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«Il est important de peaufiner le regard de l?audience»

10 juillet 2004, 20:00

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La MFDC n?a pas participé au Festival de Cannes, à Filmart 2004 et à Locations World. Pourquoi ?

  • Qu?est-ce qu?on irait faire à Cannes ? La MFDC est partie trois fois. Des millions ont été dépensés pour faire de la figuration. Je suis parti quatorze fois à Cannes, dont une fois en tant que festivalier. Les gens ne viennent pas à Cannes pour faire des choses sérieuses. La MFDC est très petite. A Cannes, ce sont surtout des Américains qui participent. Ils ne vont pas venir à Maurice. En ce qui concerne Locations World qui s?est tenu en Inde, pour la deuxième fois, mon homologue en Inde fait partie du conseil d?administration de cet événement. Il m?a dit qu?ils sont encore au stade de balbutiement. Je maintiens que je veux d?abord voir les résultats.

Comment expliquez-vous le fait que des personnes qui ne font pas partie des corps gouvernementaux représentent Maurice dans ces évènements ?

  • Un prestataire de service a le libre choix de partir. Il peut prendre un stand et vendre ses services. Qui pourrait empêcher quelqu?un de partir ? Pour ce secteur, ce n?est pas une mauvaise chose qu?ils le fassent. Ce serait stupide que seule la MFDC s?y rende. Nous ne sommes pas réfractaires à cela. Plus il y a de mouvement, mieux c?est. Des boîtes privées utilisent leur argent pour faire cela. Moi, je représente l?argent des contribuables.

Quel est donc le rôle de la MFDC ?

  • On est le comptoir officiel du développement du cinéma à Maurice. Lors de la conception de la MFDC en 1986, les cinq objectifs étaient essentiellement culturels. Maintenant que nous sommes sous le ministère de l?Industrie, les objectifs ont un peu changé. La MFDC est là pour faciliter les démarches permettant aux étrangers de venir tourner à Maurice. Nous devons être une interface qui ferait la promotion pour encourager des tournages ainsi que de soutenir la production à Maurice.

Comment cela peut-il aider les aspirants cinéastes mauriciens ?

  • Nous essayons, dans la mesure du possible, de faire entrer de jeunes stagiaires sur les tournages. Pour Maurice, nous essayons d?aider dans le développement de l?audiovisuel. Il faut produire et également s?assurer du développement de l?audience. Ce n?est pas la peine de produire s?il n?y a pas d?audience pour ces aspirants cinéastes. D?ailleurs pour les aider, il y a eu le premier fonds d?aide et le premier fonds de soutien ainsi que de nombreux festivals. Les films ne sont pas très populaires mais il est important de peaufiner le regard de l?audience.

Pourquoi le festival de Courts Métrages n?existe-t-il plus ?

  • Je ne suis pas contre le festival de courts métrages mais j?étais contre l?esprit de compétition. D?ailleurs, dans les grandes soirées organisées, on ne voyait pas les films. Il n?y avait pas de formation qui suivait non plus. C?est plus intéressant de voir les films hors compétition. D?ailleurs, c?est le but de Fenêtre sur Courts.

Ce festival aura fort probablement plus de succès que les précédents que vous avez organisés. Peut-on savoir combien d?argent a été dépensé dans l?organisation d?un des récents festivals ?

  • Oui, bien sûr. Les billets d?avion ont été offerts par Air Mauritius. La campagne télévisée a été offerte par la MBC. L?hébergement a aussi été offert et la publicité dans la presse aussi. Au total, cela aurait dû nous coûter entre Rs 700000 et Rs 800000. Mais en tout, la MFDC n?a pas déboursé plus de Rs 200000. Il faut savoir ce qu?on veut. C?est en faisant ce genre de festival qu?il faut réussir à faire venir les gens. On ne joue pas dans la cour des films grand public. Les festivals que nous proposons offrent des films d?élite. Il ne faut pas s?attendre à attirer la grand foule.

Peut-être faudrait-il utiliser la technique du bâton et de la carotte en proposant un film populaire et un plus difficile?

  • Il n?y a pas de formule pour attirer les foules. On ne peut pas réinventer la roue. Je ne prétends pas attirer les gens. Je ne pense pas qu?en mettant un film de Jackie Chan en première partie, les gens resteront pour la deuxième partie. Je ne pense pas qu?utiliser un appât est une bonne chose. Par exemple, à Grand-Baie pour le récent Quartier Cinéma, nous avons distribué des fiches afin que les gens comprennent mieux le contexte du film. Les gens sont préparés à voir le film. Pour une audience d?un million, il faut bien commencer par un. Nous faisons un travail de pionnier.

Interview réalisée par Audrey KELLY-MARTIAL

Fenêtre sur Courts

Pour la première fois depuis deux ans, la MFDC organise, dès ce soir et jusqu?au jeudi 15 juillet, une rétrospective des ?uvres réalisées par des Mauriciens. Toutes ne sont pas de qualité égale mais les revoir fait toujours plaisir. Documentaires et fictions seront au rendez-vous.

Les Mauriciens pourront se rendre et accéder gratuitement au théâtre Serge Constantin à Vacoas. Les réalisateurs y présenteront leurs films et en discuteront avec le public. Un moment de partage privilégié. « Les films ont été choisis en fonction de leur diversité. Il y aura deux heures de programmes par jour », explique Selven Naidu, directeur de la MFDC.

Pour démarrer ce festival, le film de Roger Leung Pew, Le chant du ruisseau qui date de 1953. Les différents réalisateurs sont pour la plupart déjà connus. On retrouvera David Constantin, Jay Bhunjun, Jean-Laval Plaiche, Wassim Sookia, Shyam Persand, Avinash Bissoondoyal, Stéphane Bellerose ...

Les films seront diffusés à partir de 18h30.

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