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« Positionner Maurice comme le centre de marketing des investisseurs étrangers »

1 juin 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le Board of Investment (BOI) a signé un protocole d?entente avec l?Uganda Investment Authority (UIA). En quoi est-ce intéressant pour le pays ?

Quand j?ai été nommé Chairperson du BOI, je me suis dit pourquoi ne pas promouvoir la région au lieu de l?île Maurice seulement. Ce modèle de partenariat est intéressant car on peut encourager les investisseurs étrangers à produire en Afrique, tout en positionnant Maurice comme leur centre de marketing et de back-office. C?est le cas pour des secteurs comme le textile ou le Business Process Outsourcing (BPO), où nous disposons de ressources humaines qualifiées. Cela dit, c?est par coïncidence que j?ai rencontré le Chairman de l?UIA qui était en mission à Singapour et on s?est dit pourquoi ne pas travailler ensemble.

Quelle est la finalité de ce protocole ?

Il y a des possibilités de coopération dans l?agro-industrie et des projets d?infrastructure comme l?aéroport, les services financiers et les services de santé. Le Chairman de l?UIA m?a dit que son pays disposait d?une forêt tropicale avec des gorilles uniques au monde. De là, on peut par exemple envisager une approche combinée dans le domaine de l?éco-tourisme.

Après le protocole signé avec Madagascar, c?est au tour de l?Ouganda. Ces protocoles servent-ils une stratégie ?

Pour que Maurice bénéficie économiquement, elle doit élargir son espace en termes de marchés et de ressources humaines. Madagascar a un gros marché et on peut bénéficier d?échelles et accueillir les ressources humaines dont on manque à Maurice. Pourquoi ne pas demander aux Malgaches de travailler dans notre secteur du BPO ? C?est pareil avec l?Ouganda qui nous offre des possibilités d?ouverture sur des marchés anglophones. Au fur et à mesure que ces protocoles prennent forme, nous allons faire un triangle Maurice-Ouganda-Madagascar. Les trois pays sont déjà membres du Common Market for Eastern and Southern Africa et on peut devenir un modèle d?intégration au sein de celui-ci.

Mais après l?expérience du Zimbabwe, les Mauriciens ne veulent plus investir en Afrique?

Certes, mais le Professeur Paul Romer de l?université de Stanford et moi, avons relevé une idée. Prenez l?exemple de Hongkong. Ce pays a été administré par un gouverneur sans ingérence ni des Britanniques ni des Chinois. Pourquoi le gouvernement mauricien ne fait pas une telle demande au gouvernement malgache : donnez-nous suffisamment de territoire chez vous avec accès sur la mer. Ce territoire sera administré sur 100 ans et ne sera soumis à aucune élection ou ingérence politique. C?est un gouverneur nommé par une instance internationale qui administrera ce territoire et il sera un espace de libre entreprise pour tous les investisseurs, y compris les Mauriciens. Avec ce genre de modèle, on n?aura plus le problème que les investisseurs ont rencontré au Zimbabwe. C?est une idée à creuser.

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