Publicité

«Le Parti travailliste n?est pas une affaire de famille»

3 septembre 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après avoir occupé le portefeuille de l?Agriculture, vous voilà maintenant à l?Agro-industrie. L?agriculture est tout ce qui vous intéresse ?

Non, le pays m?intéresse, les angoisses de la population m?intéressent, les défis que nous devons relever m?intéressent. Et il nous est donné des occasions à saisir.

Il faut qu?il y ait une prise de conscience des réalités internationales qui se répercutent au niveau national et réfléchir comment mobiliser nos ressources pour développer une stratégie cohérente pour que nous puissions envoyer le bon signal à la population. Et là, il est temps de nous mettre au travail pour redonner à ce pays le dynamisme et la confiance qu?il mérite. Quand nous parlons de l?Agro-industrie, nous sommes en train de parler de la multifonctionalité d?un secteur. Et cela touche la population entière parce que qui dit multifonctionalité parle de l?environnement, de développement rural, de l?intégration de la communauté mauricienne dans le développement social et économique. L?agriculture reste donc l?âme de la conscience de la population mauricienne.

N?auriez-vous pas préféré un autre ministère ?

écoutez, l?habit ne fait pas le moine. La responsabilité que m?a confiée le Premier ministre ? surtout à un moment où les traitements préférentiels sont remis en cause ? démontre très clairement que nous devons changer notre mentalité pour relever des défis dans un secteur d?avenir.

A la moitié du délai des fameux 100 jours, pouvez-vous honnêtement dire que les bases du changement sont véritablement en train d?être jetées ?

Le transport gratuit, la pension universelle, qu?on le veuille ou non, sont des mesures qui font une différence dans la vie des gens. Le Premier ministre a aussi et surtout sensibilisé la population à leurs responsabilités et cet état d?esprit est très important?

Dans quel sens ?

Il leur a fait comprendre que ce gouvernement est caring. Il a aussi fait comprendre avec humilité et fermeté qu?il faut une culture of restraint. Comme la population participe au développement, il faut un sens de justice et d?équité. Il a aussi fait comprendre une chose : que sans le gouvernement, il n?y a pas de secteur privé. Parce que ce pays doit arrêter de souffrir de discrimination. Il y aura la méritocratie en termes de recrutement, en termes d?accès aux finances, d?accès à la terre .Cette méritocratie doit être palpable.

«Il ne faut pas oublier que nous avons plus de trois siècles et demi d?expérience dans la culture de la canne à sucre. Pendant la guerre, certains utilisaient l?éthanol. Pour nous, la canne à sucre, c?est l?or vert.»

Il semble que l?Alliance sociale soit en train de réaliser qu?il était plus facile de faire de l?opposition. Nous l?avons vu avec la promesse d?abolir les impôts sur les revenus de moins de Rs 25 000?

Le Premier ministre a répondu à la PNQ du leader de l?opposition. Au contraire, la population est contente de cet engagement. Ce gouvernement a la volonté de travailler dur tout en prônant une politique de vérité. Nous avons dit que nous nous sommes engagés à appliquer la mesure au moment voulu. Car il faut mettre le système en place pour que dans la culture of restraint, nous encouragions aussi la culture de l?epargne. Je parle de l?empowerment fund.

Pourquoi avoir changé l?appellation de votre ministère ?

En Grande Bretagne par exemple, le terme agriculture n?existe plus. Agro-industrie parce que la base, c?est l?agriculture avec l?idée de recherche et de développement et il faut donner au tout une dimension commerciale. Parce qu?il faut un nouvel état d?esprit, de nouvelles valeurs et l?innovation. Par exemple, pourquoi ne pas brand le nom Maurice ? Pourquoi ne pas faire du jus de canne la base d?un nouveau cocktail ? The sky is the limit quand on génère des idées.

Pendant encore combien de temps allons-nous pouvoir compter sur la canne à sucre ?

Il ne faut pas oublier que nous avons plus de trois siècles et demi d?expérience dans la culture de la canne à sucre. Pendant la guerre, certains utilisaient l?éthanol. Pour nous, la canne à sucre, c?est l?or vert et on ne peut pas se permettre de déranger tout un système. Cela ne veut pas dire que s?il faut libérer les terres, on ne va pas le faire. Il faut être flexible.

