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« Il faut améliorer le nombre d?inscrits à l?université»
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« Il faut améliorer le nombre d?inscrits à l?université»
Le privé fait déjà de l?enseignement à distance. Pourquoi faut-il que l?Etat s?y engage en créant l?Open University ?
Cette nouvelle institution est nécessaire pour absorber l?excédent de demandes à l?université. Nous espérons que 90 % des élèves qui arrivent en fin de cycle secondaire termineront le Higher School Certificate en 2009. Si le taux de réussite reste au chiffre actuel de 76 %, 8 500 aspirants aux études supérieures seront sur le marché chaque année, contre 5 500 l?année dernière. Ajoutons à cela les étudiants «matures», qui mènent de front travail et études, et qui augmentent. Il faut planifier pour satisfaire cette demande. Notre objectif est d?ouvrir l?accès à l?université à tous, particulièrement à ceux qui ne peuvent pas se permettre de ne pas travailler.
Pourquoi ne pas renforcer les structures existantes ? Les Mauriciens sont-ils prêts pour l?éducation à distance ?
C?est vrai. L?éducation à distance demande beaucoup de discipline. C?est la raison qui explique le fort taux d?échec durant les premières années de l?introduction de ce système. L?expérience a montré que sa véritable faiblesse résidait au niveau de l?encadrement par les directeurs d?études et on a avisé depuis. Mais malgré cela, ce mode d?enseignement a un succès indéniable.
À Maurice, sur plus de 25 700 étudiants, 6 000 vont dans une université étrangère et 8 000 ont recours à l?éducation à distance, notamment par l?intermédiaire d?écoles privées. Donc un étudiant sur trois opte pour l?éducation à distance.
Parallèlement nous renforçons les structures existantes : l?université de Maurice vient d?inaugurer son Engineering Tower et l?université de Technologie (UTM) vient de recevoir un budget de Rs 15 millions pour agrandir son campus.
Trois universités publiques pour une population de 1, 2 millions d?habitants. Cela ne vous semble pas trop?
La norme internationale est d?avoir une université pour 500 000 habitants. Vous voyez bien qu?une troisième université n?est pas de trop à Maurice. Surtout si nous voulons améliorer notre taux d?inscription. Celui-ci est de 24 % actuellement contre 49 % en Malaisie, 45 % à Singapour et 37 % en Thaïlande. Nous avons du chemin à faire avant de nous élever à un tel niveau.
Que reste-t-il donc au secteur privé ?
Le gouvernement a une politique déclarée de faire de Maurice un knowledge hub régional. Le privé a un rôle important à jouer pour la réalisation de cette ambition. Le gouvernement encourage donc la création d?universités privées, ainsi que l?implantation dans l?île de campus d?universités étrangères de renom.
De grandes enseignes indiennes ont déjà signifié leur intention d?être représentées à Maurice. La De Chazal Du Mée Business School fait déjà office de représentante, en association avec l?Australie et l?Afrique du Sud. La Mauritius Employers? Federation s?est, quant à elle, associée à l?université de Surrey.
Avec son nouveau cadre régulateur et ses trois universités publiques, Maurice est-elle prête à se forger une identité de «regional knowledge hub» ?
Nous avons les moyens de faire de Maurice une destination pour une éducation supérieure de qualité.Nous accueillons déjà 500 étudiants de la région. La variété et la qualité des cours offerts en attireront davantage. Il faut savoir que nous avons mis près d?un siècle pour en arriver là. Nos premiers pas dans le domaine de l?enseignement supérieur remontent à 1916, quand le département colonial d?agriculture a offert un Diploma Course à trois étudiants. Nous avons utilisé le même procédé, en commençant petit.
Certains organismes privés donnent des cours dans des conditions pas très claires. Des normes seront introduites.</B>
L?« Open University » sera prête d?ici quatre mois. N?est-ce pas précipité ?
Psychologiquement, il serait mauvais de perdre une année. D?autant plus qu?il est possible de respecter l?échéance de septembre, vu que nous disposons déjà de l?espace nécessaire. Le budget a prévu Rs 7 millions pour acquérir ce qu?on appelle la soft infrastructure. Nous espérons offrir, au départ, une dizaine de cours et recruter environ 300 étudiants.
Quel sera le mode de fonctionnement de cette institution ?
