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Tempête tropicale

Après la peur, le soulagement : Agaléga tourne la page de Chenge

25 octobre 2025, 15:00

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Après la peur, le soulagement : Agaléga tourne la page de Chenge

■ Les habitants de l’île ont pu profiter d’un repas offert par l’OIDC, jeudi soir.

C’est un véritable ouf de soulagement qu’ont poussé les habitants d’Agaléga. La tempête tropicale modérée Chenge, qui s’est approchée au plus près de l’île dans la nuit de jeudi à vendredi, n’a finalement causé que très peu de dégâts. Une seule maison, située sur l’île du Sud, a subi quelques endommagements mineurs. Rien à voir avec l’épisode Chido, encore gravé dans les mémoires.

Hier, les familles quittaient le hangar mis à leur disposition par les autorités indiennes, le sourire aux lèvres. La tension de la veille laissait place à la gratitude. «Depuis Chido, les cyclones restent un traumatisme que l’on essaye de surmonter», confie Jean, un habitant. «Quand nous sommes entrés dans le bâtiment jeudi après-midi, on s’attendait au pire. Surtout depuis décembre dernier. Mais une fois à l’intérieur, on n’entendait rien, ni vent ni pluie. Le hangar est solide et on s’y sentait vraiment en sécurité.»

Les pluies ont bien arrosé l’île, mais sans excès. «On s’attendait à plus», ajoute-t-il. Ce qui n’a pas empêché certains de passer la nuit éveillés, les yeux rivés sur la météo, redoutant une aggravation. D’autres, plus sereins, ont préféré dormir, notamment les enfants. «Il y avait une ambiance presque bon enfant», raconte Sylvie, qui, elle, n’a pas fermé l’œil. Son esprit était resté auprès de sa maison, abîmée par le cyclone de décembre dernier. Au matin, son inquiétude s’est muée en soulagement : «À notre retour, nous avons vu qu’il n’y avait que quelques branches tombées. Les dégâts sont minimes.»

Sur l’île du Nord, la solidarité a également été au rendez-vous. Les habitants ont partagé le hangar avec les travailleurs indiens présents sur l’île. Ces derniers n’ont pas hésité à leur offrir leurs repas et, au petit matin, ils ont même distribué du thé à tous ceux qui s’étaient abrités avec eux. Un geste simple, mais symbolique, qui a réchauffé les cœurs après une nuit d’angoisse.

Express.mu (620 x 330) (36).png ■ Plus de peur que de mal comme on peut le constater sur cette image. (Source : Eshan Juman)

À Maurice, la situation agaléenne était suivie de très près. Le député Ehsan Juman est resté en contact constant avec les habitants tout au long de la soirée. «Je recevais des nouvelles heure par heure. Jeudi soir, les habitants du Sud ont été évacués vers l’hôpital et l’école. Le lendemain matin, ils ont pu regagner leur domicile. Seule une maison a vu son toit s’envoler», explique-t-il. Pour lui, c’est un grand soulagement après l’angoisse des dernières heures. «Tous avaient en tête le passage de Chido, qui a laissé des traces émotionnelles.»

Autre motif de satisfaction : les infrastructures scolaires ont tenu bon. Aucune dégradation n’a été constatée, au grand soulagement du corps enseignant. «Avec les examens du School Certificate qui se poursuivent et ceux du Primary School Achievement Certificate prévus la semaine prochaine, on était dans l’angoisse», confie un responsable scolaire. «Mais tout pourra se dérouler sans accroc. »

Aujourd’hui, le calme est revenu sur les deux îles. Les habitants reprennent peu à peu leurs activités, conscients d’avoir échappé au pire. Si Chenge a rappelé la fragilité de leur isolement, elle a aussi mis en lumière la force de leur résilience et la chaleur de leur solidarité. À Agaléga, le soleil s’est levé sur des visages apaisés, empreints de reconnaissance.

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