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« Une certaine protection est nécessaire à l?industrie du meuble »
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« Une certaine protection est nécessaire à l?industrie du meuble »
Quel serait l?impact d?une réduction sensible de la taxe douanière sur la production locale de meubles ?
Ses conséquences seraient négatives. L?industrie du meuble n?a pas atteint un stade de développement qui lui permet d?être compétitive face aux fabricants étrangers. Une certaine forme de protection lui est nécessaire. Sans ce soutien, elle risque de s?écrouler. Les quelque 10 000 personnes qu?elle fait vivre pourraient perdre leur emploi.
Mais le protectionnisme est-il vraiment une solution ?
Si notre objectif est de faire de l?industrie du meuble un secteur économique viable, il est de notre devoir de la consolider afin qu?elle parvienne à concurrencer, à armes égales, les producteurs étrangers. La réduction de la taxe douanière doit donc être appliquée de façon graduelle.
À vous entendre, doit-on conclure que la concurrence à laquelle les fabricants locaux ont été confrontés n?a été que négative ?
Bien au contraire. Elle nous a permis de repérer notre manque de savoir-faire dans la conception, la formation, la fabrication et l?emballage. Ceux qui ont réagi positivement aux secousses de la compétition en sont arrivés à élaborer des produits d?une qualité égale à ceux des fabricants étrangers.
Quels sont les facteurs qui ralentissent le développement de cette industrie ?
Le coût des matières premières, le manque d?ouvriers qualifiés et spécialisés, l?absence d?un soutien dans le domaine du marketing. Sans parler de l?absence d?infrastructures destinées aux fabricants qui n?ont pas les mo-yens d?avoir un local et qui, souvent, travaillent dans leur arrière-cour.
Ces obstacles sont-ils insurmontables ?
Pas du tout. Les actions envisagées par Enterprise Mauritius en faveur de l?industrie en témoignent. On peut citer, entre autres, la mise en place de la Central Furniture Supply, une compagnie qui se chargera de toutes les questions liées au marketing, une volonté d?adapter les programmes de formation professionnelle aux besoins réels de l?industrie, la mise à la disposition des fabricants des bâtiments appartenant à Business Parks of Mauritius Ltd, la création de cinq villages destinés à leur inten-tion, l?installation de cinq trading houses dans les pays des blocs économiques de la région.
Ce secteur est-il, comme vous l?affirmez, viable ?
J?en suis convaincu. Des conditions spécifiques sont nécessaires pour que l?industrie du meuble prenne un nouveau départ. Ce sont, entre autres, l?imposition d?un barème de taxe douanière uniforme sur l?importation des produits finis à un taux de 45 %. Il serait peu à peu revu à la baisse dans les années à venir. Il faut aussi envisager l?élimination de la taxe sur l?importation des intrants, ce qui contribuera à réduire le coût de production, et la mise à la disposition des fabricants des ressources financières pour la modernisation de leurs outils de production.
Si la question de la taxe douanière est réglée à la satisfaction des fabricants locaux, des projets qui ont été mis en veilleuse seront relancés. Les dernières statistiques indiquent que notre production locale se chiffre à Rs 1,8 milliard, contre Rs 350 millions de produits importés. Le potentiel existe. Il faut l?exploiter. Ces dernières années, il y a une régression de l?importation et une croissance de l?exportation, malgré la réduction des droits de douane. L?in-dustrie locale a bien réagi avec une exportation de plus de Rs 69 millions. Ce chiffre ne peut que croître, connaissant le savoir-faire et la débrouillardise des entrepreneurs mauriciens.
■ Propos recueillis par Lindsay PROSPER
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