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Arts et culture

50 nuances de «bientôt»

5 juin 2026, 18:00

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50 nuances de «bientôt»

■ Le musée de Mahébourg est fermé pour rénovation depuis le 15 décembre 2025. L’an dernier, le Budget a prévu Rs 1 million pour le «project preparation».

Des projets «en cours de finalisation». C’est la phrase qui revient en boucle au ministère des Arts et de la culture. Alors que l’année financière tire à sa fin, les mesures budgétaires annoncées le 5 juin 2025 ne se sont pas encore concrétisées.

Promouvoir un «nouveau pôle de croissance», en «redynamisant les industries créatives», avec un accent particulier sur le «progrès économique» et la «cohésion sociale» : du discours du Budget de l’an dernier à la réalité, les paroles attendent de devenir des actes.

Qu’a annoncé le Premier ministre et ministre des Finances pour les arts et la culture dans le Budget du 5 juin 2025 ? Il accordait Rs 3 millions pour la création de la National Arts Open Commission, dont la mission est de conseiller les autorités sur une politique globale des arts et de la culture. En amont, optimiste, le discours-programme du 24 janvier 2025 avait annoncé que la National Arts Open Commission verrait le jour «d’ici la fin de 2025».

Qui dit changements en profondeur et politique culturelle «globale» dit consultations préalables. La Convention nationale sur les arts et la culture s’est tenue de septembre à novembre 2025, en dix séances – dont une à Rodrigues –, où des créatifs, des universitaires, des enseignants et des responsables de corps parapublics ont identifié des dysfonctionnements souvent chroniques, en proposant des solutions argumentées.

Selon la séquence rendue publique par le ministère des Arts et de la culture, les recommandations de la Convention nationale seront soumises à la National Arts Open Commission. Une fois constituée, cette commission sera chargée d’élaborer un Plan stratégique national, assorti de mesures à court, moyen et long termes. Une dotation de Rs 1 million est prévue pour ce plan dans le Budget 2025-2026.

Le 12 décembre 2025, le Conseil des ministres a donné son accord à la création de la National Arts Open Commission, en détaillant ses objectifs : «Proposer des mécanismes pour reconnaître et protéger les droits des travailleurs culturels» ou encore «recommander des mesures pour la valorisation des sites classés patrimoine national, incluant des plans de développement économique.» Six mois plus tard, alors que le prochain Budget sera présenté le 19 juin, les membres de la National Arts Open Commission ne sont toujours pas connus. Au ministère des Arts et de la culture, une source autorisée indique seulement que «c’est en passe d’être finalisé».

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Le musée de Mahébourg fermé pour rénovation

Le musée d’histoire à Mahébourg est fermé depuis le 15 décembre 2025 pour une rénovation qui ne concernera que le toit. Le Budget 2025-2026 n’a prévu que Rs 1 million, pour le project preparation.

Et à long terme ? L’absence de visibilité sur le calendrier s’est fait sentir le mardi 27 mai. À l’Assemblée nationale, le député Manoj Seeburn a interrogé le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, sur les mesures mises en place ou envisagées pour le développement des sites culturels, dont les musées. En question supplémentaire, il a spécifiquement demandé au ministre quel était le calendrier d’application des mesures préconisées lors de la Convention nationale sur les arts et la culture. Réponse du ministre : «I have already replied that it is already completed and now it will be sent to the National Arts Open Commission.» Ni le député, ni le citoyen lambda n’ont obtenu de précisions sur la date à laquelle cette commission commencera ses travaux, ni sur le délai qui lui sera imparti.

Pour rappel, le 25 avril 2025, le ministère des Arts et de la culture a cosigné une déclaration d’intention pour la préservation du patrimoine architectural mauricien avec l’ambassade de France, Business Mauritius et SOS Patrimoine en péril. Les sites identifiés sont le Musée d’histoire de Mahébourg, le Jardin botanique de Pamplemousses et l’ancienne Cour suprême.

La mise en œuvre de cet accord est pilotée par Expertise France, avec des financements de Fonds Équipe France du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français, à hauteur d’un million d’euros (environ Rs 55,2 millions) jusqu’en 2027. Il est question de la création à terme, d’une structure paritaire public-privé pour gérer les projets et mobiliser des fonds pour la rénovation. Il est aussi question d’amender – dans le futur – le cadre légal, en transformant le National Heritage Fund en National Heritage Authority. Sauf que c’est justement le temps qui manque à de nombreux bâtiments classés patrimoine national. Ils sont soit à l’abandon, soit en état de décrépitude ou les deux.

L’an dernier, le Budget annonçait aussi le Heritage Stewardship Scheme : des avantages fiscaux pour ceux qui investissent dans la rénovation du patrimoine. Il est en cours de finalisation.

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Absence de «Boards» : Institutions au ralenti

Une fois les budgets votés, un point noir subsiste. Plusieurs corps parapublics n’ont toujours pas de conseil d’administration. Les boards ont été dissous avec le changement de régime en 2024 mais d’autres responsables n’ont pas encore été nommés un an et demi après l’installation de l’Alliance du changement. Conséquence : en l’absence de board, comme c’est le cas à la Bibliothèque nationale, au centre culturel Nelson Mandela pour la culture africaine et à la National Art Gallery, toutes les décisions doivent être validées – pour ne pas dire centralisées – par le ministère de tutelle.

Des sources au ministère parlent de retards dans la prise de décisions. Ajouté à cela, la situation de «lakes vid» et de réduction des dépenses, feraient que des institutions sans board tourneraient au ralenti. Le nombre d’activités proposées reste minimal et leur impact réduit.

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Organisation de concerts : Un guichet unique pour les permis attendu

«Faciliter les procédures administratives pour l’organisation de festivals et concerts.» C’est l’une des autres mesures annoncées dans le Budget 2025-2026. Elle sera chapeautée par l’Economic Development Board. Il y a déjà une plateforme en ligne, le National Electronic Licensing System, pour les demandes de permis dans les secteurs de la construction, de la santé, de l’éducation, du tourisme ou encore du Film Rebate Scheme.

Un an après l’annonce du 5 juin 2025, les organisateurs de festivals et concerts attendent leur guichet unique pour la dizaine de permis requis : services sanitaires, les pompiers, les collectivités locales, la Mauritius Society of Authors, la police, entre autres.

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