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«Eléments inquiétants» dans l?interrogatoire d?une jeune victime d?un délit sexuel
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«Eléments inquiétants» dans l?interrogatoire d?une jeune victime d?un délit sexuel
L?avocate Pramilla Patten dénonce le traitement que la police aurait fait subir cette semaine à une adolescente de 15 ans. Dans des lettres adressées au commissaire de Police, au ministère de la Femme et à l?Ombudsperson for children, elle souligne des «éléments inquiétants» dans l?enquête engagée pour ce cas de fugue et de relations sexuelles avec mineure?
Mardi, l?adolescente en uniforme d?école, au lieu de s?y rendre, rejoint son petit ami de 23 ans, qui habite Castel et qu?elle fréquente depuis un an. Les deux se rendent en voiture dans un bungalow à Pointe-aux-Sables où ils ont des rapports sexuels. Mais lorsqu?il quitte les lieux, le jeune homme entre dans un sens interdit et se fait verbaliser par un policier pour trois délits : conduite en sens interdit, plaque d?immatriculation illisible et conduite d?un véhicule dans des conditions dangereuses.
Puis, le policier vérifie la voiture et découvre un uniforme d?école dans le coffre. Il emmène les jeunes au poste de police de la localité pour interrogatoire. Là, il se rend compte que la fille est mineure. La loi interdit les relations sexuelles avec mineure. Le petit ami est passible de poursuites.
Cinq heures durant, l?adolescente aurait été interrogée par un sergent de police. Sa déposition aurait ensuite été consignée en présence d?une femme policière. Elle y aurait reconnu qu?elle sort avec le jeune homme et qu?elle a eu des relations sexuelles consentantes avec lui dans le bungalow non loin du poste de police. Le jeune homme est arrêté.
A la demande de la police, l?adolescente se présente à nouveau au poste le lendemain matin. Elle est accompagnée de sa mère, sa s?ur, son beau-frère et d?un oncle. Le petit ami, finalement libéré sous caution, y est aussi en compagnie de sa famille. C?est l?oncle qui allègue à l?avocate Pramilla Patten que dès la veille, le sergent de police lui aurait conseillé d?abandonner la plainte «pou kes la pa al long».
« Relations ministérielles »
L?oncle déclare aussi que le policier lui aurait dit que cette affaire, avec le nom de sa nièce, serait exposée dans les journaux et que « garson la ena bel kontak minis». L?oncle affirme aussi qu?il aurait fait part de son intention de consulter un avocat mais que le policier lui aurait dit : « Aret koz gran koze, avoka pa kapav rant ladan ». Sur ce, il aurait été sommé de se présenter à nouveau au poste jeudi. Mais plutôt que de se conformer à cet ordre, il a pris contact avec Me Patten.
Dans sa lettre au commissaire de police jeudi, l?avocate attire son attention sur certains « éléments inquiétants » de l?enquête. Elle évoque notamment l?absence d?un parent ou d?un tuteur pendant la déposition de la mineure et ajoute que deux jours après l?arrestation, aucune reconstitution des faits n?avait encore été faite.
L?avocate souligne aussi que la child development unit du ministère de la Femme n?a pas été avertie de ce cas et que c?est elle qui a dû le faire jeudi. Elle déclare aussi que l?attitude du policier menant l?enquête est « des plus inappropriées ». Me Patten a adressé une copie de sa lettre au ministère de la Femme.
Dans un autre courrier hier à Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson for Children, Pramilla Patten relate les détails de l?affaire. Elle soutient que c?est sur son intervention auprès du responsable du poste de police de Pointe-aux-Sables, jeudi, que la jeune fille a été examinée par un médecin légiste et que l?identification du propriétaire du bungalow et du petit ami a été faite.
Elle précise qu?elle a obtenu une copie de la déposition de la mineure et se dit choquée par le langage « vulgaire et dégradant utilisé », langage qui ne fait pas partie du vocabulaire habituel de l?adolescente. Me Patten souligne aussi qu?aucune accusation provisoire n?a été déposée contre le propriétaire du bungalow en vertu du Child Protection Act.
Créer une unité spéciale de police
Dans ses deux courriers, Me Patten souligne l?inutilité des efforts de l?Ombusperson pour les enfants et du ministère de la Femme pour protéger les enfants si les autorités, en particulier la police, ne coopèrent pas. Elle se dit très perturbée par la façon dont l?enquête a été menée et le « manque total de considération envers la victime mineure ».
Me Patten a aussi écrit à Indira Seebun, ministre de la Femme. Elle suggère la création d?une unité spéciale de policiers, présente dans chaque poste, spécialement formés pour les cas de délits sexuels et d?abus sur les enfants, de même que la violence à l?égard des femmes.
A la police, on fait ressortir que l?affaire a été référée au Police Complaints? Bureau pour enquête.
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