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« Il n?y a pas suffisamment de ?counsellors? sur le terrain »
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« Il n?y a pas suffisamment de ?counsellors? sur le terrain »
En ce moment même, vous dispensez des cours dans le but de prodiguer une formation en counselling à des éducateurs. Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à entreprendre un tel projet ?
Nous avons, pendant toute une année, effectué un travail de terrain dans plusieurs endroits de l?île. Nous avons constaté ainsi qu?il y avait un manque de services d?écoute, de structures adéquates pour parer aux problèmes que rencontrent les jeunes et moins jeunes. Par ailleurs, s?il y a un certain nombre de counsellors sur le terrain, ce n?est pas suffisant et parfois, il y a un manque de professionnalisme.
Qui plus est, ceux qui font le travail d?écoute sont très isolés. Ils ont eux-mêmes besoin d?encadrement. Ils ne sont pas équipés pour faire face à ce qui leur est confié. Ce qu?ils entendent est souvent choquant, les confidences sont parfois lourdes à porter. Ils doivent donc être équipés pour affronter ces situations. Des psychologues seront donc mis à leur service pour les aider. Le but reste donc de donner un service de counselling de qualité dans les écoles et de créer des centres d?écoute de proximité dans différentes régions de l?île.
Ceux qui reçoivent cette formation doivent-ils avoir un profil particulier ?
Un certain niveau académique est nécessaire car il y a des rapports à rédiger, des articles et des documents à lire, des comptes rendus à faire. Mais cela ne suffit pas. La personne qui veut faire du counselling doit être en possession de certaines aptitudes. Une sélection est donc faite à partir du profil. Les caractéristiques de la personne sont prises en considération. Par exemple, il faut arriver à s?oublier face à l?autre, à avoir une certaine sensibilité, une attitude de non-jugement, une présence qui met la personne à l?aise et l?encourage à se confier. Ce n?est pas tout le monde qui arrive à le faire. Dans le processus, il faut arriver à déceler des petits gestes, des intonations de voix qui permettraient de déceler certaines choses.
À partir de quand pourront-ils mettre en pratique ce qu?ils ont appris et comment cela va-t-il se faire ?
Certains sont déjà dans des écoles et font du counselling avec les élèves pendant les heures de cours. Mais ce n?est qu?à partir de l?année prochaine que les autres seront encouragés à débuter. Cela va se faire graduellement. Il faut aussi qu?ils acquièrent une certaine expérience avant qu?ils ne puissent vraiment prendre en charge de manière autonome des sessions de counselling. Ils seront suivis durant le processus d?adaptation. Ils travailleront non seulement dans les écoles mais aussi dans les services communautaires. Ce sera un service pour la communauté en général. Mais ces services ne seront pas gratuits. Ceux qui veulent en bénéficier devront donner une certaine somme d?argent selon leurs moyens. S?ils ne peuvent contribuer que dix roupies, ce n?est pas grave. En retour, ils pourront s?attendre à un service de qualité.
Pour ceux qui ne peuvent pas suivre cette formation, quels conseils leur donnerez-vous si une personne se tourne vers eux pour demander de l?aide ?
Très souvent les gens ont tendance à donner des conseils dès que la personne se tourne vers eux. C?est la réaction première de la plupart des gens. Et ceux qui viennent de l?avant avec leurs problèmes attendent aussi une solution miracle. Mais ce n?est pas la meilleure chose à faire. Il faut tout d?abord écouter la personne avec le plus de disponibilité possible. Si on ne sent pas prêt à écouter, il faut alors faire comprendre à la personne qu?elle pourra venir plus tard quand vous serez apte à enten-dre ce qu?elle a à dire.
Lorsque quelqu?un nous confie un problème, la solution ne peut pas venir tout de suite. Même moi je reçois des coups de fil de gens qui m?exposent certaines difficultés et parfois pas des moindres. Ils s?attendent à ce que je leur fournisse une solution miracle tout de suite au téléphone, mais cela n?est pas possible. Il faut tout d?abord écouter.
« Lorsque quelqu?un nous confie un problème, la solution ne peut pas venir tout de suite. Il faut tout d?abord écouter. »
Sandrine AH-CHOON
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