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« Les dépenses de l?Icac seront passées à la loupe »

14 mai 2006, 00:00

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Vous avez été nommé à la tête du comité parlementaire sur la commission anti-corruption. Quel est votre rôle et celui du comité ?

Mon rôle est de faire fonctionner ce comité, qui compte en son sein des membres de différents bords politiques, comme une équipe homogène qui aidera au mieux l?Icac dans son combat contre la fraude et la corruptio. Le comité détient un droit de regard sur cette institution afin de s?assurer qu?elle opère dans les paramètres établis par la loi.

Celui que je préside pourra, si nécessaire, examiner le budget de l?Icac et voir s?il y a eu des dépenses exagérées et injustifiées. Il pourra, de plus, dispenser des conseils et donner des directives concernant la façon dont l?Icac fait son travail, le recrutement du personnel, ou encore l?allocation des fonds aux différents départements. Si nous notons un quelconque dysfonctionnement, nous attirerons alors l?attention du gouvernement. Je tiens toutefois à préciser que le comité ne s?ingérera nullement dans les investigations menées par la commission anti-corruption.

Quelles sont vos priorités ?

Le comité parlementaire n?a pas fonctionné depuis longtemps. Je vais, dans un premier temps, m?assurer non seulement du respect de toutes les dispositions de la législation, mais aussi que tous les employés de l?Icac auront décla-ré leurs avoirs, comme il est stipulé dans la loi. Nous nous pencherons également sur les finances de l?Icac. La première réunion du comité aura lieu vendredi.

Et qu?est-ce qui n?avait pas marché auparavant ?

Comme vous le savez, le fonctionnement de l?Icac a laissé, par le passé, beaucoup à désirer. Je n?étais pas d?accord avec la façon dont les enquêtes étaient menées et les arrestations effectuées.

La commission anti-corruption a fait l?objet de nombreuses critiques, aussi bien de la part du gouvernement que du judiciaire. L?image de cette institution a énormément souffert auprès du public à cause de ces dysfonctionnements et des conflits internes qui minaient l?atmosphère de travail. Même le comité parlementaire était devenu un champ de bataille politique.

Que comptez-vous faire pour que le comité parlementaire fonctionne selon les paramètres légaux et évite ainsi tout abus ?

Tout a été mis en ?uvre pour que la commission anti-corruption, grâce au nouveau comité parlementaire et à son directeur général, prenne un nouveau départ et soit à la hauteur de la tâche qui l?attend. Nous sommes par ailleurs confiants que les amendements apportés récemment à l?Icac permettront à cette institution de fonctionner dans un cadre approprié, et ainsi éviter des abus de tous genres. Le comité parlementaire constitue un rempart contre toutes dérives.

Que pensez-vous du nouveau directeur général de l?Icac, Anil Kumar Ujoodha ?

Je pense personnellement que la nomination d?Anil Kumar Ujoodha à la tête de l?Icac redonnera à cette institution la crédibilité qu?elle avait perdue. C?est un professionnel qui a un sens aigu des responsabilités et de l?organisation.

Dans le passé, le comité parlementaire a souffert des dissensions internes entre ses membres. Pensez-vous que de tels différends pourraient surgir aujourd?hui ?

Non. Je suis persuadé que chaque membre est pleinement conscient de ses responsabilités et saura s?élever au-dessus de la politique partisane. Nous devons garder en tête que nous avons été nommés sur ce comité pour effectuer un travail et nous le ferons du mieux que nous pouvons. Il est hors de question que le comité parlementaire soit le théâtre de bisbilles politiques. La mission qui nous a été confiée, qui est de permettre à l?Icac de mieux combattre contre la fraude et la corruption, doit être la priorité de tous.

Savez-vous combien d?argent a été injecté dans la commission anti-corruption depuis sa création ?

(Rires). Pas exactement. Plusieurs chiffres contradictoires ont été avancés à ce sujet. J?ai commencé à me pencher sur les rapports financiers et à examiner les chiffres de plus près. Les finances de l?Icac seront passées à la loupe. Il y a eu pas mal de critiques de la part du judiciaire et de la société civile sur ces dépenses de l?Icac. Je pense que nous devons y être sensibles et leur accorder une attention toute particulière. Nous examinerons le bien-fondé des critiques formulées à l?encontre de la commission anti-corruption et nous ferons éventuellement des suggestions.

De nombreux observateurs craignent une ingérence politique au sein de l?Icac. Ces inquiétudes sont-elles fondées ?

Je tiens à assurer, en tant que président du comité parlementaire, qu?il n?y aura aucune ingérence politique au sein de l?Icac. Nous (NdlR: les membres du comité) avons été nommés pour veiller à ce que la commission anti-corruption travaille correctement et c?est ce que nous entendons faire.

Enfin, M. Varma, certains insinuent que le gouvernement vous a confié la présidence de ce comité pour atténuer le conflit qui vous oppose à votre colistier Vasant Bunwaree. Qu?en est-il ?

Ce n?est absolument pas le cas. J?ai dit ce que j?avais à dire et je ne reviendrai pas sur mes propos. Je n?ai rien demandé. Je fais mon travail en tant que backbencher du gouvernment du mieux possible, et cela me suffit. Ma sincérité va envers mon parti et mon pays et je ne permettrai à personne d?en douter.

■ Propos recueillis par Guillaume GOUGES

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