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Éjectés d?un terrain de l?Etat qu?ils occupaient illégalement
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Éjectés d?un terrain de l?Etat qu?ils occupaient illégalement
Assise sur son lit, Karen,23 ans, veille sur Jamel, son bébé de sept mois. Celui-ci est brûlant de fièvre. Et la veille, il a passé la nuit, avec sa famille, à la belle étoile. Et pour cause : leur maisonnette, ainsi que celle de huit autres familles, a été détruite, samedi matin, par le ministère des Terres et du Logement.
Dans une déclaration faite à l?express hier, le ministre Asraf Dulull a déclaré que ces personnes vivaient dans l?illégalité car ils squattaient un terrain de l?Etat qui servira pour d?autres développements. ?Ils devront assumer les conséquences de leur irresponsabilité. Il y a d?autres gens qui sont pauvres et qui suivent la procédure pour obtenir leur maison.?
Entre-temps, alors que les autres squatters ont couru chercher refuge ailleurs, Karen et Sylvio n?ont pu que se demander où ils pourraient aller, avec leurs trois enfants. En effet, ils n?ont pas de proches parents qui pourraient les héberger. Ainsi, à 18 h 30 hier, après avoir subi, la nuit précédente, la pluie et les moustiques, ils se battaient contre la faim.
Après une journée passée à boire uniquement de l?eau, la faiblesse et la fatigue se faisaient sentir. Le bébé étant, en plus, malade, ils avaient été contraints de se rendre à l?hôpital Jeetoo à pied?
Avant d?en arriver là, ce couple vivait dans une pièce en tôle à Cassis. Sylvio gagnait sa vie comme laboureur. Mais n?ayant pas suffisamment d?argent pour payer la location de Rs 2 000, il s?était retrouvé à la rue, avec Karen et leurs trois enfants (Jamel a deux frères âgés de deux et trois ans).
Les deux jeunes parents se sont ainsi installés chez la mère de Karen. Jamel est alors âgé de quatre mois. Mais la maison de la sexagénaire étant trop petite, ils ont dû laisser leurs effets mobiliers dans la cour. ?Mo mama ti telman mizer ki nou finn bizin kit tou nou bann zafer dan so lakour pou al dormi deor. Parfoi nou al dormi dan pasrel kot Cité Valijee.?
Un ami finit par leur parler d?un terrain faisant face à l?autoroute, à Bois-Marchand. ?Nou finn al gete, lerla nou finn aste bann vie bout fey tol. Pou nou gagn inpe kas, nou finn al vann dilo dan simitier pou fet de mor?, nous confie Sylvio.
Après avoir vécu sur le terrain illégalement pendant deux mois, ils se retrouvent à présent sous un prélart emprunté à un ami. ?Nou pa kone kot nou pou ale. Minis finn met nou deor. Si li ena enn leker, li ti kapav rod enn ti plas pou nou?, lâche Karen. Les squatters, raconte-t-elle, ont reçu la visite des officiers du ministère des Terres et du Logement, vendredi. ?Bann la finn dir nou ki nou pou kapav reste ziska la fin desam.?
<B>Bruit assourdissant</B>
Mais ce samedi matin, poursuit Karen, elle s?est réveillée en sursaut, surprise par un bruit assourdissant venant de l?extérieur. ?Letan mo sorti, mo trouv enn ta lapolis avek bann ofisie minister. Enn misie ti pe koz brit avek nou. Li dir nou pran tou nou bann zafer ale.? Elle aurait alors tenté d?expliquer à l?officier qu?ils avaient eu l?autorisation de rester jusqu?à décembre. Mais il n?aurait rien voulu entendre.
Dans leur situation, Sylvio et Karen ne pourront pas vraiment fêter Noël avec leurs trois enfants. ?Ou kone ki sa soufrans la? Nou pou trouv dimoun pou fer fet alor ki nou pena narie pou donn nou bann zanfan. Mo leker fermal kan mo pans sa?, confie Karen.
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