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«Quand on dit que je fréquente des ?bad boys? je me dis qu?il y a une dose de vérité...»

9 août 2008, 00:00

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Malgré votre décision de ne pas démissionner en tant qu?«Attorney General» (AG), vous n?aviez pas l?air dans votre assiette mardi au Parlement?

C?est vrai et c?est parce que je suis triste. Je suis triste parce que cette tache qu?on a mise sur moi ne s?en ira pas de sitôt. Vous savez, ce n?est pas que je n?aie pas l?habitude des attaques, mais cette fois-ci, j?ai senti qu?ils sont allés trop loin en touchant à mon honneur et à ma dignité, malgré le fait qu?ils savent que ce qu?ils racontent est faux. Et puis ils ont mis le Premier ministre (PM) dans une situation embarrassante en le forçant à me défendre. Certes, j?ai l?habitude des critiques. Quand on dit que je fréquente des bad boys, je me dis qu?il y a une dose de vérité à cela puisqu?il est vrai qu?ils sont autour de moi. Je ne nie pas et j?assume.

Pourquoi justement cette proximité avec les «bad boys» comme vous les appelez ?

J?ai défendu ces gens à l?époque où je pratiquais au barreau. Ce sont des gens qui n?ont pas les moyens de se payer un avocat et que j?ai défendus et qui pensent maintenant qu?ils sont redevables envers moi et ils me sont fidèles. Mais malgré cela, je n?utilise jamais la violence.

Est-ce que votre gêne n?avait pas aussi à voir avec ce qui s?est passé la veille ? Vous offrez votre démission au PM et non au président, vous dites que vous partez sur un point d?honneur et puis dès que le PM vous fait signe, vous accourez, l?honneur oublié !

Dans ce cas précis, j?ai mis un point d?honneur à ne pas gêner le gouvernement. C?était mon honneur vis-à-vis de l?honneur du gouvernement. J?ai pensé que ce serait plus correct pour moi d?offrir ma démission à Navin Ramgoolam au cas où la situation le gênait, quitte à revenir après.

Dans ce cas-là, pourquoi n?avoir pas passé un coup de fil au Premier ministre pour lui dire cela, tout simplement ? Pourquoi en avoir fait une affaire publique ?

Bon, j?étais moi aussi très fragilisé et j?ai pensé que si j?appelais Navin pour demander son avis, il aurait pu se sentir gêné. Donc j?ai pensé que la meilleure solution était d?envoyer une lettre au PM. Bien sûr que je sais que c?est le président qui nomme les ministres et que c?est à lui que je dois remettre ma lettre. Mais c?est Navin Ramgoolam qui m?a fait confiance et m?a offert le poste d?AG et c?est donc à lui que j?ai adressé ma lettre.

Oui mais ce qui est aussi vrai c?est que vous aviez eu une conversation avec le PM lors de laquelle il vous a demandé des explications. Il semble que c?est à partir de là que vous avez commencé à réfléchir à votre départ ?

Le PM m?a posé des questions pertinentes et je lui ai donné des réponses honnêtes. Le connaissant, il a dû vérifier mes dires.

Et vous avez pensé qu?il ne vous faisait pas confiance ?

Non j?ai pensé que peut-être je le gênais. Et je veux être un atout pour le gouvernement et non pas une gêne. Et quand j?ai pensé que j?étais peut-être devenu un embarras, j?ai pensé qu?il fallait peut-être partir. Mais non, je n?ai pas senti un manque de confiance. Comme le PM a l?habitude de le dire «Sa Rama sa», c?est-à-dire avec mes défauts de même que mes qualités. Mais ces défauts n?incluent pas la malhonnêteté et la mauvaise foi. J?ai peut-être pu avoir tort dans mes combats mais j?ai toujours été sincère.

Vous n?êtes certainement pas le premier membre du gouvernement qui a passé un coup de fil à la police. Comment expliquez-vous que dans votre cas, il y a eu autant de réactions ?

J?imagine que c?est parce que j?appelle toujours et c?est très souvent pour m?enquérir des gens que je ne connais même pas. Mais c?est toujours, soit pour faire les choses bouger, soit pour avoir des explications, soit pour m?assurer qu?il n?y a pas de brutalité policière.

Et il y a beaucoup d?allégations d?interventionnisme et d?ingérence dans les affaires de la police. Sont-elles fondées ?

Effectivement Rajesh Bhagwan aime dire cela au Parlement. Mais dans quoi exactement suis-je supposé être intervenu ? Il fait des allégations mais n?a jamais osé donner de détails. C?est trop facile de faire ces allégations !

Je sais que vous avez dit ne pas connaître Sada Curpen mais cette histoire de votre proximité avec lui dure depuis plus de deux ans. Pourquoi l?opposition insiste-t-elle autant si c?est vrai que vous ne le connaissez pas ?

C?est vrai que je connais Ramen Curpen et je ne l?ai jamais caché. Mais je n?ai jamais logé chez eux.

Mais si tout ce que vous dites est vrai, pourquoi est-ce que le MMM insiste ?