Elle fonctionnera comme, l?Université du Sud-Afrique (Unisa), que les Mauriciens connaissent bien. Elle offrira un mode d?éducation flexible grâce aux technologies d?information et des communications. Elle concevra aussi des programmes d?études qui seront validés par des diplômes de premier, second et troisième cycles. Bien entendu, cela ne pourra pas se faire du jour au lendemain. Nous comptons cinq ans avant que l?Open University ne se stabilise.
À quoi l?étudiant pourra-t-il déjà aspirer durant cette phase ?
Il doit s?attendre à se voir proposer des cours déjà assurés sur le campus à l?université de Maurice, à l?université de Technologie (UTM) ou à l?étranger. Notre objectif n?est pas de mettre cette nouvelle institution en compétition avec les deux autres qui existent déjà. Nous envisageons plutôt de travailler en collaboration avec elles, et avec des universités étrangères. En outre, la loi permet à l?Open University de délivrer des diplômes conjointement avec d?autres institutions supérieures.
Ce que le « Mauritius College of the Air » ne pouvait pas faire...
Exactement. Le Collège des ondes ne pouvait pas délivrer de diplômes. L?Open University absorbe le Collège des ondes pour se positionner comme institution autonome, au même titre que l?université de Maurice et l?UTM.
L?Open University a-t-elle déjà choisi les universités avec lesquelles elle passera des accords ?
Nous travaillons encore sur la question, mais il est clair que l?université choisira ses partenaires parmi les meilleures institutions. Cependant, nous veillerons à ne pas faire doublon avec les universités publiques existantes, même si certains cours, comme l?informatique, seront inévitablement offerts par les trois. Pour commencer, l?Open University conservera les partenaires du Collège des ondes, comme l?Indira Gandhi Open University.
Sera-t-elle payante ?
Nous revoyons entièrement le financement de l?éducation supérieure. Une décision politique devra être prise à ce sujet. Mais déjà, les décideurs ont donné une indication en introduisant le Tertiary Education Interest Support Scheme. L?enseignement supérieur est coûteux et les universités sont encouragées à atteindre une certaine autonomie financière. Un des moyens de gagner de l?argent est de réclamer des frais à l?étudiant. L?université de Maurice est autonome à hauteur de 20 %, l?UTM à 70 %. L?Open University devrait se calquer sur le modèle UTM.
Est-ce le personnel du Collège des ondes qui lancera l?Open University ?
Dans un certain sens, oui. Le personnel du collège a la possibilité d?intégrer l?université. Mais les décideurs ont indiqué clairement qu?ils veulent quelqu?un d?envergure internationale pour lancer l?université. C?est un peu la formule adoptée pour l?UTM. Le professeur Raj Dhanarajan, ancien vice-chancelier de l?université de Hong-Kong, nous donne un sérieux coup de main en ce sens.
De nouveaux pouvoirs ont été conférés à la « Tertiary Education Commission» (Tec). Cela épargnera-t-il à l?étudiant d?être berné par des institutions incapables d?assurer convenablement les formations qu?elles vendent ?
La structure du secteur de l?enseignement supérieur a beaucoup évolué ces dernières années. La demande croît plus vite. L?offre aussi. Une bonne vingtaine d?organismes privés proposent des cours dans des conditions pas toujours très claires. Il fallait bien introduire des normes. Ce qui sera fait. Le gouvernement vient de rationaliser le cadre régulateur du secteur. La Tec est désormais l?unique organe de contrôle. Nous allons nous assurer que l?étudiant en a pour son argent, quelle que soit l?institution où il s?est inscrit. Nous allons enregistrer tous les établissements d?éducation supérieure et nous assurer qu?ils disposent des ressources nécessaires. Nous ferons un audit externe des universités, privées et publiques, tous les cinq ans.
À la fin du mois, l?université de Maurice se soumettra à un premier audit. Les autres institutions supérieures emboîteront le pas. Nous réglerons la question des équivalences de diplômes et de credits, jusqu?ici gérées par la Mauritius Qualifications Authority. Cette dernière s?occupera uniquement des qualifications au niveau primaire, secondaire et technique.
La Tec sera le dépositaire du label université. Selon quels critères ce statut va-t-il être attribué aux postulants ?
Nous travaillons encore sur ces critères. Ils concerneront, entre autres, le nombre d?étudiants, la qualité du personnel enseignant et des infrastructures, la variété des cours offerts, et l?engagement dans la recherche. La recherche dans une université est importante car elle influe sur la qualité de l?enseignement.
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