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« Appartements NHDC : Une éducation à refaire »

4 février 2006, 20:00

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Des cavernes ont été découvertes sur des sites de la National Housing Development Company (NHDC) de New-Grove. Comment gérez-vous cette crise ?

C?est un véritable scandale. Le gouvernement a decidé d?instituer un Fact Finding Committee pour situer les responsabilités. Toute personne, reconnue responsable de graves carences, n?échappera pas aux sanctions après les conclusions du comité. Aussitôt le président et les assesseurs trouvés, le comité devrait pouvoir soumettre son rapport dans un délai de deux à trois semaines.

Il n?y aurait pas que des fonctionnaires qui sont impliqués, mais des compagnies privées également. Ris-quent-elles des sanctions aussi ?

Nous verrons à la lumière des conclusions du Fact-Finding Committee. Mais une chose est sûre : les actions appropriées seront prises. Toute compagnie reconnue coupable de manquement pourrait être interdite de participer aux appels d?offres de la NHDC à l?avenir. Nous sommes pour une bonne gouvernance.

Les nombreuses plaintes des propriétaires-locataires des appartements de la NHDC ne justifient-elles pas l?institution d?une commission d?enquête plutôt qu?un Fact-Finding Committee ?

« Ma vision : faire des futures zones résidentielles, des zones socialement intégrées. »

Il faut s?abstenir de généraliser et de faire des amalgames. Mon ministère se penchera, comme il le fait depuis mon arrivée, sur les plaintes, justifiées et justifiables, ayant trait aux appartements de la NHDC. Les fonctionnaires qui épluchent ce dossier me feront leur rapport quand ils auront terminé leurs inspections, analyses, et études. Je déciderai après de la marche à suivre. La question et la justesse d?une commission d?enquête ne se posent pas pour l?heure.

Autre gros problème des appartements NHDC : le rôle du syndic qui est rarement assumé. Ce qui est source de leur dégradation. Envisagez-vous de remplacer la formule de syndic ?

La gestion des appartements par un syndic est la meilleure formule dans le cadre d?une copropriété. Elle est régie par une législation claire, nette, et équitable. Mais faut-il encore la respecter. Le non-respect de cette formule témoigne de l?irresponsabilité et de l?attitude antisociale des contrevenants. Il faudra les responsabiliser. Je constate qu?il y a une éducation à faire, ou à refaire, pour que les règles de la copropriété soient bien assimilées par un bon nombre d?habitants. Nous allons reprendre à la base ce vaste travail de conscientisation.

Ce qui s?avère guère évident?

Il faut tenir compte de la réalité. Les personnes possédant un appartement bâti sur un terrain qui ne leur appartient pas, et dans une copropriété, ont, généralement, et fâcheusement, tendance à ne pas s?acquitter de leurs contributions aux dépenses communes, forçant les autorités propriétaires du terrain à encourir des dépenses pour la maintenance des parties communes. Si ces personnes devenaient également propriétaires du terrain où sont érigés les logements de la NHDC ou les complexes privés, elles ne pourraient plus compter que sur elles-mêmes. Elles seraient donc elles-mêmes responsables de tous les aspects ayant trait à la maintenance de leur copropriété. Nous allons dans le sens de la responsabilisation grâce à une campagne d?éducation et d?information.

Que préconisez-vous pour pallier le manque d?infrastructures de loisirs ?

Ce sont des problèmes liés à la conception, à l?architecture et à la projection, qui n?ont peut-être pas été pris en considération avant la construction de ces zones résidentielles. Des remèdes dépendront de beaucoup de facteurs dont l?espace libre disponible, les coûts, les priorités budgétaires. Il y a des complexes privés et résidentiels d?appartements dits de « luxe » qui n?ont pas d?infrastructures sportives et qui ne sont pas dotés de lieux de rencontres. Allez voir du côté de Quatre-Bornes et vous constaterez cette situation par vous-même.

Est-ce une raison pour ne rien faire ?

Ce n?est qu?un constat. Nous manquerions à nos devoirs si nous ne tirons pas les leçons du passé.

Ma vision est de faire des futures zones résidentielles, des zones socialement intégrées avec toutes les infrastructures possibles. Il faut une fois pour toutes en finir avec le concept de cités qui a prévalu jusqu?ici et auxquelles s?est greffée au fil des années une connotation malheureuse de zones défavorisées.

Autre dossier chaud lié au logement, celui de la vente à la barre. En attendant que le Credit Bill soit déposé à l?Assemblée, ne serait-il pas plus sage que des organismes comme la Mauritius Housing Company et la NHDC cessent de recourir au tant décrié sale by levy ?

Certes il ne faut pas ignorer les drames humains occasionnés par la vente à la barre. Il ne faut pas non plus se servir de cet exemple pour défendre ceux qui peuvent s?acquitter de leurs charges, mais délibérément ne le font pas et qui choisissent de dépenser leur argent autrement. Dans sa sagesse, le gouvernement prendra les mesures qu?il faut, pour éviter d?autres drames humains, tout en s?assurant que ceux qui en ont les moyens honorent leurs obligations financières. Une formule équitable, à visage humain, sera bientôt en vigueur.

De votre position de haut cadre à l?Income Tax, vous êtes aujourd?hui ministre. Comment vivez-vous cette transition ?

« Il ne faut pas ignorer les drames humains occasionnés par la vente à la barre. »

Ayant été adjoint commissaire au Large Taxpayers Department, je suis bien placé pour vous dire que le fonctionnaire sert le pays à travers le gouvernement du jour. Le politicien au pouvoir sert lui aussi le pays en s?assurant que le programme gouvernemental est mis à exécution. Les deux ont un objectif commun. Ils doivent partager la même vision et regarder dans la même direction. Pour ma part, il n?y a rien de changé dans ma conception de la politique.

Propos recueillis par Lindsay PROSPER

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