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« Ma vie ne tient qu?à un rein »

24 novembre 2007, 20:00

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«Lontan mo ti pe travay me aster mo nepli kapav fer narnie depi ki sa maladi la fine trappe mwa? » Cette maladie se nomme urée. Depuis deux ans, Charasoovady Suppanee, 39 ans, traîne ce lourd fardeau, qui tourmente ses nuits et l?accable le jour venu. Tout a commencé par des petits malaises sur son lieu de travail. « Enn sel kout mone senti mwa mal, mo fine koumans gaign febless », raconte-t-elle.

Heureusement, à ce moment-là, Charasoovady a pu se diriger vers la caravane de la santé qui effectuait des bilans sur les employés de l?usine au sein de laquelle elle était employée. Lorsqu?elle est examinée, on lui diagnostique une pression sanguine de 7, ce qui est faible comparé au taux normal qui devrait être à 14.

Charasoovady n?a d?autre choix que de se rendre à l?hôpital. « Mo ti enkor feb meme, bane dokter fine met de pintes disan ek mwa me pas ti pe kone ki mo pe gaign et mo fine admet pendan de zour », explique-t-elle. À sa sortie, Charasoovady est toujours aussi faible, mais elle continue ses activités.

Mariée à Mougum, employé au sein de la propriété sucrière de Britannia, et mère de deux fils, Yoven, 18 ans et Lovanen, 9 ans, elle tâche d?assumer ses responsabilités quotidiennes, mais avec difficulté. « Mo ti pe fatigue vite kan mo fer enn zeffor. Mo fine koumans krwar ki mo ti ena cancer. Mo fine ale dispenser, mo fine fer plisir tests et c?est là ki enn dokter fine revel mwa ki maladi ti pe fatig mwa koum sa », ajoute-t-elle.

Après quelques jours, le verdict tombe. Le médecin lui annonce la cruelle vérité. « Linn ouver enn lenvelop ek mo bane resiltat et linn dire mwa ki mo cas bien grav et ki sa maladie là apel urée. Mo pa ti pe konpran narnie. Linn dire mwa ki mo bien bizin ale lopital », ajoute-t-elle. Charasoovady n?a que ses yeux pour pleurer. Mais les larmes n?effacent pas la douleur qu?elle ressent, ni ces maudits vertiges et cette maladie qui ne fera qu?empirer.

En octobre 2005, Charasoovady sera admise plusieurs fois à l?hôpital de Rose-Belle et subira de nombreux tests, mais tous aboutissent à la même conclusion. Elle est bien atteinte d?urée. Un spécialiste la prend en charge et lui indique qu?elle doit se préparer à la dialyse, car elle souffre d?un problème rénal conséquent, qui nécessite même une transplantation au plus vite.

Le choc s?abat également sur la famille de Charasoovady. La s?ur et les belles-s?urs n?arrivent pas à y croire et s?effondrent en larmes alors que la malade, elle, tente tant bien que mal, de faire face au mal.

Pour l?aider à lutter contre l?urée, plusieurs membres de la famille se soumettent à des examens pour voir s?ils sont compatibles, mais en vain. « Mo s?ur et mem mo deux belles-s?urs fine fer ban prelevman disan mé zot péna mem groupe ki mwa. Pou mo kapav contigne vive, mo bizin enn donner ki dan groupe 0 ou bien A +. Péna personne ki kapave sov mwa pou linstan », confie-t-elle. Sa voix est saccadée. Elle ne peut supporter le fait qu?il suffirait d?un geste émanant d?un bon Samaritain pour qu?elle puisse échapper à la mort.

Et depuis plusieurs mois, elle cherche désespérément un donneur pour une intervention qui sera pratiquée par les chirurgiens locaux. « Ziska zordi mo pas montré kouma mo pe souffert. Mo sagrin parski mone bizin arret travay, mo trist pou mo bane zanfans ki bizin zot mama et avek letan, mo cas pé empiré », dit-elle.

Pour l?instant, Charasoovady survit grâce à des traitements qui aident à réguler son taux de créatine, d?urée et de potassium, mais certains ont failli lui coûter la vie. « Mo fine ale clinik parski mo ti feb et mo ti pe koumans gaign enn infection dans bronches. Dokter fine prescrir mwa bane pikir. Fine délaye sa avec sérum me ler fine fer injection, mem pas enn minute apre mo pression disan fine trop monte, mo ti kapav mort? Bane dokter ine fer admet mwa vite et zot fine kapav tret moi d?urgence », souligne-t-elle.

