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«Nous ne sommes pas si chers»
● <B>Vous partez à la retraite (NdlR : hier) après deux ans à la tête de Mauritius Telecom (MT). Etes-vous satisfait de l?héritage que vous léguez ? </B>
Je laisse derrière moi la compagnie la plus profitable du pays, malgré un environnement de plus en plus compétitif (NdlR : MT a enregistré un profit avant impôts de Rs 1,8 milliard sur un chiffre d?affaires de Rs 5,3 milliards pour l?année 2004). Dans d?autres pays, nous aurions peut-être obtenu une récompense pour cela. Mais à Maurice, notre performance est vue d?un mauvais oeil. Nous avons pu obtenir notre certificat ISO et instaurer une culture d?entreprise tournée vers le client et la qualité. Certains conflits relationnels avec les syndicats ont pu être résolus.
● <B>Quels sont les grands défis de MT ? </B>
Evoluer dans un secteur où la compétition sera de plus en plus présente reste un défi majeur. La convergence technologique et des services est un autre enjeu de taille. Alors qu?aujourd?hui, la téléphonie fixe et mobile, la télévision et l?Internet ont leurs propres réseaux, dans le futur, tout passera par l?Internet Protocol (IP). Il faut se préparer à cela. Sur un seul câble, on transmettra des données et offrira la télé et le téléphone fixe et mobile. Tout cela indique que le secteur des télécoms continuera à grandir. J?ai donc confiance dans l?avenir.
● <B>Où en est le plus gros projet de MT de ces dernières années, la télé par ADSL (Internet rapide) ? </B>
Son introduction est prévue pour début 2006. Elle apportera une multitude de nouveaux services. Non seulement les Mauriciens auront accès à des bouquets numériques, à la vidéo à la demande, mais également à une messagerie instantanée, la télésurveillance et certains aspects de l?Internet à travers le téléviseur et la télécommande. Notre système permettra l?accès à la télé numérique terrestre et la télé par ADSL grâce au boîtier que nous offrirons à chaque personne qui souscrit à notre service. Le prix de la télé par ADSL sera bien en dessous des Rs 1 000.
● <B>Compétition oui, mais MT a la réputation de dominer sur les autres opérateurs et d?avoir le monopole sur certains points clés... </B>
CityCall et Outremer Telecom, deux opérateurs de téléphonie internationale, ont leurs propres antennes mais continuent à acheter de la bande passante chez nous, tout comme Business Parks of Mauritius Ltd (BPML). ça veut dire que nous ne sommes pas si chers. Je crois cependant que MT doit à l?avenir encourager d?autres compagnies à entrer dans le marché de la bande passante, que ce soit par le SAFE ou le satellite. Cela nous permettra d?avoir une compétition plus effective.
● <B>Vous avez connu toutes les transformations de MT depuis ses débuts... </B>
J?ai commencé en 1963 comme simple opérateur chez Cable & Wireless qui a connu plusieurs étapes avant de devenir MT en 1992. Lorsque j?ai débuté, nous envoyions 50 mots la minute. Aujourd?hui, nous parlons de gigabytes par seconde. Avant, l?on pouvait ne pas avoir de téléphone pendant plusieurs jours. Avec l?évolution technologique, le système est devenu tellement bon qu?il faut introduire un bruit de fond pour faire savoir qu?il y a encore quelqu?un à l?autre bout du fil.
● <B>Quels sont vos projets personnels ? </B>
Il existe une possibilité que je fasse un travail de consultant. Durant toutes ces années à MT, j?ai collecté beaucoup d?informations d?ordre plus ou moins technologique. Il se pourrait donc que je me mette également à écrire là-dessus.
● <B> Un mot sur votre successeur, Sarat Lallah, qui occupe le poste à partir de lundi?</B>
Il prend en main une entreprise saine avec une bonne équipe à sa tête. En tant qu?ancien ministre de la Technologie informatique et des télécommunications, il connaît déjà l?industrie. Dans ce sens, nous avons la chance d?avoir un tel homme à la tête de l?entreprise.
<B>Propos recueillis par Patrick HILBERT</B>
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