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Trafic de drogue dans le sud

À qui profite la chute de l’ex-gardien de prison Ramsarran ?

2 avril 2026, 11:00

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À qui profite la chute de l’ex-gardien de prison Ramsarran ?

Oumeshlall Ramsarran, en cour de Mahébourg, le 27 mars dernier.

Depuis plusieurs jours, l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de l’aéroport démêle un réseau de trafic de cannabis aux ramifications inquiétantes. Dans la toile : Oumeshlall Ramsarran, présenté comme un maillon fort du dispositif, dont la chute pourrait bien avoir été précipitée par une guerre silencieuse entre trafiquants.

Lundi 30 mars, Angelito Quirin, Doomendra Damry et Kelvin Bundhoo, ont été traduits en cour. Leur remise en liberté refusée, ils ont été reconduits en cellule policière, signe que les éléments réunis contre eux seraient jugés accablants à ce stade. Le 25 mars, Dwishal Matai, 21ans, employé comme nettoyeur à Mare-d’Albert, Douveersingh Bhujun, alias «Tipti», 23 ans, habitant de La Rosa, et Yadhav Lukhun, 31 ans, peintre, ont également été arrêtés. Lors de la perquisition au domicile de Lukhun, Rs 134000 ont été saisies.

L’enquête prend une dimension encore plus sensible avec l’implication présumée de membres des forces de l’ordre. Les constables Neeraj Pagoo et Akash Hurruck ainsi que la Française Lise Romain figurent parmi les personnes arrêtées ou interrogées.

Le cas de Neeraj Pagoo est particulièrement scruté. Son affectation à l’ADSU est aujourd’hui sous enquête. Ayant servi dans plusieurs unités policières, il a d’ailleurs été confronté à une ressortissante étrangère dans l’enquête, un épisode qui serait déterminant.

Les enquêteurs explorent également la piste de facilités logistiques ayant permis au réseau d’opérer. Les téléphones portables saisis sont minutieusement analysés afin de retracer les communications, tandis que les mouvements financiers et les déplacements sont passés au crible. L’objectif : remonter jusqu’aux commanditaires et identifier les circuits d’approvisionnement.

Au-delà des arrestations, une question alimente toutes les spéculations: qui a fait tomber Oumeshlall Ramsarran? Plusieurs sources évoquent une concurrence féroce entre réseaux opérant dans le Sud. Selon ces informations, la montée en puissance d’un groupe rival, longtemps resté en retrait, aurait coïncidé avec l’effondrement du réseau de Ramsarran. Dans ce contexte, la piste d’une trahison interne ou d’une dénonciation stratégique gagne du terrain. L’objectif aurait été clair : démanteler un réseau dominant pour permettre à un autre de prendre le contrôle du marché local.

Un élément vient renforcer cette hypothèse. Le 31 mars, Bruneau Laurette adresse un courriel de dénonciation à la Financial Crimes Commission, évoquant de graves préoccupations concernant des réseaux d’influence et des faits graves liés à des activités suspectes dans le Sud. Ce document mentionne des soupçons de blanchiment d’argent, des signes extérieurs de richesse inexpliqués et l’utilisation de commerces –stations de lavage et établissements de restauration– comme façades pour dissimuler des activités illicites.

Le document mentionne également des connexions présumées entre acteurs privés et éléments policiers, laissant planer des soupçons de complicités institutionnelles. Il évoque aussi des flux financiers douteux, des patrimoines jugés disproportionnés et structures servant potentiellement de couverture à des activités illicites. Laurette demande donc aux autorités d’initier des enquêtes approfondies afin de faire toute la lumière sur l’ampleur réelle du réseau et de ses ramifications.

Alors que le nombre d’arrestations avoisine déjà la dizaine, les autorités s’intéressent désormais aux éventuels commanditaires et aux réseaux qui pourraient tirer profit de cette chute. Tout porte à croire que d’autres arrestations sont à prévoir. Derrière cette affaire se dessine une lutte de pouvoir où chaque coup porté pourrait redessiner l’équilibre du trafic dans le Sud.

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