Publicité

« Nous devons retrousser nos manches et donner l?exemple »

19 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Quel regard portez-vous sur le différend entre le magistrat Panday et le chef juge ?

Même si cela ne relève pas de mon bureau, je pense honnêtement qu?on aurait pu éviter ce genre de problème. Certes, ce n?est pas un bon signal que nous envoyons au public. Nous ne pouvons pas nous permettre ce luxe. Il vaut mieux mettre tout cela derrière nous et nous occuper des vrais problèmes qui nous interpellent.

Quels sont les défis auxquels le judiciaire doit faire face ?

Il y a des problèmes qui datent et qui méritent d?être considérés. Je lance tout d?abord un appel à la Legal and Judicial Service Commission. Elle doit nommer deux juges et elle doit le faire au plus vite car cette situation crée des frustrations à tous les niveaux du judiciaire.

Vous faites quoi pour les auxiliaires de justice ?

Une séance de réflexion est prévue durant la seconde semaine d?avril avec les huissiers. La question sera de savoir si on doit libéraliser ce métier. Lord Mackay a été bien vague à ce sujet. Je pense que c?est un mal nécessaire.

Les huissiers sont d?abord mal payés. Cela leur permettra de récolter des primes intéressantes s?ils parviennent à servir une assignation dans des délais rapides. Dans le cours actuel des choses, ils ne travaillent pas jusqu?à tard le soir.

Où en êtes-vous avec la réforme que vous avez promise ?

Nous traversons ces jours-ci des moments difficiles. J?aimerais lancer un appel aux membres du judiciaire. Nous devons tous retrousser nos manches et donner l?exemple.

Il est jeudi aujourd?hui et c?est à 18 h 45 que j?ai quitté mon bureau. À l?heure où je partais, le Sollicitor General travaillait encore sur le verdict rendu dans l?affaire Jeetun pour faire libérer d?autres prisonniers. J?ai la chance d?avoir une équipe qui se défonce au travail.

J?espère que les juges et les magistrats vont faire de même. C?est-à-dire venir à l?heure en cour, fournir davantage d?efforts et travailler un peu plus tard.

S?il faut travailler les samedis, nous allons voir de quelle façon on peut leur accorder les moyens nécessaires. Le public a encore la perception que trop de procès traînent?

Concrètement, que faites-vous ?

De grosses réformes sont à venir. Il y aura la Cour d?appel et nous travaillons sur un road-map quant à l?adoption des propositions du rapport Mackay. Nous ne nous limitons pas au document car nous allons bien au-delà de ce qu?il recommande.

Me Premila Patten vient avec la Family Court et mon ministère va inaugurer un Human Rights Centre à l?ancienne cour de district de Port-Louis d?ici deux mois. Nous sommes aussi en discussion avec diverses ONG pour la rédaction d?un National Human Rights Action Plan.

Au niveau du judiciaire, j?ai pour projet de revoir le Code pénal et la Criminal Law of Evidence afin que les preuves sur vidéo soient prises en compte en cour. J?ai pris contact avec le juge Vinod Boolell, qui exerce au Kosovo, à cet effet, et j?attends sa réponse.

Des cours de formation réguliers seront également dispensés aux membres du judiciaire.

Qu?en est-il du rôle du DPP ?

Le débat est toujours d?actualité et le sujet est abordé ces jours-ci dans le cas de l?affaire Mohit devant le Conseil privé. Nous attendons le verdict avant de décider de la marche à suivre car le DPP ne peut être au-dessus des lois.

Et la mise en place du système de juge d?instruction?

Je serai en tournée avec le Premier ministre en France à la fin de mars. Je vais en parler avec mon collègue. Et aussi profiter pour organiser la prochaine conférence de la Francophonie des droits de l?homme à Maurice.

Après le jugement Hurnam, est-ce que le Bail Act sera amendé ?

Dans les affaires Hurnam, Deelchand et Ramgotee, la poursuite n?a pas objecté à leur remise en liberté. Si on ne peut pas les juger dans les plus brefs délais, elle n?a pas le choix. Selon la formule actuelle, la police ne peut pas garder une personne indéfiniment en détention provisoire. Nombreux sont ceux qui ont attendu des années avant d?être jugés.

Désormais, la justice doit fonctionner plus vite. La cour intermédiaire prend ces jours-ci des affaires qui datent d?à peine un an. C?est déjà ça. La loi sera aussi amendée afin que les assises se tiennent tout le long de l?année.

Propos recueillis par Vel MOONIEN

Publicité