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« White Christmas »
Cette année on entend les mêmes remarques à propos du White Christmas de Navin Ramgoolam. Il convient de poser la question : un Premier ministre (PM) a-t-il une vie privée ? Peut-il être en vacances ? On pourrait arguer qu?un PM devient de par ses fonctions un homme public, un homme exposé aux feux de la rampe. C?est un avantage comme c?est un désavantage.
Le PM a toujours passé la plupart de ses vacances de Noël à Londres. Si auparavant en tant que citoyen lambda, personne, n?y trouvait rien à y redire, aujourd?hui son simple départ pour Londres suscite des commentaires.
Pourtant, ce n?est un secret pour personne que ses beaux-parents résident à Londres et que c?est là-bas qu?a grandi son épouse Veena. Sommes-nous à ce point rétrogrades pour ne voir à travers cette visite privée, car familiale, qu?une entorse à la sensibilité de ceux qui restent au pays ? Reproche-t-on à ces nombreux Mauriciens qui ont épousé des étrangers de s?envoler pour d?autres cieux pendant la période festive de Noël ? Pourrait-on tenir rigueur à ces personnes qui veulent partager la période des fêtes dans la convivialité familiale ?
D?aucuns estiment que Ramgoolam devrait rester au pays pour partager les angoisses et les tribulations de ses concitoyens et des plus démunis. À leur crédit, il faut reconnaître que ce souci reste l?un des objectifs de son combat politique.
Dans un autre débat d?idées, le président de la République est rentré de voyage récemment de l?Inde. Cette visite était à caractère privé. Doit-on déduire que sir Anerood Jugnauth n?a pas le souci des pauvres et des laissés-pour-compte ? Il a exhorté les Mauriciens à se tourner vers ceux qui ont le plus besoin de soutien.
Plus d?un chef d?État choisissent de passer leurs vacances dans des pays autres que le leur. Ainsi, l?ancien PM Tony Blair, a choisi la Californie et les îles Barbades pour décompresser. Le président français, Nicolas Sarkozy, avec sa nouvelle compagne très people, a, lui, choisi de passer ses vacances en Égypte, alors que son prédécesseur Jacques Chirac privilégiait Maurice. De même, le grand Nelson Mandela aimait aussi les côtes mauriciennes pour passer ses vacances. Tous reçoivent des critiques.
Navin Ramgoolam a, lui, une préférence manifeste pour la blonde Albion. Des raisons familiales commandent ce passage chaque décembre à Londres. Au nom de quelle objection devrait-il s?en abstenir ?
Si le pays devait connaître une calamité naturelle ou était en butte à une situation d?urgence, l?on pourrait vouer aux gémonies celui qui est à la tête du gouvernement. Selon la Constitution de Maurice, c?est le vice-Premier ministre qui le supplée aux affaires. Il est en consultation permanente avec le PM et intervient quand la situation l?exige. La déclaration de Johnson Roussety n?a pas poussé Rodrigues à faire sécession et n?a pas exigé le départ de troupes pour Port-Mathurin. Le ministre des Finances a pu dénouer la crise et apporter des éléments de réponse au problème des pêcheurs. C?est cela la permanence de l?Etat. Et c?est cela qui importe car quoi qu?on fasse, quoi qu?on dise, Navin Ramgoolam ira chaque année à Londres.
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