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«Il faudrait baisser le taux d?intérêt de la DBM»
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«Il faudrait baisser le taux d?intérêt de la DBM»
● <B> Ne pensez-vous pas qu?en revoyant un peu à la baisse les taux d?intérêt de la «Development Bank of Mauritius» (DBM), l?engouement serait plus fort parmi les éleveurs, et des personnes voulant s?adonner à cette activité? </B>
Je suis d?accord qu?on doit réviser le taux d?intérêt. Mais le gouvernement fait déjà beaucoup pour les éleveurs. La DBM a un booster scheme pour les entrepreneurs de première génération, c?est-à-dire ceux qui veulent commencer une activité. Pour un crédit allant jusqu?à Rs 100 000, elle perçoit 9 % d?intérêt. Au-delà de Rs 100 000, le taux d?intérêt passe à 12,5 %.
En outre, pour ceux des éleveurs qui sont regroupés au sein d?une coopérative, le gouvernement accorde comme aide, Rs 15 000 par tête d?animal. Les éleveurs de Nouvelle Découverte, dans la région de St Pierre, par exemple, ont bénéficié d?un emplacement qui appartenait à l?Etat. A travers le Decentralised Cooperation Programme, ils ont eu 75 % de Rs 4,5 millions, comme don. Le ministère des Coopératives a également mis à leur disposition Rs 1 million pour des infrastructures. Avec la libéralisation du prix du lait, les éleveurs vendent le lait presque trois fois le prix auquel ils livraient leur produit à l?Agricultural Marketing Board. Ce dernier a, en plus, accordé environ Rs 1,5 million à chacun des groupes d?éleveurs dans le Nord, dans le Sud et au Centre du pays, pour l?acquisition d?unités de pasteurisation Je suis d?accord qu?il y a encore possibilité de faire mieux. Mais on doit être d?accord que le gouvernement fait déjà beaucoup pour eux.
● <B> En 2000, la production laitière représentait 2 % des besoins nationaux en lait. Qu?en est-il aujourd?hui ? </B>
Elle est de 2,5 % en ce moment. Depuis qu?on a libéralisé le prix du lait, qu?il y a une campagne de vulgarisation et qu?on met à la disposition des éleveurs beaucoup de facilités en termes de disponibilité de terres, d?assistance technique, etc ? la demande est incroyable. Et cela a généré un grand enthousiasme parmi les éleveurs. Il y a de la place pour tout le monde. Qu?on le veuille ou non, il faut bouger de ce qu?on appelle subsistence farming à la production semi-industrielle et industrielle.
● <B> Malgré toutes ces mesures, la production n?a guère évolué en huit années. </B>
Le progrès n?est pas énorme, nous le reconnaissons. Mais c?est aussi parce qu?on n?a pas donné priorité au secteur de l?élevage. Il y a eu la crise alimentaire. Mais loin de nous laisser abattre, cela nous a plutôt donné une nouvelle impulsion. C?est la raison pour laquelle le gouvernement, comme provision budgétaire, a accordé Rs 1 milliard au secteur de l?agriculture. Il ne faut pas oublier non plus que tout est lié. De la recherche jusqu?à l?accès au marché. Bien que ce dernier ne pose pas de problèmes, il faut quand même répondre aux normes de qualité, parce que c?est le consommateur qui dicte les règles du marché.
● <B> Dans quelle mesure la création de la valeur ajoutée a-t-elle été réalisée dans le secteur de la production laitière, jusque-là ? </B>
Des Sud-Africains ayant les connaissances, le savoir-faire, et maîtrisant la gestion veulent concrétiser des alliances stratégiques avec des Mauriciens. Comme exemple, il y a le groupe SKC Surat Distributors et les Sud-Africains Stuart Mackenzie qui s?installent à Rose-Belle et à La-Brasserie. Ils veulent mettre sur pied une ferme intégrée d?élevage, de production laitière et de transformation de produits laitiers. Un deuxième groupe, le groupe d?Errol Parker, des Sud-Africains s?associent avec des Mauriciens pour produire du lait et des dérivés laitiers à Salazie. Et troisièmement, un groupe sud-africain est en discussion avec le Sugar Investment Trust pour créer une ferme intégrée. Ces projets sont d?une importance capitale pour Maurice qui importe annuellement l?équivalent de presque Rs 2 milliards de lait et de produits laitiers. On a mis la barre à 10 % des besoins en produits laitiers pour les années à venir, pour diminuer la dépendance du pays vis-à-vis de l?extérieur. Je crois qu?on peut le faire.
En outre, toujours pour augmenter la production laitière, nous avons alloué des terrains à ce que nous appelons des éleveurs moyens dans la région de Petit-Merlot. Il faut aussi voir de près les problèmes existants. Nous n?avons pas de stock génétique approprié concernant les animaux. Nous les ferons venir de l?Afrique du Sud et de l?Australie. Il nous faut également avoir une équipe de vétérinaires bien formés pour qu?on puisse avoir d?excellents résultats dans le domaine de l?insémination artificielle. Il faut vulgariser le savoir-faire de base, afin que les éleveurs puissent bénéficier d?une formation préliminaire. A cet effet, une école de formation a été créée à Wooton. Nous avons aussi besoin du soutien de l?université de Maurice, afin que nous convergions nos idées pour arriver à trouver des nourritures saines, mais à un prix abordable. C?est un projet qui ne peut être réalisé qu?à moyen ou à long terme. Le travail à faire est gigantesque.
<I>Propos recueillis par </I> <B>Nico PANOU</B>
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