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« Rev Lib » : que résonne la voix des jeunes !

8 mai 2005, 00:00

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«Egalite li enne droi ki finn ganye atraver bouku lalit. Eski zordi an 2005, nu ankor kapav aksepte ki pou gaign detroi vot, bann politisien servi langaz kominal ek balkaniz nu pei ? Nu zenn, nu le viv dan enn pei san kominalism, kot limanism ki primé » : tel est le cri du c?ur de « Rev Lib ». Grâce à l?élaboration d?une pétition, soixante membres de cette association exhortent les candidats qui prennent part aux prochaines élections législatives, de refuser de se classifier en termes d?appartenance religieuse lorsqu?ils rempliront les fiches d?inscription pour le Nomination Day.

« Dan kontext eleksion zeneral zenn liniversite Moris lans enn defi a tou parti politik pu dir non a kominalis ! Sa pou enn aksion istorik pu aret perpetye kominalism dan nou sistem politik », soutiennent ces universitaires qui sont en première année d?étude.

Selon Roody Muneean, Faheema Rostom, Shamlesh Annah, Josy Dowlatroo et Marino Rosa, tous âgés entre 19 et 22 ans et membres de Rev Lib, cette démarche marque le début de leur campagne. « Nous avons entamé la campagne depuis deux semaines car nous pensons qu?il faut démystifier la politique. Il faut aider les gens à comprendre le bon sens de la politique. Il ne faut pas que des dirigeants et élus utilisent des arguments à caractère communal pour diviser le pays. Quand on élit un gouvernement, on le fait en fonction des compétences des différents candidats. Il ne faut pas que ce soit à cause de leur religion », déclare Roody Munee-an, le président de « Rev Lib ». Et cela semble marcher car l?association a jusqu?ici recueilli plus de 550 signatures.

Quel regard jettent ces jeunes sur la politique à Maurice ? « Nous ressentons parfois un certain dégoût. Quand on voit que les politiciens ne font que se lancer des insultes, cette attitude démontre qu?ils sont intellectuellement faibles. Il faut proposer un programme défini », confie le président.

Pour Marino Rosa, les jeunes ne doivent pas rester indifférents à ce qui se passe sur la scène politique : « Quand on entend parler de politique, on ne peut pas se dire que cela ne concerne que les politiciens. Nous devons nous engager dans le débat. Si on ne le fait pas, cela aura des répercussions sur les générations à venir. Mais par ignorance, beaucoup de gens restent passifs ou ne s?y intéressent pas. Il faut vraiment faire quelque chose. »

« Soyons réalistes et exigeons l?impossible »

C?est d?ailleurs dans le but de briser cette passivité que « Rev Lib » a été créée en février dernier. « Lorsque nous nous rencontrions après les cours, nous entamions des discussions axées sur la politique et d?autres sujets d?actualité, par exemple, la situation du pays. Nous avons alors décidé de mettre en place une équipe pour continuer à faire ces échanges, mais aussi entreprendre des actions concrètes et donner notre opinion », déclare Faheema Rostom.

Ainsi, un comité comprenant moins d?une dizaine de membres exécutifs a été constitué pour finaliser les modalités entourant le fonctionnement de l?association. Un slogan ? « Soyons réalistes et exigeons l?impossible » ? a été conçu et le lancement officiel a été effectué, puis une série d?activités ont eu lieu. Le 27 mars, les membres de l?association ont organisé une conférence sur l?Economic Partnership Agreement (EPA). Ashok Soubron était le principal intervenant. Lors de cette conférence, « Rev Lib » a aussi rendu hommage à Kaya et aux victimes de la guerre. Les membres se réunissent le lundi et le mardi et entament des débats sur les sujets dominant l?actualité. Ainsi, ils se partagent des informations lues dans la presse ou obtenues à la radio ou la télévision. Les étudiants, qui habitent diverses circonscriptions, s?échangent également des informations sur le terrain.

Après le budget, ils ont fait des commentaires lors des réunions. « La baisse de prix ne concerne pas forcément des articles de consommation. Par contre, l?allocation de licenciement est une bonne mesure, mais elle devrait être maintenue jusqu?à ce que les chômeurs trouvent du travail », indique le président de l?association.

Ensuite, ils se sont jetés dans l?arène politique à travers leurs discussions et le lancement de leur campagne. « Ler nou koz politik, nou trouve ki politisien li pe rod selman pouvoir. Mais fode pa ki ziste sa lanvi la ki domine. Bizin fer politik pou ki bann ti dimounn ressi ariv là-haut. Bizin amen devlopman pou fer pei progrese », affirment ces jeunes.

Bien qu?ils soient conscients qu?un monde idéal n?existe pas, ces jeunes universitaires comptent donner de la voix. « Ena dimounn senti li pena so plas dans sosiete, zot mank konfians dan gouvernman me nou bizin viz haut ek sey amenne nou kontribision pou gaign enn rezilta », soutient Marino Rosa. « Rev Lib » va poursuivre sa campagne afin d?obtenir davantage de signatures. Puis les pétitions signées seront envoyées aux partis politiques avant le Nomination Day. Un autre projet sera aussi bientôt lancé par l?association sur la langue créole. Voilà des jeunes qui ont de la suite dans les idées et qui le prouvent.

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