Lors de la campagne électorale, l?AS s?est élevée contre le VRS. Quel est le problème ?

J?ai dit qu?il faut reformuler le Voluntary Retirement Scheme (VRS). L?impact social sur la vie de celui qui a pris le VRS est désastreux. C?est un drame humain. Chaque usine fermée doit être reconvertie autant que possible. Les employés doivent pouvoir s?adapter car nous ne voulons pas que ces gens perdent leur dignité humaine.

Mais dans quel sens ces personnes ont -elles perdu leur dignité ?

Mais combien d?entre eux ont été recyclés dans d?autre domaines ? Trois ans se sont écoulés et ils n?ont pas encore eu leur titre de propriété. Une personne se retrouve sans emploi et on lui donne Rs 400 000 ? une roupie qui se déprécie. C?estcomme si l?on se retrouvait à l?époque des Zamindar.

Mais a priori, le concept de VRS est bon ?

Je n?ai jamais dit que tel n?était pas le cas. Je dis qu?il faut prendre en considération l?enveloppe environnementale et sociale.

Quelle est la situation du sucre au niveau de l?Union européenne ?

L?Union européenne a une obligation morale, légale et historique pour que le protocole sucre soit compatible avec le règles de l?Organisation mondiale du commerce. Nous disons que nous ne sommes pas contre la réforme et le parlement européen est venu nous donner raison mais il faut une réforme juste, réaliste et équitable. Les mesures d?accompagnements vont nous aider à remonter la pente. Cela va nous coûter 260 millions d?euros de 2006 à 2010 et nous sommes toujours en train d?attaquer sur tous les fronts et on est en train d?avoir des résultats. Il y a eu la permanence de l?état mais j?accuse l?ancien gouvernement d?avoir entrepris une réforme basée sur la spéculation foncière dès 2001 quand the writings were on the wall.

«Ce qu?il faut garder en tête c?est que personne n?est indispensable et personne ne peut être là éternellement. La seule constance dans la vie, c?est le changement.»

Vous maintenez donc que l?ancien gouvernement avait mal géré le dossier ?

Je maintiens que le dossier aurait pu être mieux géré.

Pourquoi était-il impératif de se débarrasser de Jyoti Jeetun ?

Le board de la Sugar Investment Trust (SIT) est indépendant et a agi selon sa constitution et a pris des décisions. La SIT est un organisme privé et le conseil d?administration répond aux actionnaires. Il y aura bientôt la réunion des actionnaires et je laisse le soin au conseil d?administration du SIT de faire son travail.

Vous dites que le remplaçant de Jyoti Jeetun ne sera pas un nominé politique ?

L?exercice va se faire en toute transparence à travers un appel de candidatures. Le package offert sera attrayant mais tiendra compte de la corporate governance. Ce qu?il faut garder en tête, c?est que personne n?est indispensable et personne ne peut être là éternellement. La seule constance dans la vie, c?est le changement.

Pourquoi les nominations tardent-elles autant ?

Les nominations ne tardent pas. Le Premier ministre doit faire des choix judicieux. car il s?agit de l?argent des contribuables.

Vos adversaires disent qu?Arvin Boolell est l?un des rares pur-sang rouges mais que les « transfuges » l?ont tous dépassé au sein du parti?

(Rires?) La philosophie du Parti travailliste (PTr) n?a jamais été une affaire de famille, le PTr est un parti ouvert et avec raison. Nous accueillons les nouveaux venus, et nous sommes à l?écoute de personnes de bonne volonté. Et cela se fait dans le respect mutuel. Le Premier ministre et moi avons grandi ensemble et nous avons une relation fraternelle.

Vos adversaires et vos amis disent aussi qu?Arvin Boolell est un « mari boug », qu?il soit dans l?opposition ou au pouvoir?

(Rires?) écoutez, je suis un être humain ! En politique, vous savez, il faut avoir beaucoup d?humilité surtout quand on a vu des hauts et des bas.

Publicité