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«Nous ne sommes pas au Zimbabwe»
● Vous êtes député, président de la Commission sur la démocratisation de l?économie. Qu?est-ce qui motive le gouvernement à démocratiser l?économie ?
La démocratisation de l?économie consiste en l?ouverture aux citoyens des opportunités économiques. Le principe est basé sur un constat : la forte concentration des ressources nationales entre les mains d?une minorité. Sa réalisation s?effectuera grâce à la libération des énergies créatrices des entrepreneurs et entrepreneurs potentiels du pays. Il s?agit de faciliter l?entrepreneuriat tout en prenant en considération les aspects éthiques, moraux et les moyens de parvenir à plus de justice sociale. La démocratisation de l?économie n?est pas de la charité, mais une recherche de la rationalité économique optimale. Nous avons hérité d?une structure économique vieille de 250 ans. Dans le contexte de la mondialisation, cette présente configuration ne tient pas la route. Il faut la changer sans la tuer. Nous ne sommes pas au Zimbabwe où l?on a exproprié les tenants de leurs propriétés foncières.
● La démocratisation de l?économie a marqué les discours pré-électoraux. La population s?attend à des résultats rapides.
Le dossier est volumineux, exigeant un travail de longue haleine. On ne peut pas le réaliser en deux semaines. Nous ne voulons pas bâtir un kiosque mais un château fort. J?ai eu de longues discussions sur le sujet avec le Premier ministre. «He means business». Nous procéderons très vite. Au sein de l?Alliance sociale, pendant ces trois dernières années, nous avons conçu la structure, contenue dans un document interne, qui nous permettrait d?atteindre l?objectif fixé. Et ce mécanisme, de même que la série de mesures, sera exécuté en conjonction avec les ministères concernés, dont celui des Finances et du Développement économique.
● Ce ne sera pas de la charité, dites-vous. Quelles sont les grandes lignes de cette politique ?
La démocratisation se résume à une série de mesures à introduire à trois niveaux. D?abord, il s?agit d?ouvrir des secteurs majeurs à de nouvelles entreprises grâce à une politique de sous-traitance. On compte y parvenir beaucoup plus par le consensus et la négociation qu?en passant par la législation. Le deuxième niveau est l?ouverture de l?économie au capital international. Ce capital apportera de nouvelles idées, des technologies de pointe de même que l?accès à des marchés. Les PME se situent au troisième niveau. Valeur du jour, elles sont bloquées par des contraintes bureaucratiques et un accès limité aux ressources financières, aux technologies et aux marchés. Notre politique visera à créer des facilités pour que les PME se défassent de ces contraintes. Nous souhaitons aussi encourager, par des mesures incitatives, les femmes à s?investir dans l?entrepreneuriat. Ces mesures s?adresseront aussi à des catégories professionnelles ayant souffert des développements récents, comme les pêcheurs et les extracteurs de sable.
● Comment la commission procédera-t-elle?
La structure est là. Il nous faut des économistes, des juristes, des directeurs de projets et des chercheurs pour étudier les divers secteurs impliqués, effectuer un audit de la situation. Nous procéderons par une concertation collective.
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