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Syrie

Après le cessez-le-feu, les combattants bédouins demandent aux autorités d'intervenir à Soueïda

1 août 2025, 05:14

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Après le cessez-le-feu, les combattants bédouins demandent aux autorités d'intervenir à Soueïda

Un milicien druze portant une mitraillette devant une voiture incendiée après les affrontements de la semaine dernière dans la ville à majorité druze de Soueïda, en Syrie, vendredi 25 juillet 2025.

En Syrie, près de deux semaines après la fin des affrontements communautaires qui ont fait 1 400 morts à Soueïda selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les tensions restent vives entre clans bédouins et milices druzes. Le cessez-le-feu, négocié le 19 juillet, a mis fin aux violences. Mais de nombreux combattants restent prêts à intervenir en cas de nouvelles escalades. À Deraa, RFI a rencontré des membres de clans bédouins, des fermiers et des bergers qui ont pris les armes.

C’est sous une tente à quelques kilomètres de la province de Soueïda que ces trois amis relatent chaque jour le fil des semaines écoulées. Comprendre ce qu’il s’est passé, comment de telles violences ont pu éclater. Eux sont partis un matin, le 13 juillet, après, disent-ils, avoir reçu un coup de fil. Des amis bédouins, qui à Soueïda, leur demandait de l’aide.

« Nous voulions sauver nos frères bédouins qui se trouvaient à Soueïda. Nous sommes arrivés, et durant trois jours, on s'est fait tirer dessus », dit un homme. Les trois hommes, ils ont souhaité rester anonyme, le répètent : eux ne sont que de simples bergers. De leur clan, pourtant, ce jour-là, ils sont plus de 300 à s’être mobilisés. Au total, 11 d’entre eux ont été tués. Alors oui, bien sûr, eux aussi ont tiré sur le camp ennemi.

« Ce sont des criminels »

« Ce sont des criminels. Il y a dans leur rang des membres du régime de Bachar el-Assad qui se cachent », constate un autre. Dans les rangs druzes, des réminiscences de l’ancien régime, mais aussi entre les deux camps, des questions de propriétés et de terres. Les tensions entre clans bédouins et factions druzes ne datent pas d’hier. « Les conflits ont commencé il y a des années au sujet des zones de pâturage. Un Bédouin ne peut pas vivre sans ses moutons. Pourtant, ils ont créé des zones où les moutons ne sont pas autorisés. »

Face à ces tensions, récurrentes, face aux déplacements forcés, face à Soueïda aujourd’hui barricadée, ces combattants bédouins demandent l’intervention des autorités. « Nous sommes des civils, donc, nous ne sommes pas censés intervenir. Mais si le gouvernement nous le demande, s’ils m’appellent, en tant que soldat de réserve, j’irai », reprend le premier homme.

« Il faut surtout récupérer les armes détenues par les milices druzes d’Al-Hijri », affirme un troisième berger. Déposer les armes, oui, mais pas les leurs, concluent-ils. Nous, nous devons nous défendre des loups. Et puis, sait-on jamais, poursuivent-ils, si un jour la guerre devait à nouveau éclater.

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