les possibilités de mariage entre le jazz et les rythmes africains, il s?est lancé dans la formation des jeunes aux techniques traditionnels du tambour du Congo-Brazza. Il était donc le personnage rêvé pour insuffler à Menwar et à son groupe la flamme sacrée.
Et il y a eu des étincelles lors cette résidence au Centre Charles Baudelaire. Cinq musiciens, un guide, des percussions à profusion. Ravanes, rouler, djembe mais aussi maravanes, pistaches, calebasses, triangles?
?Nous avons effectué un travail sur la structure musicale. Je n?ai pas touché aux morceaux. Cela leur permettra de mieux préparer leur tournée?, précise Émile Biayenda.
Pour lui, le plaisir d?animer cet atelier est ?immense?. Il aborde ce travail comme un ?échange?, avec la possibilité de mieux pénétrer la culture, la musique locale, se familiariser au son de la ravane. Mais surtout le plaisir de côtoyer Menwar. ?Il est connu et très respecté dans le milieu des musiques actuelles, aujourd?hui?, dit Émile Biayenda.
Échanges enrichissants
Émile Biayenda apprécie, participe tantôt avec force, tantôt avec douceur à l?atelier. Puis, lorsqu?il sent qu?il y a un peu de débandade dans l?air, il intervient, avec l?autorité que lui confère son expérience, son savoir-faire. Mais toujours dans la bonne humeur. Ses conseils sont vitaux.
Ce sont des consignes pour l?échange entre les musiciens, pour la mise en scène musicale, la cohésion entre les phrasés, l?irruption des solos? Menwar apprécie lui aussi, ses musiciens en prennent de la graine. De celle qui devrait permettre à l?arbre de pousser.
Car tout le travail réalisé en une semaine ne servira pas uniquement à préparer le concert de la Réunion. Il permettra également à Menwar de peaufiner les morceaux qui figureront sur son nouvel album. ?Ce sera un album pour ici et ailleurs?, promet Menwar. Comme quoi, le percussionniste mauricien est déjà engagé sur une autoroute. Une voie sur laquelle Émile Biayenda pourrait lui servir de guide.
TEMPS FORT
Chut ! On répète...
Émile Biayenda s?est assis sur une caisse de résonance. Il accompagnait subtilement le groupe de Menwar qui s?est lancé dans une version de ?Bain des Dames?, un de leurs morceaux phares. Et il s?en donne à c?ur joie. L?ambiance est décontractée dans la salle du centre. Tout le monde a le sourire. Mais les musiciens sont aussi là pour travailler. Les bras croisés, il savoure un autre morceau, ?L?écho Rivière-Noire?. Riche de bruitage, le morceau se met en place. Bruits d?oiseaux, de forêt? On rêve ? Non, c?est comme si on y était. Et c?est le moment que choisit la ravane pour surgir. La voix de Menwar perce. Le ?rouler? s?élance. Et pendant les quatre à cinq heures de séances quotidiennes, ils ne vont pas s?épargner les efforts.
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