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Mort suspecte à Melrose

Andy Selmour tué dans l’ombre de la prison haute sécurité

11 décembre 2025, 07:30

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Andy Selmour tué dans l’ombre de la prison haute sécurité

■ Andy Selmour, 33 ans, décédé à la prison de Melrose dans des circonstances encore inexpliquées.

Il s’appelait Andy Selmour, il avait 33 ans et résidait à Roche-Bois. Depuis le 5 avril 2024, il était incarcéré à la prison de haute sécurité de Melrose, dans l’aile Kestrel, pour une affaire de vol à main armée remontant à plusieurs années. Il savait que la détention serait rude. Personne, pourtant, n’imaginait que son histoire s’achèverait dans une cellule médicale, un mardi soir, dans des conditions qui secouent aujourd’hui ses proches et soulèvent des questions.

Lorsque la police arrive sur place, le corps d’Andy Selmour est retrouvé partiellement dévêtu. Les premiers constats parlent de blessures visibles au visage et d’une lésion au niveau de la tête. Mais ce sont les images de vidéosurveillance, visionnées plus tard par les enquêteurs, qui vont révéler une scène d’agression d’une rare violence. Selon les autorités, la victime aurait été attaquée à l’aide d’une tige métallique arrachée d’un lit de cellule, un objet qui demeure introuvable. Au moment où les policiers pénètrent dans les lieux, aucune arme n’est visible, comme si elle s’était volatilisée.

L’enquête avance, mais la famille, elle, doit encore attendre pour connaître les conclusions médico-légales. L’autopsie n’aura pas lieu de sitôt : la mère de la victime, qui réside en Angleterre, a informé les autorités qu’elle souhaitait être présente lors de l’examen. Aucune date n’a encore été fixée, prolongeant le suspense et l’angoisse autour de ce drame qui reste enveloppé de zones d’ombre.

Pour Eliza Drapcand, sa petite amie, apprendre la nouvelle a été brutale, presque inhumaine. «Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me donner d’informations sur comment mon petit ami est décédé, ils m’ont seulement informée de son décès», confie-t-elle, la voix chargée de retenue. Elle dit avoir repensé, immédiatement, à une conversation qui l’avait perturbée, un mois plus tôt. «Il avait beaucoup d’ennemis en prison. Ce n’est qu’un mois après son incarcération qu’il m’a informée d’un premier incident. Il m’a dit qu’on l’avait menacé et qu’on l’avait prévenu que ça ne se terminerait pas ainsi.»

Depuis le drame, un détenu aurait été identifié comme suspect et transféré à La Bastille selon sa petite amie Eliza. Elle affirme avoir appris qu’un complice serait également impliqué. Pour elle, rien n’explique comment un règlement de comptes a pu se dérouler dans un environnement supposé strictement surveillé. «Ce qui s’est passé est injuste. Certes, mon copain n’était pas parfait, mais il reste un humain avant tout. Il payait de ses erreurs là-bas et nous avions plein de projets ensemble pour sa sortie en 2027», souffle-t-elle, entre colère et chagrin, comme si chaque mot cherchait à redonner un fragment d’existence à celui qu’elle a perdu.

Contacté au sujet de cette affaire, le commissaire des prisons, Dev Jokhoo, a indiqué qu’il ne souhaitait pas s’exprimer, rappelant qu’une enquête policière est en cours. Une réponse qui reste dans le protocole, mais qui n’apaise ni les doutes, ni les attentes d’explications, alors que les circonstances exactes du drame demeurent opaques.

Dans les paroles d’Eliza, il y a la révolte contre une mort qu’elle juge évitable, mais aussi l’immense vide laissé par l’absence. Il y a surtout cette incompréhension profonde : comment un détenu, dans un espace sécurisé, a t-il pu être tué avec un objet provenant d’un lit de cellule, dans un lieu où chaque déplacement devrait être contrôlé ? Les enquêteurs analysent les images, retracent minute après minute la scène, cherchent une arme disparue et tentent de comprendre ce qui a pu mener à ce dénouement tragique.

Au milieu des procédures et des hypothèses, il reste l’histoire d’un homme qui devait sortir en 2027, d’un couple qui faisait des plans et d’une vie qui s’est arrêtée derrière des murs censés protéger autant que punir. Une fin brutale, qui laisse une question suspendue dans l’air : qu’est-ce qui a réelle- ment échappé à la vigilance de Melrose ce jour-là ?

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