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« J?y suis, j?y reste »
Ramanooj Gopalsingh, habituellement discret, est sorti de son mutisme cette semaine pour mettre un terme aux récentes rumeurs entourant un départ éventuel de son fauteuil de commissaire de police. C?est ainsi qu?il déclare : « J?y suis, j?y reste ». Non content de remettre les points sur les « i », il a également tenu à dire que la décision de démanteler deux unités de la police a été prise par lui en toute « indépendance » (voir hors-texte). Ce n?est pas la première fois qu?il sort ainsi de sa réserve pour rappeler qu?il est encore le chef de la force policière.
Cette sortie publique, expliquent certains officiers, vise en effet à mettre un terme à bien des spéculations.
Car depuis le démantèlement de l?Anti-Piracy Unit (Apu), avec à sa tête l?inspecteur Hector Tuyau, et la Police des jeux, placée sous la supervision de Navin Moonesh, des rumeurs, affirmant que cette décision avait été « imposée » au commissaire de police allaient bon train.
Certains pronostiquant même un départ prématuré puisque Ramanooj Gopalsingh était mis à l?écart par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il n?est un secret pour personne que les relations entre les deux hommes ne sont pas au beau fixe.
Le silence, dans lequel s?est longtemps réfugié le commissaire de police, confient certains observateurs, n?a pas toujours joué en sa faveur. « Son silence a été perçu par la population comme un vide à la tête de la police. Sans le vouloir, il a permis à Prem Raddhoa de devenir un interlocuteur privilégié, non seulement auprès du public, mais aussi auprès de certains officiers de police », laisse entendre un haut gradé de la police.
<B>Des rumeurs entourant un départ éventuel</B>
Et d?ajouter qu?il était plus que temps pour qu?il rappelle à tout le monde qu?il est le chef. Une opinion que partagent bon nombre de gradés au sein de la force policière qui voient du mauvais ?il les « nombreuses » promotions accordées au chef de la MCIT depuis son retour en grâce peu après les élections générales de 2005. « Maurice doit être le seul pays au monde où l?on promeut un officier de police qui a fait l?objet de dizaines de plaintes pour brutalité », lâchent-ils.
Depuis son retour à la tête de la Criminal Investigation Division de Curepipe et de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), le surintendant de police Prem Raddhoa s?est à plusieurs reprises targué d?avoir une ligne de communication « privilégiée » avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ce dernier a fait savoir au commissaire de police son mécontentement dès son entrée au pouvoir, lui reprochant sa proximité avec l?ancien régime. Isolé, Ramanooj Gopalsingh s?efface peu à peu devant la « carte blanche » offerte au nouveau chef de la MCIT.
L?attitude de ce dernier contraste singulièrement avec celle Ramanooj Gopalsingh. Accessible, Raddhoa n?hésite pas à accorder des entretiens sans s?embarrasser d?une quelconque autorisation auprès de sa hiérarchie, contrairement aux autres officiers de la police alors que le commissaire ne répond qu?exceptionnellement aux sollicitations de la presse.
Face à des rumeurs entourant un départ éventuel, Ramanooj Gopalsingh sort de l?ombre et déclare à la presse : « On ne me fait pas partir comme un vulgaire voyou. Je n?ai rien à me reprocher. » Ces propos illustraient, à l?époque, fort bien l?ambiance tendue qui règne entre les deux institutions clés de l?État. Nombreux sont ceux qui ont laissé entendre, au fil des mois, que le conflit entre les deux hommes est à l?origine d?un « profond malaise » au sein de la force policière.
« Asseoir davantage son autorité »
D?aucuns estiment que le commissaire de police devrait « mieux réaffirmer son autorité » tant auprès de ses officiers qu?auprès du public en général. « Il occupe un poste constitutionnel. De ce fait, il devrait savoir que l?on ne peut pas l?en déloger facilement et il devrait asseoir davantage son autorité », laisse entendre un haut gradé de la force policière. Et de poursuivre : « Il doit être davantage présent et se montrer plus accessible à ses officiers. Ces derniers ne demandent qu?à travailler, mais ils doivent être encouragés constamment. Au lieu de cela, le commissaire se terre dans son bureau et est complètement coupé des réalités du terrain. »
Quelques hauts gradés assurent, pour leur part, que Ramanooj Gopalsingh aurait pris la décision de ne plus être aussi « effacé » et de réagir plus promptement aux attaques dirigées contre lui. Quoi qu?il en soit, nombreux sont les officiers de police à espérer que la sortie du commissaire de police ne sera pas un « one shot ».
<B>Les explications du commissaire</B>
Le récent démantèlement de l?Apu et de l?Adsu a forcé le commissaire de police, Ramanooj Gopalsigh, à sortir de son mutisme. Il a fait parvenir, au cours de cette semaine, un communiqué aux différents journaux dans lequel il affirme avoir pris ces décisions en toute « indépendance ». Nous reproduisons ci-dessous le communiqué : « La décision de détacher l?Anti-Piracy Unit et la Police des jeux de l?Adsu et de les placer sous la responsabilité du Central Criminal Investigation Department, sous la supervision du surintendant de police, Prem Raddhoa, a été prise dans l?intérêt de ce service. Cela dans le but de donner une nouvelle impulsion aux officiers de l?Adsu dans la lutte contre le trafic de drogue et contre les fléaux engendrés par ce commerce en général. C?est une décision prise par le commissaire de police, indépendamment et sans tenir compte de la perception que cela a générée.
Tous les officiers concernés, incluant les inspecteurs Tuyau et Moonesh, continueront de servir dans l?Adsu où ils se sont vu confier de nouvelles responsabilités en vue de combattre le fléau de la drogue plus vigoureusement. Nous avons ouvert un nouveau bureau de l?Adsu à Petite-Rivière, placé sous la direction de l?inspecteur Tuyau, qui prêtera une attention toute particulière à la division ouest.Je maintiens que tous ces transferts ont été effectués dans l?intérêt de ces services.
En tant que commissaire de police, j?entretiens de bonnes relations avec tout le monde, à la fois dans la force policière et à l?extérieur.
Je tiens à souligner qu?étant à la tête de la Mauritius Police Force, je suis satisfait que toutes les unités de police travaillent en étroite collaboration avec le public dans la lutte contre le crime. »
Et de mettre fin aux spéculations entourant un départ éventuel : « J?y suis, j?y reste ».
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