Je pense que c?est leur stratégie purement nazie ? à force de répéter un mensonge, ils espèrent que cela va devenir une vérité. Ils avaient fait la même chose pour Michael Glover, le meilleur ministre des Sports que ce pays ait connu. Sans vouloir blesser qui que ce soit, tout le monde sait que je suis le ministre de la Justice qui a le plus fait bouger les choses au niveau de la justice. Et il y a tant de choses qui restent à venir et nous allons gagner des points. Le MMM a été virulent envers nous dès le départ et avait appelé le MR, mouvement récidiviste à sa création. Ils ont toujours fait l?amalgame entre moi et les clients que je défendais ? souvenez-vous quand j?ai défendu Marcelin Azie, ils avaient dit que je défendais les violeurs. Quand j?avais dit qu?il fallait faire un échange de seringues, ils ont dit «Al kot Rama ou pou gayn sering» faisant croire que j?encourageais les gens à se droguer. Quand j?ai dit en 1996, «servez-vous de préservatifs pour vous protéger du SIDA», j?ai été qualifié de «capote boy». Cette campagne malpropre a été systématique ? sodomie, préservatif, gandia, méthadone.

Mais ce genre de rumeurs ne rend-il pas votre position au gouvernement délicat ?

C?est exactement ce que je dis. Mais tant qu?il s?agit de faire détourner mes propos pour faire de la démagogie, à la limite ça va. Mais dans l?affaire du Subutex, le problème c?est qu?il y a bel et bien eu un coup de fil de ma part. Il est aussi vrai qu?il y a eu une arrestation mais ce qui est vrai aussi c?est que je n?étais pas au courant de cette arrestation. Le problème c?est quand le MMM prend des demi-vérités, les interprète à sa façon, occulte le reste de la vérité et cherche à me nuire. Encore une fois, j?admets que le coup de fil était gênant mais à ma décharge, il a été passé pour une cause humanitaire.

Le Premier ministre vous demande-t-il des explications à chaque fois qu?il y a des allégations contre vous ?

Le Premier ministre sait normalement que quand le MMM fait ce genre d?allégations ce ne sont que des palabres.

Il y a deux ans à peu près, au Parlement, alors que l?on vous accusait toujours de protéger Sada Curpen, vous aviez produit une photo que vous aviez fait élargir, montrant Curpen en compagnie d?hommes politiques de l?opposition actuelle. Que voulait dire cela ?

J?ai eu cette photo à travers un avocat et j?ai pensé que c?était ironique qu?alors que moi je ne connaissais pas la personne, cette même opposition qui a posé pour une photo avec cette personne, vienne m?accuser. Mais contrairement à eux, je dis qu?une photo ne veut rien dire et que je refuse de faire des procès d?intentions parce que nous savons très bien que quand on est politicien plein de gens veulent se faire photographier avec soi. Pareillement, si les membres de l?opposition étaient comme moi, ils auraient reconnu qu?il est tout à fait possible de connaître quelqu?un et de ne pas nécessairement connaître son frère.

Est-ce que Ramen Curpen finance votre parti politique ?

Non.

Est-ce que Sada Curpen finance d?autres partis politiques ?

Je ne sais pas.

Mais est-il vrai que des partis politiques ont été ou sont financés par des barons de la drogue ?

Je ne pense pas qu?un baron de la drogue irait voir un politicien pour lui dire : «Voilà, j?ai de l?argent sale, je vais financer votre parti.» Je pense qu?il n?est pas à écarter que durant les dernières semaines de campagne quand la pression se fait sentir ? quand il faut des bases, des oriflammes, des drapeaux, des voitures, etc. des gens de la drogue profitent de cette occasion pour approcher les leaders de partis politiques. Je ne dis pas que cela se passe mais si jamais cela se faisait, ce serait à l?insu des politiciens.

C?est soit très naïf, soit faux !

Vous savez, contrairement aux autres, je ne fais pas de démagogie gratuite. Je ne pense pas que nos politiciens feraient ça en connaissance de cause.

Et qui finance le MR ?

C?est très simple ? les membres du MR. Vous vous rendez compte nous avons perdu notre local alors que nous sommes au pouvoir. Quand je suis dans l?opposition et je pratique comme avocat, j?ai beaucoup plus d?argent à contribuer au parti. Mais depuis que je suis AG, je ne gagne plus autant. Durant la campagne électorale, en tant que partenaire minoritaire d?une alliance de l?opposition où je me battais contre le leader du MMM, je peux vous assurer que nous avions eu très peu de contributions.

Combien ?

Nous n?avons pas dépassé Rs 1,2 million pour nos trois circonscriptions. Cela inclut la contribution des membres du parti. Avec nos moyens modestes, nous ne faisions pas le poids devant la machine du MMM ! Si nous avions de l?argent, je suis certain que j?aurais été élu.

Et aux prochaines élections vous allez donc trouver plus d?argent ?

Je crois que ce qui fera la différence lors des prochaines élections sera la crédibilité que j?ai gagnée au fil des années. Mes compétences, mon assiduité au travail, le fait que je tienne parole, feront toute la différence.

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