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« Mauritius based innovative thinking »
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« Mauritius based innovative thinking »
Le contraste était saisissant. D?un côté, une poignée de croyants. Et de l?autre une foule de sceptiques. Il y a un an, quand le projet d?établir une « Land Based Oceanic Industry » (LBOI) à Maurice était évoqué, l?accueil était tiède. Nous nous souvenons encore des conversations que nous avions à ce moment-là avec des professionnels respectés du secteur privé. Avec une bonne louche d?ironie, ils prédisaient que le ministre des Finances, Rama Sithanen allait fabriquer? du « glaçon râpé », avec cette fameuse eau glacée puisée des profondeurs marines au large de la côte Ouest de l?île.
Un an plus tard, la situation a bien évolué. Un rapport du « Mauritius Research Council » et plusieurs consultations internationales (dont celles avec l?un des pionniers du domaine : la « Natural Energy Labo-ratory of Hawaii Authority ») sont venus indiquer, à tour de rôle, que l?émergence d?une telle industrie à Maurice relève, non pas de l?utopie, mais d?une vision qui peut être traduite dans la réalité. De quoi amener les sceptiques du passé à dire, désormais, que la mise en place de la LBOI sera, en fait, un test. Qui évaluera la capacité de notre population, ainsi que celle de nos décideurs économiques et politiques, à trouver des solutions industrielles innovantes pour assurer le développement durable du pays.
L?évidence commence à gagner les esprits des politiques, des économistes, des sociologues? et même des syndicats de par le monde. Les chocs commerciaux et économiques externes, bien qu?é-tant handicapants sur le court et moyen terme pour les économies, deviennent également de formidables opportunités à saisir. Car ils forcent les pays, frappés par des contraintes externes, à revoir les architectures économiques sur lesquelles ils reposent. Ces chocs les poussent aussi à en adopter des nouvelles ou réformer en profondeur celles qui existent.
Au chapitre des crises, Maurice a été servie, hélas. Frappée par le triple choc, l?économie du pays est encore quelque peu aux abois, avec une croissance qui reprend péniblement l?ascenseur. Et un État tellement endetté qu?il ne lui est plus permis de s?engager dans des projets d?investissements publics d?envergure, pourtant nécessaires. Des lueurs d?espoir apparaissent toutefois, grâce, notamment, aux bonnes performances dans le tourisme et la finance, mais aussi, dans une certaine mesure, aux industries sinistrées (textile et canne) qui se ressaisissent en rationalisant leurs activités.
Mais, on l?a bien compris, cinq pi-liers, en comptant celui, un peu flageolant des technologies de l?information et de la communication, ne suffisent pas à assurer notre avenir. Rama Sithanen parle de huit ou neuf piliers sur lesquels le pays doit reposer. Mais là encore, il n?est presque pas suffisamment ambitieux. La barre doit être placée encore plus haut, et Maurice doit trouver au moins cinq piliers réellement innovants pour complémenter ceux qui existent déjà.
La LBOI est, quelque part, l?exemple type du modèle de développement que nous devrons adopter à l?avenir. Utiliser une ressource négligée rendue disponible et utilisable grâce à des équipements et des investissements nouveaux, afin de faire émerger un secteur d?activité neuf. Qui pourra, en même temps, créer des emplois et générer des revenus d?exportation substantiels.
Certes, on doit continuer à exporter de l?ingénierie légère, de la chaussure ou de la maroquinerie, si nous sommes compétitifs dans des activités de cette nature. Mais le facteur innovant doit être l?élément crucial dans l?émergence de toute nouvelle industrie. Les « Integrated Resorts Schemes » (IRS) font du neuf avec du vieux. En effet, il faut bien l?admettre, les IRS ne sont qu?une utilisation des terres et du littoral du pays à des fins (para) touristiques, de loisir et résidentielles. Mais on doit faire mieux.
Il faut faire du neuf? avec du neuf. Encourager l?essor d?un « Seafood », « Medical » ou « Knowledge Hub », c?est faire exactement cela. Depuis la fin de 2006, le gouvernement propulse le concept de « Property Development » à l?avant plan. Ce n?est ni plus ni moins qu?une astuce visant à pousser plus loin le concept de partenariat public-privé (PPP). Ce dernier permet à l?État d?effectuer un apport en nature : ses terres à Riche-Terre, Highlands ou La Tour-K?nig, avec, en en contrepartie, des promoteurs privés qui y érigent des infrastructures utilisables aussi bien par des investisseurs locaux, étrangers, mais aussi l?État. Une innovation peut aussi être une astuce permettant de faire les choses différemment par rapport au passé?
Plus que jamais, la capacité à innover des industriels et du gouvernement est devenue cruciale. Et l?histoire, qui reste à écrire, de la LBOI nous livre une précieuse leçon. Aucune idée ne doit être qualifiée de folle ou d?irréalisable tant qu?elle n?a pas été confrontée aux réalités économiques des études de faisabilité et des tests techniques. Nous avons des idées nouvelles à trouver pour faire avancer le pays. Et ce n?est pas que l?affaire de nos décideurs politiques et économiques. Cela nous concerne tous !
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