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«Max Mara ce n?est pas du glamour, c?est du concret»

5 septembre 2003, 20:00

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Max Mara a dévoilé sa collection printemps-été 2003 hier. Parlez-nous de la tendance de cette saison. Y a-t-il des changements notables par rapport à l?été précédent ?

C?est le retour de la féminité. La saison passée, c?était la vogue du militaire, de la ligne sport. La mode vivait encore l?après-coup du 11 septembre. Tout cela est en train d?évoluer.

L?heure est aux robes imprimées près du corps, avec de délicates bretelles. Le changement se situe au niveau de la silhouette. Nous sommes en période de crise. Pendant ce cycle, la tendance est aux femmes rondes, réconfortantes.

La tendance, c?est avant tout un message. On recherche l?image de la mère, des femmes qui ont de la poitrine. C?est aussi le retour à la normalité. A l?inverse, l?opulence des années 90 a produit la mode brindille.

Notre travail est d?interpréter les crises. C?est pour cela que vous retrouverez dans nos modèles des formes signées qui rappellent les années 40, avec des tailleurs-jupes qui épousent les courbes généreuses et mettent en valeur les larges épaules. Les jupes sont très serrées au niveau du genou et il faut les porter avec de hauts talons.

Qu?en est-il des couleurs et des matières privilégiées cette saison ?

Quand la réalité est difficile, la mode est là pour apporter du rêve. C?est pour cela qu?il y a du fuschia, du rouge et du turquoise, sans oublier les basiques : le noir et le blanc optique. Il fallait des matières souples pour suivre les silhouettes. Nous avons utilisé du coton stretch, du jersey stretch. Les imprimés à larges fleurs, cela fait mémé. (Sourire). Nous sommes plus pour des choses discrètes. Vous savez, Max Mara c?est du haut de gamme, mais nous ne sommes pas glamour, nous sommes concrets.

Quand on vous demande de citer un concurrent direct, vous dites que Max Mara offre des produits de qualité tellement diversifiés que personne n?arrive à vous concurrencer réellement. A quoi tient cette qualité ?

Nous parlons surtout en terme de qualité des tissus. En période de crise, on achète moins, mais on achète des produits de meilleure qualité qui vont durer. Pour nous, la mode doit durer, c?est pour cela que nous ne faisons pas des modèles typés pour une saison précise, qui sont démodés six mois après.

Avec la mondialisation, les goûts se sont uniformisés, ce qui fait que les modèles qui plaisent en Italie, plaisent aussi bien à New York qu?au Japon. Là où nous sommes implantés, c?est-à-dire dans 90 pays, il n?y a aucune modification des modèles. La seule différence pourrait se situer dans le poids des tissus utilisés.

Max Mara est implanté à Maurice depuis quatre ans. Quel regard jetez-vous sur le marché local ?

Au départ, nous proposions des modèles de base : des pantalons, des tailleurs. Maintenant, les clientes sont plus informées, elles osent plus, elles exigent de la qualité, des produits originaux. On peut dire que la clientèle mauricienne est montée en gamme. Cela part du principe que la cliente ne doit pas seulement trouver une robe qui lui convient, mais toute la garde-robe qui lui convient.

Souffrez-vous de la contrefaçon ?

Notre style est trop difficile à copier. Max Mara, c?est pas moins de quarante marques telles que iBlues, Marina Rinaldi, Max&Co... Il y a trois stylistes et un chef de produit sur chaque collection.

Y a-t-il des égéries de Max Mara ?

La marque ne cherche pas à se lier à des stars. Si des actrices comme Angelica Houston ou Sharon Stone portent une de nos marques, elles le font à titre personnel. Nous tenons à rester près des femmes de la rue. La seule exception est Carré Otis qui est l?ambassadrice de l?une des marques haut de gamme de Max Mara, Marina Rinaldi. Carré Otis est actrice et mannequin. Elle était très mince et maintenant elle fait du 44-46. Elle a eu des problèmes d?anorexie et maintenant, bien qu?elle soit ronde, elle représente l?image de la femme épanouie. Carré Otis donne d?ailleurs des conférences dans les lycées et les universités pour parler de son expérience et aider d?autres jeunes à surmonter leurs désordres alimentaires. C?est pour cela que Marina Rinaldi a choisi de s?associer à son message.

Vous avez aussi montré un avant-goût de ce que sera printemps-été 2004?

La seule piste que je peux vous donner c?est que récemment à Paris, il y avait une grande exposition consacrée à Jackie Kennedy Onassis.

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