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« C?est faux de dire qu?il n?y a pas de frais à l?université de Maurice »
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« C?est faux de dire qu?il n?y a pas de frais à l?université de Maurice »
<B>Comment sommes-nous arrivés là à l?université de Maurice (UoM) ? </B>
C?est le système de financement de l?enseignement supérieur public en général qui en est la cause. Dans le passé, quand ce système avait été ébauché, les inscriptions des étudiants à l?université de Maurice se faisaient par centaines. Aujourd?hui, on en compte des milliers. Donc, on se retrouve avec un système de financement qui est resté le même, mais les activités, le volume d?étudiants et le nombre d?enseignants-chercheurs ont augmenté. Il faut aussi souligner que, comme partout ailleurs, l?enseignement supérieur coûte de plus en plus cher, surtout si on veut la qualité et le standard international.
<B>Les autres institutions, à l?image de l?université de Technologie de Mau-rice, sont payantes. Quelle différence voyez-vous entre elles et l?UoM, et pourquoi cette disparité ?</B>
Il faut d?abord dire que les lois régissant l?université de Maurice et l?université de Technologie font provision, non seulement pour des frais de scolarisation, mais aussi pour des levées de fonds. J?étais directement impliqué dans la rédaction de la loi de l?université de Technologie, et nous voulions être certains que cette institution puisse effectuer des levées de fonds comme cela se fait ailleurs.
Il faut aussi faire ressortir qu?il est faux de dire que les frais de scolarisation n?existent pas à l?université de Maurice, car les étudiants à temps partiel et ceux en postgraduate paient.
<B>Mais il existe une perception dans le public que les autres institutions sont payantes parce que le niveau requis pour l?inscription est moindre?</B>
C?est une façon superficielle de voir les choses. Pourquoi l?université de Maurice est-elle la plus populaire chez nous ? Parce qu?on ne paie pas pour s?inscrire et passer un diplôme de premier degré. C?est comme avoir une bourse d?étude.
<B>Mais qu?adviendra-t-il de l?université de Maurice si on continue avec le principe de gratuité des frais pour un diplôme de premier degré ? </B>
Si on se fie aux modèles à l?étranger, et si on n?a pas les ressources voulues, l?institution ne pourra pas se développer, on ne pourra pas diversifier les cours offerts et le niveau d?enseignement va automatiquement en pâtir.
Et en fin de compte, si on pousse ce schéma au bout, c?est tout le pays qui sera lésé. Maintenant, si on regarde le nombre d?étudiants inscrits pour un premier diplôme à l?université de Technologie, cela couvre plus de 80 % de son budget annuel, tandis que l?université de Maurice n?arrive à couvrir que 20 % de son budget avec la gratuité des cours pour un premier diplôme.
<B>Que faut-il faire pour redresser la situation dans l?immédiat ? </B>
Ce n?est pas juste de tout mettre sur le dos des undergraduates. Il ne s?agit là que d?un aspect dans l?équation. Il faut diversifier les sources de financement. À titre d?exemple, en Angleterre les universités bénéficient des aides de l?État, elles vendent leurs services, notamment des travaux de recherches, et puis finalement il y a les étudiants qui payent des frais.
Pour s?en sortir, il faudra repenser le système de financement de l?université de Maurice. On ne pourra pas se reposer éternellement sur les contribuables. Il y aura toujours de la compétition pour les fonds de l?État : l?éducation primaire et secondaire, sans compter les autres composantes de l?État providence. Mais en fin de compte, cela ne sera qu?une décision politique.
Propos recueillis par <B> A. B. <B>
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