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«Hommes et femmes ne doivent pas avoir des rôles spécialisés»
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«Hommes et femmes ne doivent pas avoir des rôles spécialisés»
■ <B> «Women in Networking » (WIN) lance incessamment un programme de formation en leadership à l?intention des femmes. Etre un leader, cela s?apprend-il ou est-ce inné ?</B>
Comment définir un leader ? C?est celui ou celle qui entraîne les autres. Qui leur fait voir autrement le futur. Entre ce qui est désirable, possible et ce qui est nécessaire. J?aborderai cette question avec une position médiane. On peut aider la majorité des individus motivés à «savoir devenir» et donc à développer un esprit d?entreprise et sa mise en ?uvre. L?entrepreneuriat peut donc être enseigné, même si l?élément psychologique, c?est-à-dire le tempérament et l?attitude, reste un élément déterminant de base pour devenir entrepreneur.
■ <B>Les femmes peuvent-elles être des leaders ? </B>
Je n?ai lu aucune étude qui vienne démontrer qu?à chances égales, la femme serait moins performante que l?homme. La différence des sexes au travail est un construit social et la femme rencontre toujours et encore «le plafond de verre». S?il existe des inégalités professionnelles entre hommes et femmes, cela ne veut en aucun cas dire que la femme n?a pas les capacités pour occuper un poste à haute responsabilité.
■ <B> Le but de ce programme étant de former des femmes capables d?influencer les prises de décision dans différents domaines, quelle est, selon vous, la place des femmes dans les hautes sphères de décision ? </B>
WIN Leadership Programme (WLP) a pour but de donner aux femmes le pouvoir de tenir des rôles de leaders dans leurs familles, dans leurs communautés et dans leurs sociétés afin de réaliser leurs propres visions d?un avenir meilleur. Les capacités de leadership permettent aux femmes de prendre pleinement part à la vie publique, de façonner les processus de changements sociaux et de développement démocratique. Nous cherchons le changement tant quantitatif, par un nombre accru de femmes dans des rôles formels de leaders que qualitatif, par le genre de leadership exercé par les femmes. Les femmes, mais aussi la société dans son ensemble, profiteront politiquement, économiquement et culturellement du rééquilibrage du rapport de force entre les hommes et les femmes.
■ <B> Qu?est-ce qui caractérise le management au féminin ? Quels sont les atouts des femmes dans le management ? </B>
Le style de leadership de la femme est certes différent de celui des hommes. Les cadres féminins manifestent des aspects-clés fondamentaux du leadership transformationnel (par exemple : le charisme et la considération individualisée) plus fréquemment que les hommes.
■ <B> Quid de ses faiblesses ? </B>
Qui n?en a pas ?
■ <B>Qu?en est-il de l?évolution de la société mauricienne ? Est-elle davantage prête aujourd?hui à accepter qu?une femme occupe une fonction de responsabilité ? </B>
La femme mauricienne a une «revendication plurielle» : travailler, consacrer du temps à ses enfants, à son mari ainsi qu?à elle-même. Elle trouve que la société ne s?est pas adaptée et que les hommes sont restés monolithiques. En même temps, les hommes et les femmes sont biologiquement différents. On ne peut pas espérer qu?ils se comportent de la même façon. Il faut déspécialiser les rôles et faire de sorte que les hommes participent aux tâches dites féminines avec leurs propres atouts comme le font les femmes dans la sphère professionnelle. Cela nécessite d?éviter la reproduction des situations familiales antérieures et d?accepter que certaines croyances relatives à l?éducation ne sont pas vraies.
<I>«La femme mauricienne a une revendication plurielle : travailler, consacrer du temps à ses enfants, à son mari ainsi qu?à elle-même.»</I>
■ <B> Souvent, l?on retrouve les femmes dans des positions où elles doivent gérer les ressources humaines ou la communication des entreprises. Des postes où elles prennent certes des décisions mais n?ont pas forcément des décisions à prendre concernant la stratégie économique de ces entreprises. Comment expliquez-vous cela ? N?ont-elles pas les compétences requises ? </B>
La société a modelé les divers aspects de la vie des individus en fonction des impératifs de compétitivité des entreprises qui poussent les cadres à être totalement disponibles. Donc, là, il ne s?agit pas de compétences mais de disponibilité. Par exemple l?arrivée d?un enfant bouleverse l?égalité des diplômes et/ou de la situation professionnelle car un certain nombre de tâches incombent «naturellement» à la femme. La vie de la femme devient alors un «marathon quotidien». Il devient impératif de revoir l?organisation du travail et les horaires de travail afin de permettre aux hommes et aux femmes d?assurer leurs rôles familiaux et professionnels.
■ <B> De quoi aurait besoin le management au féminin pour se développer davantage ? </B>
Du courage et de la détermination de la part des femmes et une volonté de discuter de la part des hommes. Outre les politiques, les partenaires sociaux et les femmes elles-mêmes, les hommes doivent s?emparer de ces sujets et s?exprimer sur le type de société que nous voulons. La répartition égalitaire des tâches familiales entre les hommes et les femmes se heurte encore à la culture «pater familias» des hommes. Mais des ouvertures semblent s?initier chez des homes qui souhaitent consacrer plus de temps à leurs enfants, chez les jeunes qui semblent ne plus tirer leur identité uniquement du travail.
<I>Propos recueillis par </I> <B>Valérie OLLA</B>
Pratique</B>
Les femmes intéressées par cette formation en leadership peuvent téléphoner au 912 6194 pour plus d?information. La date limite pour les inscriptions est le 30 juin.
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