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Deal Chagos
650 BIOT Citizens appellent le Royaume-Uni à suspendre le traité
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650 BIOT Citizens appellent le Royaume-Uni à suspendre le traité
Les membres de la Chambre des Lords ont entamé hier, mardi 18 novembre, l’examen détaillé du Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill en committee stage. Cette étape permet un minutieux passage en revue de chaque clause du texte, du début à la fin, avec la possibilité de modifier la formulation ou de proposer de nouveaux articles.
Deux journées sont pour l’instant programmées, les 18 et 25 novembre, bien que le calendrier puisse encore évoluer. Pour cette première séance, plusieurs membres de la Chambre des Lords ont déposé des amendements portant notamment sur les obligations du Secretary of State concernant la gestion de Diego Garcia ainsi que sur les motivations e t modalités des paiements prévus.
Du côté des BIOT Citizens, l’espoir demeure. Plus de 650 Chagossiens ont apposé leurs signatures à une déclaration formelle adressée au gouvernement britannique, aux membres de la Chambre des communes, de la Chambre des Lords et à l’opinion publique du Royaume-Uni. Leur message est clair : stopper le Diego Garcia Bill, refuser toute ratification du traité entre le Royaume-Uni et Maurice, et reconnaître enfin le droit du peuple chagossien à l’autodétermination.
Les signataires affirment qu’un transfert de souveraineté vers Maurice sans consultation directe des Chagossiens constituerait une répétition de l’injustice historique de 1965, lorsque l’archipel avait été détaché de la colonie de Maurice sans la moindre consultation de ses habitants.
La déclaration cite longuement l’avis consultatif rendu en 2019 par la Cour internationale de Justice. Celle-ci avait rappelé que les peuples des territoires non autonomes disposent du droit à l’autodétermination et qu’aucune partie de leur territoire ne peut être séparée sans leur «volonté librement exprimée et authentique». Pour les signataires, cette exigence fondamentale a été violée en 1965, puis aggravée par l’expulsion forcée des Chagossiens vers Maurice entre 1968 et 1973.
La déclaration dénonce le risque que ce déni se reproduise exactement soixante ans plus tard. Les Chagossiens affirment qu’il serait «profondément inacceptable» de commémorer l’anniversaire de cette injustice par un nouvel acte de dépossession, cette fois au nom d’une prétendue «complétion de la décolonisation».
? Accusations envers Maurice et critiques du traitement actuel
La déclaration va plus loin, en affirmant que les Mauriciens ont «failli deux fois» envers les Chagossiens. D’abord en 1965, en acceptant la séparation de l’archipel en échange de trois millions de livres (environ 70 millions en valeur actuelle) sans chercher à consulter les habitants concernés. Ensuite aujourd’hui, en revendiquant une souveraineté sur un territoire d’où les Chagossiens ont été expulsés, tout en niant à ces derniers un référendum déterminant leur avenir politique.
Les signataires s’alarment également des négociations financières en cours entre Londres et Maurice concernant la location de Diego Garcia. Selon eux, le Royaume-Uni serait prêt à verser au gouvernement mauricien une somme bien supérieure à ce qui serait nécessaire, selon des estimations de KPMG, pour permettre la réinstallation des Chagossiens sur leurs îles. Une telle démarche, affirment-ils, reviendrait à payer un État qui a contribué à leur exclusion, tout en négligeant le peuple directement concerné.
La lettre souligne que le traité entre le Royaume-Uni et Maurice n’a pas encore été ratifié et que le Parlement britannique conserve la capacité d’empêcher la répétition des erreurs de 1965. Les auteurs exhortent donc le gouvernement à retirer le Diego Garcia Bill et à instaurer un processus clair pour organiser un référendum d’autodétermination auprès des Chagossiens vivant au Royaume-Uni, à Maurice et aux Seychelles. Enfin, ils invitent le peuple britannique à se mobiliser en faveur des principes de justice et de dignité humaine qui, selon eux, devraient guider l’action du Royaume-Uni sur la scène internationale.
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