On lui a aussi implanté une fistule un petit appareil qui sert à pratiquer la dialyse ? au niveau de son artère au bras, dans la mesure où elle ne trouve pas de donneur et se retrouve dans l?obligation d?y avoir recours.

Au quotidien, Charasoovady doit aussi ingurgiter des médicaments et des ampoules pour continuer à vivre.

« Mo ena sertifika, diplom en marketing me mo pa kapav avanca dan lavi.

Tou sa bane medsin la mo fami ki dan l?Angleterre qui bizin aide mwa pou kapav aste. Zot essaye contribue ek avoy mwa l?argent », affirme-t-elle.

Elle a entamé plusieurs démarches en vue de trouver un donneur à l?étranger, mais sans succès. Entre-temps, son état de santé empire. Ses bronches accumulent de l?eau et pour parer à des complications additionnelles, Charasoovady se rabat sur un inhalateur. Sans compter qu?elle a considérablement maigri et perd l?appétit. « Mo essaye manze me mo pa trop kapav. Mo ena limpresyon mo pe sek?. », lance-t-elle.

Traînant sa douleur au fond de son c?ur, Charasoovady Suppanee garde une petite once d?espoir malgré toutes les complications qui s?accumulent. « Mo ena konfians, mem si mo laport pe ferme à 90 %, ena enkor 10 %. Si mo gaign enn donner au pli vite, kitte fois mo kapav trouve l?année? »

L?UREE EN QUESTION

Qu?est-ce que cette maladie et quelles sont ses causes ? « La fonction des reins est de purifier le sang. Mais il se peut qu?il y ait un dysfonctionnement au niveau de ces organes, à cause de maladies comme le diabète, l?hypertension, ou encore à cause de calculs rénaux (pierre) », explique Anand Gaya, néphrologue. Par conséquent, des impuretés se logent dans les reins, ce qui engendre une augmentation des substances comme la créatinine, l?urée et le potassium. Les taux normaux doivent être de 120 micromoles par litre de sang pour la créatinine, 7,5 millimoles par litre de sang pour l?urée et 5,5 millimoles par litre pour le potassium.

Dans une situation où ces chiffres sont supérieurs à la normale, on souffre de l?urée. Des nausées, une perte d?appétit et un essoufflement, entre autres, seront ressentis par le patient. Ce dernier devra changer ses habitudes alimentaires et éviter les nourritures trop riches en potassium et préférer un glaçon pour étancher sa soif au lieu de l?eau. Et le traitement dans tout ça ? « La dialyse est requise pour purifier le sang. Il est recommandé de se faire dialyser trois fois par semaine et de suivre une séance de quatre heures », indique le médecin. La dialyse doit être effectuée à vie.

Arrivé en phase terminale, on peut avoir recours à la greffe si on trouve un donneur compatible.

DON D?ORGANES : OU EN EST LA LOI ?

Qu?est-il advenu du Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Bill ? Celui-ci a été présenté au Parlement en 2006. Il vise à permettre le don d?organes, surtout pour des transplantations de la cornée et des reins. Mais selon le ministère de la Santé, il faut consolider cette loi qui requiert des spécifications rigoureuses et techniques. Un officier de ce ministère nous a appris qu?un Organ Tissue and Transplant Board est en train de se pencher sur des guidelines et des protocoles. Dès que ceux-ci seront prêts et vérifiés, la loi sera promulguée et mise en application.

AU CHEVET DES DIALYSES

Créée en 2005, la Renal Patient Disease Association vient en aide aux personnes atteintes d?insuffisance rénale et d?autres pathologies des reins. Les fondateurs de l?organisation ont pour but d?être le porte-voix des malades. Ils s?élèvent actuellement contre le manque de suivi médical pour les dialysés. « Des 110 000 diabétiques, nous comptons 20 000 personnes atteintes de problèmes rénaux dont 802 sont dialysés. Il n?y a que deux néphrologues pour gérer tous ces malades. Et même avant de procéder à la dialyse, il y a encore des patients qui doivent attendre qu?on leur fasse une intervention pour insérer un cathéter ou une fistule, qui sont des étapes primordiales pour pouvoir enchaîner avec la dialyse », déclare Bose Soonarane, secrétaire de l?organisation. Les membres de la Renal Patient Disease Association s?attellent actuellement à l?élaboration d?un livret avec des conseils diététiques pour les patients qui sera publié en février 2008. Un encadrement est également effectué par ces derniers. Pour tout renseignement, vous pouvez les joindre au 413.25.40 ou au 729.76.57.

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